Si l’on en croit le dernier rapport de l’Insee publié ce mardi 3 novembre 2026, mieux vaut vivre à Lyon qu’à Lille… En 2025, 74 100 habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes sont décédés, soit 8,9 décès pour 1 000 habitants, contre 9,5 en France métropolitaine. Un bilan chiffré bien loin de celui affiché par les Hauts-de-France par exemple. Mieux, la région AuRA affiche le deuxième taux le plus faible derrière l’Île-de-France. Une population moins âgée, des catégories sociales favorisées davantage présentes et un niveau de vie plus élevé contribuent à expliquer ce résultat.
Cet avantage concerne aussi les plus jeunes. La mortalité infantile atteint 3,3 décès avant un an pour 1 000 naissances vivantes, contre 3,7 au niveau national, selon des données lissées sur trois ans. La mortalité avant 65 ans est également plus basse.
Pourquoi le nombre de décès augmente-t-il malgré tout ?
Depuis 2006, le nombre de décès a progressé de 27 % dans la région. Les générations nombreuses du baby-boom arrivent désormais aux âges où le risque de mourir augmente. Davantage de décès ne signifie donc pas forcément que l’on meurt plus jeune.
Les décès surviennent même plus tard qu’autrefois. En 1975, ils étaient les plus nombreux entre 70 et 80 ans chez les hommes, et entre 75 et 85 ans chez les femmes. En 2025, ces tranches se situent respectivement entre 80 et 90 ans et entre 85 et 95 ans.
Les femmes vivent plus longtemps, les hommes rattrapent du terrain
L’espérance de vie à la naissance atteint 86,2 ans pour les femmes et 81,1 ans pour les hommes, contre respectivement 85,9 et 80,4 ans en France métropolitaine. Ces chiffres décrivent les conditions de mortalité de l’année, pas un âge garanti à chacun ! Depuis 1999, les hommes ont gagné 5,5 années d’espérance de vie, contre 3,2 pour les femmes. L’écart entre les sexes s’est ainsi réduit d’un tiers dans la région.
Entre 20 et 70 ans, les hommes conservent toutefois un risque de décès deux fois plus élevé. En 2024, leur mortalité par accident de transport était quatre fois supérieure à celle des femmes, et celle par suicide trois fois supérieure. Les tumeurs restent la première cause de décès dans la région et touchent davantage les hommes. Avec les maladies cardiovasculaires, elles représentent la moitié des décès.
Plusieurs années d’écart selon le département
L’espérance de vie masculine atteint 82 ans dans l’Ain, contre 78,6 ans dans l’Allier. Pour les femmes, elle s’établit à 87,1 ans dans le Rhône, contre 84,4 ans dans le Cantal. L’ouest régional compte une population plus âgée, avec des catégories sociales moins favorisées et un niveau de vie moins élevé qu’à l’est.
Les différences concernent aussi les années vécues sans perte d’autonomie. En 2021, un homme de 60 ans pouvait espérer vivre encore 21,5 ans sans perdre son autonomie dans le Rhône, contre 19,4 ans dans le Cantal.
À SAVOIR
L’hiver pèse lourd dans le bilan des décès. En Auvergne-Rhône-Alpes, un tiers des personnes décédées à 80 ans ou plus meurent en décembre, janvier ou février, contre 23 % des personnes décédées entre 10 et 29 ans. Les épidémies hivernales, notamment la grippe, contribuent à cette différence.




