Mal de ventre chez l’enfant : et si c’étaient des vers interstinaux ?

le 26 septembre 2026 à 20h10
Jeune fille assise sur un canapé, les mains posées sur le ventre avec une expression douloureuse, suspectant un oxyures.
Chez l’enfant, une oxyurose peut parfois provoquer des douleurs abdominales modérées, en plus des démangeaisons anales souvent plus intenses la nuit. ©gettyimages / Canva
Les oxyures sont de petits vers intestinaux qui provoquent principalement des démangeaisons anales nocturnes chez l’enfant. Particulièrement contagieux, ils circulent facilement au sein des familles, des crèches et des écoles. Comment les reconnaître, s’en débarrasser et prévenir leur retour dans le foyer ? Nos réponses.
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Depuis quelques jours, vous remarquez que votre enfant dort mal, se montre irritable et se gratte régulièrement les fesses. Lorsque ces démangeaisons anales s’accentuent au coucher ou pendant la nuit, elles peuvent être provoquées par de petits vers intestinaux : les oxyures.

Très fréquente chez l’enfant, l’oxyurose est une infection parasitaire généralement bénigne, mais très contagieuse. Ses œufs circulent facilement au sein des foyers, des crèches et des écoles. Sans traitement simultané du foyer ni mesures d’hygiène adaptées, les récidives sont fréquentes.

De petits vers blancs actifs pendant la nuit

Les oxyures sont de petits vers ronds et blanchâtres qui vivent dans l’intestin. Ils mesurent seulement de 5 millimètres à 1 centimètre et ressemblent à de fins fils de coton mobiles.

Une fois avalés, leurs œufs éclosent dans l’intestin. Les larves deviennent adultes en trois semaines environ, puis gagnent le côlon. Pendant la nuit, les femelles sortent par l’anus pour déposer plusieurs milliers d’œufs sur les plis de la marge anale.

Cette ponte provoque une irritation et des démangeaisons parfois intenses. Le sommeil peut être perturbé, ce qui votre enfant plus fatigué, nerveux ou irritable pendant la journée.

Des démangeaisons également possibles dans la journée

Le prurit nocturne est caractéristique, mais il n’est pas systématique. L’enfant peut continuer à se gratter dans la journée lorsque la peau reste irritée. Des rougeurs, une sensation de brûlure ou de petites lésions provoquées par les ongles peuvent alors prolonger l’inconfort.

Des démangeaisons uniquement diurnes peuvent toutefois avoir une autre origine : toilette excessive, eczéma, fissure anale, irritation après les selles ou infection cutanée.

L’oxyurose peut aussi passer inaperçue. Lorsqu’elle provoque d’autres symptômes, il s’agit le plus souvent de douleurs abdominales modérées, de diarrhées ponctuelles, de cauchemars ou d’une baisse de l’appétit. Chez la petite fille, les parasites peuvent atteindre la vulve et entraîner des rougeurs, des démangeaisons ou une vulvovaginite.

Comment repérer les oxyures ?

De petits vers blancs et mobiles peuvent être observés dans les selles, sur les sous-vêtements ou autour de l’anus. Ils sont souvent plus faciles à repérer le soir, quelques heures après l’endormissement, ou le matin avant la toilette.

Ils ne doivent pas être confondus avec des résidus alimentaires ou du mucus. Contrairement aux segments du ténia, les oxyures sont fins et filiformes. Leurs œufs, microscopiques, restent invisibles à l’œil nu.

En cas de doute, le médecin peut prescrire un « scotch-test ». Un ruban adhésif transparent est appliqué sur les plis de l’anus pour recueillir les œufs, puis examiné au microscope. Le prélèvement doit être effectué le matin, avant la toilette et les premières selles. Il peut être répété plusieurs jours si le premier résultat est négatif.

Il vous est recommandé de consulter lorsque le diagnostic demeure incertain ou que les symptômes persistent malgré le traitement.

Une contamination favorisée par les mains et les objets

En se grattant, l’enfant recueille des œufs sous ses ongles. S’il porte ensuite ses doigts à la bouche, il peut les avaler et se contaminer de nouveau. Il risque également d’en déposer sur les jouets, les poignées, les vêtements, la literie ou les équipements sanitaires.

Une autre personne peut alors être infectée après avoir touché ces objets, puis porté ses mains à sa bouche. Comme les œufs restent infectieux jusqu’à deux semaines dans l’environnement, l’oxyurose se propage facilement au sein des fratries et des collectivités.

Ces parasites n’infectent que l’être humain. Les chiens et les chats ne transmettent donc pas l’oxyurose, et vermifuger un animal ne remplace pas le traitement du foyer.

Un vermifuge à renouveler après quelques semaines

Lorsqu’un oxyure a été repéré, le pharmacien peut conseiller un antiparasitaire adapté à l’âge de l’enfant et à ses éventuelles contre-indications. Les médicaments utilisés reposent notamment sur le flubendazole, le pyrantel ou l’albendazole.

Le traitement est généralement administré en une prise, puis renouvelé deux à trois semaines plus tard selon le produit. Cette seconde prise est essentielle : le médicament élimine les vers présents dans l’intestin, mais pas toujours les œufs disséminés dans l’environnement.

Les membres du foyer doivent être traités au même moment, même en l’absence de symptômes, afin d’interrompre le cycle de transmission. Un avis médical ou pharmaceutique est indispensable avant de traiter un très jeune enfant, une femme enceinte ou une personne prenant d’autres médicaments.

Les démangeaisons peuvent persister environ une semaine après la première prise sans traduire un échec du traitement. En revanche, la présence prolongée de vers vivants ou des récidives répétées justifient une consultation.

Des mesures d’hygiène pour éviter les récidives

Pendant au moins deux semaines, toute la famille doit se laver soigneusement les mains au savon après être allée aux toilettes, après avoir changé une couche et avant de cuisiner ou de manger. Les ongles doivent rester courts et propres, car les œufs s’y logent facilement.

Une douche le matin aide à éliminer ceux déposés pendant la nuit. Les sous-vêtements et les vêtements de nuit doivent être changés chaque jour. Au début du traitement, il est également conseillé de laver à 60 °C les draps, les serviettes, les pyjamas et les vêtements potentiellement contaminés, sans les secouer.

Il convient aussi de passer l’aspirateur et de nettoyer les toilettes, le pot, les poignées ainsi que les surfaces fréquemment touchées. L’ail, les huiles essentielles ou les graines de courge ne remplacent pas un antiparasitaire dont l’efficacité est démontrée.

L’enfant peut généralement continuer à fréquenter l’école ou la crèche si le traitement est commencé et les règles d’hygiène respectées. Les parents doivent néanmoins renforcer le lavage des mains et suivre les éventuelles consignes de l’établissement.

À SAVOIR

Du Moyen Âge à l’époque moderne, les démangeaisons et l’agitation nocturnes provoquées par les oxyures chez les enfants étaient parfois attribuées à des sortilèges. Pour les traiter, les apothicaires utilisaient notamment l’armoise amère, ou Artemisia absinthium, réputée pour ses propriétés vermifuges. À la fin du XVIIIe siècle, le docteur Pierre Ordinaire aurait incorporé cette plante à un élixir alcoolisé composé, entre autres, d’anis et de fenouil. Plus tard commercialisée par la maison Pernod, l’absinthe quitte progressivement les officines pour gagner les cafés et devenir la célèbre « Fée verte » des artistes du XIXe siècle.

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Pier Paolo Walack
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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