Pas facile de décrypter les résultats d’une prise de prise de sang. Notamment lorsque le VGM, ou volume globulaire moyen, dépasse les valeurs de référence. Lorsque les globules rouges présentent un volume supérieur à la normale, on parle de macrocytose.
Cette anomalie peut apparaître sans symptôme particulier et ne correspond pas, à elle seule, à une maladie précise. Une carence en vitamine B12 ou B9 peut notamment l’expliquer, tout comme une consommation importante d’alcool, certaines maladies du foie, certains traitements médicamenteux ou une hypothyroïdie.
Plus rarement, une affection de la moelle osseuse peut être recherchée lorsque la macrocytose persiste ou s’accompagne d’autres anomalies biologiques. Le VGM doit donc toujours être interprété avec les autres paramètres de la numération formule sanguine et le contexte clinique du patient.
Que signifie un VGM élevé sur une prise de sang ?
Le VGM, ou volume globulaire moyen, fait partie des paramètres mesurés lors d’une numération formule sanguine (NFS). Il correspond au volume moyen des hématies, les globules rouges chargés notamment de transporter l’oxygène grâce à l’hémoglobine.
Une valeur supérieure à environ 100 femtolitres (fL) correspond généralement à une macrocytose. Les normes peuvent toutefois varier légèrement selon les laboratoires. Il convient donc de se référer à l’intervalle indiqué sur son propre compte rendu. Un VGM de 98 fL, par exemple, n’est pas nécessairement anormal s’il reste compris dans les valeurs de référence.
Une macrocytose ne signifie pas automatiquement qu’une anémie est présente. Le VGM renseigne sur la taille des globules rouges, tandis que le taux d’hémoglobine permet notamment de rechercher une anémie. Ces deux paramètres apportent donc des informations complémentaires.
Pourquoi le VGM peut-il augmenter ?
Les carences en vitamine B12 ou en folates, également appelés vitamine B9, comptent parmi les principales causes de macrocytose. Ces vitamines participent à la fabrication des cellules sanguines. Lorsqu’elles viennent à manquer, la moelle osseuse peut produire des globules rouges plus volumineux que la normale.
Une consommation chronique importante d’alcool, certaines maladies du foie, une hypothyroïdie ou plusieurs médicaments peuvent également augmenter le VGM. Une hausse du nombre de réticulocytes peut produire le même effet. Ces jeunes globules rouges, naturellement plus volumineux, peuvent notamment être libérés en plus grande quantité après une perte de sang ou une destruction importante des globules rouges.
Plus rarement, la macrocytose peut être liée à une maladie de la moelle osseuse, comme un syndrome myélodysplasique.
Un VGM élevé est-il forcément lié à l’alcool ?
Non. L’alcool peut augmenter le VGM, mais un résultat élevé ne suffit pas à conclure à une consommation excessive.
Une consommation chronique importante peut provoquer une macrocytose, y compris en l’absence de carence en folates. Selon le Manuel MSD, un VGM compris entre 100 et 105 fL peut notamment être observé dans ce contexte.
Le médecin interprète donc cette valeur avec les autres résultats du bilan sanguin, le fonctionnement du foie et les habitudes de la personne. Un VGM élevé isolé ne permet pas d’établir que l’alcool est à l’origine de l’anomalie.
Peut-on avoir un VGM élevé sans être anémique ?
Oui. Une macrocytose peut apparaître avant une anémie, notamment en cas de carence en vitamine B12. Selon le Manuel médical MSD, le déficit en vitamine B12 dans les tissus et l’augmentation du volume des globules rouges peuvent précéder la baisse de l’hémoglobine.
Une hypothyroïdie peut également entraîner une macrocytose sans provoquer immédiatement d’anémie. Il est donc possible d’avoir à la fois un VGM élevé et un taux d’hémoglobine normal.
Quels symptômes peuvent accompagner un VGM élevé ?
Un VGM élevé correspond à une anomalie biologique détectée lors d’une prise de sang. Il ne provoque pas directement de symptômes et peut être découvert en l’absence de toute gêne particulière.
Lorsque la macrocytose s’accompagne d’une anémie, une fatigue, une faiblesse, un essoufflement ou une pâleur peuvent apparaître. Une carence importante en vitamine B12 peut également provoquer des fourmillements, une diminution de la sensibilité ou une faiblesse musculaire, parfois avant même l’apparition d’une anémie.
Un VGM élevé peut-il indiquer un cancer ?
Un VGM élevé n’est pas un marqueur du cancer. Ce résultat ne permet pas, à lui seul, de diagnostiquer une leucémie ou une autre maladie cancéreuse.
Certaines maladies du sang touchant la moelle osseuse, comme les syndromes myélodysplasiques, peuvent néanmoins provoquer une macrocytose. Elles sont surtout recherchées lorsque le VGM reste élevé sans cause évidente ou lorsque la NFS révèle d’autres anomalies concernant l’hémoglobine, les globules blancs ou les plaquettes.
Quand un VGM élevé nécessite-t-il des examens complémentaires ?
Un VGM durablement élevé doit être interprété avec l’ensemble de la prise de sang. Le médecin examine notamment le taux d’hémoglobine, les autres paramètres des globules rouges et le nombre de réticulocytes. Un frottis sanguin peut également être demandé afin d’observer les cellules au microscope.
Selon le contexte, le bilan peut rechercher une carence en vitamine B12 ou B9, une maladie du foie, une hypothyroïdie ou l’effet d’un médicament. Le dosage de la vitamine B12 et des folates fait notamment partie des examens possibles lorsqu’une anémie macrocytaire est suspectée.
Il n’existe donc pas de traitement destiné uniquement à faire baisser le VGM. La prise en charge dépend de la cause identifiée : une carence vitaminique pourra nécessiter une supplémentation, tandis qu’une maladie du foie ou une autre affection devra être traitée spécifiquement.
Un VGM élevé isolé ne permet donc pas de poser un diagnostic. Des globules rouges plus volumineux peuvent notamment être liés à une carence en vitamines, à une maladie hépatique comme une cirrhose ou une hépatite, ou à d’autres causes. L’évolution du VGM et les autres paramètres de la NFS, notamment l’hémoglobine et les réticulocytes, permettent d’en préciser l’origine.
À SAVOIR
Au début du XXᵉ siècle, l’anémie pernicieuse, caractérisée par la présence de globules rouges volumineux, reste une maladie mortelle pour laquelle aucun traitement n’existe. À partir des travaux de George Whipple sur des chiens, George Minot et William Murphy commencent, en 1926, à prescrire à leurs patients d’importantes quantités de foie, notamment cru, sans encore connaître le rôle de la vitamine B12. Malgré un régime particulièrement contraignant, cette approche permet d’améliorer considérablement le pronostic des malades. Une avancée majeure qui vaudra aux trois chercheurs le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1934.




