
Encore trop souvent passée sous silence dans le monde professionnel, la ménopause impacte pourtant la vie quotidienne de millions de femmes actives. À travers une enquête inédite menée avec OpinionWay, le laboratoire Astellas tire la sonnette d’alarme et lance un programme ambitieux pour libérer la parole, former les managers et remettre les symptômes de la ménopause sur la table… de réunion.
Fatigue, insomnies, bouffées de chaleur en open space, troubles de l’humeur : bien loin des clichés, la ménopause n’est ni un gros mot, ni un problème « perso » à gérer en silence. Et pourtant, en entreprise, le sujet reste enveloppé d’un tabou persistant. À tel point que près d’une femme sur deux n’en parle à personne sur son lieu de travail. Les symptômes pèsent alors lourdement sur le quotidien, la concentration, la performance… et même la carrière.
Face à ce constat, Astellas Pharma France a décidé de briser le silence. Grâce à une enquête menée avec OpinionWay, le laboratoire dresse un état des lieux précis et criant d’une certaine vérité quant à la ménopause au travail. Un signal fort, accompagné d’un programme international pour changer les mentalités et améliorer concrètement la qualité de vie des femmes concernées.
Ménopause au travail : “ce n’est pas la chaleur de la photocopieuse”
Des chiffres qui font transpirer
La ménopause concerne aujourd’hui 17,2 millions de femmes en France âgées de 45 ans et plus, selon le rapport Rist remis au gouvernement en avril 2025. Chaque année, près de 500 000 femmes entrent dans cette nouvelle phase hormonale. Et parmi elles, “57 % sont toujours en activité professionnelle. Autrement dit, la ménopause s’invite dans les bureaux, les usines, les open spaces, les labos ou les salles de profs”, lâche Magali Gourdon, responsable de Pôle Département Médical Astellas Pharma France, dans un sourire révélateur.
Mais dans ces lieux de travail, elle est encore largement passée sous silence. Selon le sondage OpinionWay commandé par Astellas auprès de 1006 femmes, 87 % déclarent avoir ressenti une gêne au travail liée à leurs symptômes. Bouffées de chaleur (67 %), fatigue (57 %), troubles du sommeil (50 %) ou de l’humeur (35 %) arrivent en tête des gênes citées. Des effets bien réels, mais… invisibles.
Et pour cause :
- 53 % des femmes n’en parlent à personne dans leur entreprise
- 77 % n’en parlent même pas au médecin du travail
- 94 % évitent totalement le sujet avec leurs collègues masculins
- 25 % craignent qu’en parler nuise à leur carrière
Un silence pesant, entretenu par la peur d’être perçue comme “faible”, “moins performante” ou… simplement “trop vieille”.
Des conséquences concrètes sur la vie pro
Loin d’être anecdotiques, ces symptômes non pris en compte peuvent entraîner des répercussions importantes sur la carrière :
- 9 % des femmes concernées ont dû poser un arrêt maladie
- 5 % ont vu une promotion leur échapper
- 4 % ont quitté leur emploi
- 2 % ont carrément été licenciées à cause de symptômes répétés
“Le plus inquiétant est que seules 2 % des répondantes affirment avoir bénéficié d’un accompagnement spécifique en entreprise. Tandis que 22 % déclarent avoir été laissées seules par leur manager, sans soutien ni dialogue”, constate malheureusement Eléonore Quarré, responsable des études société chez OpinionWay.
Et comme si cela ne suffisait pas, 52 % des femmes disent avoir entendu des remarques sexistes ou des blagues sur la ménopause dans leur environnement pro ou personnel. Ambiance.
Comment parler ménopause à la machine à café ?
Ménopause : lever le voile sur ce tabou professionnel
Le Dr Véronique Laveix-Echallier, gynécologue aux Hospices Civils de Lyon, rappelle que “la ménopause s’accompagne de bouleversements hormonaux majeurs. Ce n’est pas une pathologie, mais les symptômes sont parfois si intenses qu’ils peuvent devenir invalidants.”
Troubles du sommeil, sueurs nocturnes, anxiété, baisse de la concentration… autant de signes qui peuvent fragiliser la confiance en soi et rendre l’environnement de travail hostile. Surtout quand on se retrouve seule, à cacher ce que l’on vit.
Caroline Loisel, experte en qualité de vie au travail (QVT), va plus loin : “ce silence reflète un déséquilibre systémique. L’entreprise reste pensée pour des corps performants, sans fluctuations. Le corps des femmes, avec ses cycles, ses bouleversements, reste un non-sujet.”
Astellas lance un programme pour changer la donne
Face à cette réalité, Astellas ne se contente pas d’un constat. “Le laboratoire a lancé en 2024 un programme mondial baptisé Global Menopause Pledge, déjà en cours de déploiement dans ses filiales, dont la France”, assure Magali Gourdon.
L’objectif est de faire de la ménopause un sujet reconnu, accompagné et intégré dans les politiques RH. Le programme comprend :
- Des actions de sensibilisation pour tous les collaborateurs
- Des ressources pour les managers et RH (guides, fiches pratiques)
- Des formations dédiées, animées par des experts externes
Mais ce n’est pas tout. Astellas soutient également plusieurs propositions issues du rapport parlementaire Rist, notamment :
- La construction d’un parcours de soins pluridisciplinaire
- La mise à jour des recommandations de la HAS
- Et l’intégration de la ménopause dans les plans QVT des entreprises
Parler de ménopause au travail, c’est bon pour tout le monde
Alors, faut-il inscrire la ménopause dans les politiques d’inclusion au même titre que le handicap, la parentalité ou la santé mentale ? Astellas répond oui. Et les femmes aussi : 66 % des répondantes estiment qu’il est légitime d’en parler, 49 % jugent même cela nécessaire dans le cadre du travail.
Le sujet ne doit plus rester cantonné à la sphère privée. Il est temps de le sortir de l’ombre pour favoriser l’égalité professionnelle, améliorer le bien-être au travail et enfin reconnaître que, non, ce n’est pas juste une “période à passer”.
À SAVOIR
Selon un rapport de la Commission européenne publié en 2022, le coût économique de la non-prise en compte de la ménopause au travail serait loin d’être négligeable : absentéisme, baisse de productivité, turn-over accru et départs anticipés entraînent un manque à gagner estimé à plusieurs milliards d’euros par an pour les entreprises européennes.







