Dépression : quand notre horloge biologique se détraque

le 28 octobre 2026 à 17h03
Une femme triste souffrant de dépression circadienne sévère.
La dépression touche davantage les femmes que les hommes, environ deux fois plus souvent selon les études. © Magnific
Fatigue persistante, réveils difficiles, nuits décalées… Près d’une personne dépressive sur quatre pourrait souffrir d’une forme de dépression liée au dérèglement de son horloge biologique, qui règle notamment le sommeil. Explications.
Sommaire

Dormir beaucoup sans jamais se sentir reposé. Peiner à se lever le matin ou avoir un sommeil complètement décalé. Chez certaines personnes dépressives, ces difficultés pourraient être liées à un dérèglement de l’horloge biologique. On parle alors de « dépression circadienne », une forme encore mal connue de la maladie qui pourrait expliquer pourquoi certains patients souffrent davantage et répondent moins bien aux traitements habituels.

Dépression circadienne : quand notre horloge biologique se dérègle

Il faut savoir que notre corps possède sa propre horloge interne. Réglée sur un cycle d’environ 24 heures, elle détermine notamment nos périodes de sommeil, notre température corporelle et notre niveau d’énergie. Une récente étude australienne s’est intéressée à son rôle dans la dépression. Sur les 11 380 personnes étudiées, 2 604, soit 23 %, présentaient plusieurs signes caractéristiques :

  • Des difficultés importantes à se réveiller le matin.
  • Un besoin de dormir davantage pendant les épisodes dépressifs.
  • Des horaires de coucher et de lever particulièrement décalés.
  • Des variations du sommeil et de l’énergie selon les saisons.

Ces signes ne suffisent toutefois pas à identifier une dépression circadienne. Ils peuvent également être liés à d’autres troubles du sommeil.

Une dépression plus sévère, qui apparaît plus jeune

Les personnes présentant ce profil développaient généralement une dépression plus tôt dans leur vie. En l’occurrence, vers 19 ans en moyenne, contre 23 ans chez les autres participants. Un écart de quatre ans qui pourrait aider à mieux repérer les patients concernés dès les premiers épisodes dépressifs.

Leurs symptômes étaient également plus sévères, avec davantage d’idées suicidaires, de détresse psychologique et d’épisodes dépressifs répétés. Ces patients rapportaient aussi plus d’effets secondaires avec certains antidépresseurs. Element qui peut compliquer leur suivi médical.

Dépression : vers des traitements mieux adaptés ?

Face à ces différences, les chercheurs envisagent de nouvelles façons de soigner les patients, en agissant notamment sur leur rythme biologique. Plusieurs pistes sont étudiées :

  • La luminothérapie : déjà utilisée contre la dépression saisonnière. Elle consiste à s’exposer à une lumière spécifique pour aider à réguler le rythme veille-sommeil.
  • La chronothérapie : elle vise à ajuster les horaires de sommeil et d’exposition à la lumière pour resynchroniser l’horloge interne.
  • L’adaptation des traitements : l’heure de prise de certains médicaments pourrait également jouer un rôle dans leur efficacité. Une piste qui reste à étudier.

Ces approches pourraient compléter les soins habituels. Leur efficacité chez les personnes présentant ce profil doit néanmoins encore être confirmée. La dépression circadienne n’est d’ailleurs pas un diagnostic médical officiellement reconnu. Par ailleurs, les chercheurs ignorent encore si le dérèglement de l’horloge biologique contribue à provoquer la maladie ou s’il en découle.

À SAVOIR

La lumière du matin aide à synchroniser notre horloge biologique. À l’inverse, une exposition prolongée aux écrans le soir peut perturber notre sommeil et favoriser un décalage de nos rythmes naturels.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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