Une femme qui a des maux de ventre parce qu'elle a une digestion difficile due à une dyspepsie.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, une digestion difficile n’est pas simplement une question de “ventre sensible”. © Freepik

Ballonnements, lourdeurs après les repas, sensation de trop-plein dès les premières bouchées… La digestion difficile, aussi appelée dyspepsie, est un trouble fréquent mais souvent mal identifié. Mais alors, pourquoi mon estomac digère-t-il mal ? Éléments de réponse.

Longtemps reléguée au rang de simple inconfort passager, la digestion difficile est en réalité un motif de consultation très fréquent. Après un repas pourtant banal, l’estomac semble faire de la résistance : lourdeur persistante, ballonnements, brûlures, nausées… Ces symptômes, regroupés sous le terme médical de dyspepsie, peuvent rapidement gâcher le quotidien.

La dyspepsie n’est pas une maladie isolée mais un ensemble de symptômes liés à un dysfonctionnement du système digestif, en particulier de l’estomac et du début du tube digestif. En clair, il s’agit d’une mauvaise digestion ressentie surtout après les repas, lorsque le bol alimentaire progresse mal ou trop lentement dans l’appareil digestif.

Elle peut se manifester par :

Ces désagréments digestifs peuvent aussi perturber le transit intestinal, avec une alternance possible de constipation ou de diarrhées.

Ce tableau peut rester ponctuel, par exemple après un repas trop copieux, trop gras ou riche en sucres fermentescibles. Mais lorsque les symptômes deviennent fréquents ou persistent au-delà de trois à six mois, on parle alors de dyspepsie fonctionnelle, un trouble digestif reconnu par les autorités de santé françaises. 

Organique ou fonctionnelle : de quelle dyspepsie souffrez-vous ? 

La dyspepsie organique est liée à une cause identifiable :

Dans ces situations, la digestion est perturbée par une atteinte réelle de l’organe ou des sucs digestifs.

La dyspepsie fonctionnelle, de loin la plus fréquente, survient en l’absence de lésion visible. L’estomac et l’intestin grêle sont structurellement normaux, mais leur fonctionnement est altéré. La vidange gastrique peut être ralentie, la sécrétion des sucs gastriques mal régulée, ou la sensibilité viscérale exacerbée. Résultat, des sensations digestives amplifiées, parfois dès les premières bouchées.

Les facteurs qui favorisent une mauvaise digestion

De nombreux éléments du quotidien peuvent perturber la digestion sans qu’il y ait de maladie :

  • des repas copieux, riches en lipides ou difficiles à digérer ;
  • une mastication insuffisante, manger trop vite ou trop tard ;
  • certains aliments fermentescibles (légumineuses, produits laitiers en cas d’intolérance au lactose, crudités, aliments riches en fibres mal tolérées) ;
  • le stress, qui influence directement la motricité de l’estomac et des intestins ;
  • des déséquilibres de la flore intestinale, avec une fermentation excessive responsable de gaz intestinaux ;
  • la grossesse ou certaines périodes hormonales.

Tous ces facteurs peuvent altérer la progression du bol alimentaire, la sécrétion de bile ou d’enzymes digestives, et favoriser une digestion lente, source de ballonnements et d’inconfort abdominal.

À quel moment faut-il consulter ?

Si la digestion difficile devient chronique, il est recommandé de consulter un professionnel de santé, notamment lorsque les symptômes persistent, s’aggravent ou s’accompagnent de signes d’alerte comme :   

  • une perte de poids, 
  • des vomissements, 
  • une anémie,
  •  des douleurs abdominales inhabituelles.

Le médecin pourra proposer un bilan adapté : analyses biologiques, recherche de Helicobacter pylori, échographie abdominale ou, si nécessaire, une endoscopie pour explorer l’estomac et le début du tube digestif.

Et comment on s’en sort ?

La prise en charge dépend avant tout de la cause identifiée. Lorsqu’un reflux ou une atteinte gastrique est en cause, des traitements médicamenteux ciblés peuvent être prescrits. En cas de dyspepsie fonctionnelle, l’approche repose sur une combinaison d’ajustements alimentaires, d’amélioration de l’hygiène de vie et, parfois, de traitements visant à faciliter la digestion et à réduire l’hypersensibilité digestive.

Fractionner les repas, privilégier des aliments digestes, mieux mastiquer, limiter l’alcool et apprendre à gérer le stress peuvent déjà améliorer nettement le processus de digestion et soulager durablement les symptômes.

À SAVOIR 

La bactérie Helicobacter pylori, présente chez environ 20 à 30 % des adultes en France, peut être à l’origine d’une dyspepsie persistante en provoquant une inflammation de l’estomac.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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