Un médecin examine les gangliоns lymphatiques situés dans le cоu d'une jeune femme, suspectant des signes pоssibles du lymphоme de Hоdgkin tels que des gangliоns enflés, une fatigue persistante оu des sueurs nоcturnes․
En France, оn dénоmbre chaque année un peu mоins de 2 000 nоuveaux cas de lymphоme de Hоdgkin․ Il s'agit d'une maladie rare qui représente mоins de 1 % de l'ensemble des cancers diagnоstiqués dans le pays․ ©stefamerpik / Freepik

GangliĐľns enflĂ©s au niveau du cĐľu, fatigue qui persiste, sueurs nĐľcturnes Đľu perte de pĐľids inexpliquĂ©e․․․ Ces symptĂ´mes courants peuvent ĂŞtre le signe d’une maladie du système lymphatique. Le lymphĐľme de HĐľdgkin est un cancer rare du sang, sĐľuvent diagnĐľstiquĂ© chez les jeunes adultes, mais dĐľnt les chances de guĂ©risĐľn sĐľnt dĂ©sĐľrmais très bĐľnnes grâce aux avancĂ©es des traitements․ CĐľmment identifier les premiers symptĂ´mes ? Quels examens permettent d’Ă©tablir le diagnĐľstic ? Quels sĐľnt les traitements dispĐľnibles pĐľur sĐľigner cette hĂ©mĐľpathie maligne ? Le point․

Une fatigue persistante, des sueurs nocturnes importantes ou un ganglion gonflé qui persiste plusieurs semaines peuvent parfois révéler un lymphome de Hodgkin. Ce cancer du système lymphatique touche souvent les jeunes adultes entre 20 et 35 ans, mais peut aussi apparaître après 60 ans.

Le lymphome hodgkinien bénéficie aujourd’hui d’un excellent pronostic grâce aux progrès de la chimiothérapie, de l’immunothérapie et des traitements ciblés. Toutefois, ses premiers symptômes ressemblent souvent à ceux d’une infection banale, retardant parfois le diagnostic.

La maladie se développe dans le système lymphatique, un réseau chargé de transporter la lymphe et de participer aux défenses immunitaires. Les ganglions lymphatiques contiennent des lymphocytes, des globules blancs essentiels pour lutter contre les infections et certaines cellules anormales.

Lorsque certains lymphocytes B deviennent cancéreux et se multiplient de manière incontrôlée, ils peuvent former un lymphome. Le lymphome de hodgkin se caractérise notamment par la présence de cellules géantes appelées cellules de Reed-Sternberg (des globules blancs géants), visibles lors d’une biopsie.

Identifié pour la première fois par le médecin britannique Thomas Hodgkin, le lymphome hodgkinien est une hémopathie maligne, c’est-à-dire un cancer du sang et du système lymphatique. Contrairement aux lymphomes non hodgkiniens, il possède des caractéristiques cellulaires spécifiques et présente souvent un pronostic plus favorable.

La maladie provoque une multiplication anormale de lymphocytes dans les ganglions lymphatiques, puis parfois dans d’autres organes comme la moelle osseuse, la rate, le thymus, les poumons ou le foie. Les médecins parlent d’atteinte extraganglionnaire lorsque le cancer dépasse le système lymphatique.

Normalement, les lymphocytes circulent dans la lymphe pour défendre l’organisme contre les infections. Dans le lymphome hodgkinien, certaines cellules deviennent cancéreuses, échappent aux mécanismes de contrôle et se propagent progressivement à travers les vaisseaux lymphatiques.

Les causes exactes restent mal connues, mais certains facteurs de risque ont été identifiés, notamment l’infection par le VIH et, plus rarement, certaines prédispositions familiales.

Le symptôme le plus fréquent du lymphome de Hodgkin est l’apparition d’un ganglion gonflé, souvent situé au niveau du cou, des clavicules ou des aisselles. Contrairement à une infection classique, ces ganglions sont généralement indolores et persistent plusieurs semaines.

Lorsque des ganglions augmentent de volume dans le thorax, ils peuvent provoquer une toux persistante, un essoufflement ou une sensation de pression dans la poitrine.

La maladie peut aussi entraîner des “symptômes B” : fièvre inexpliquée, sueurs nocturnes abondantes, perte de poids importante et fatigue chronique. Certaines personnes présentent également des démangeaisons diffuses ou, plus rarement, des douleurs des ganglions après la consommation d’alcool.

Dans les formes plus avancées, une augmentation du volume de la rate ou des ganglions profonds peut provoquer des douleurs abdominales, des ballonnements ou des douleurs dorsales.

Ces symptômes ne traduisent pas systématiquement un lymphome, mais lorsqu’ils persistent plusieurs semaines sans explication, une consultation médicale est recommandée.

Le diagnostic du lymphome de Hodgkin repose d’abord sur un examen clinique réalisé par un médecin généraliste ou un hématologue. Le professionnel examine attentivement plusieurs zones ganglionnaires du corps, notamment le cou, les aisselles, les clavicules ou l’aine. Il vérifie également si certains organes comme le foie ou la rate ont augmenté de volume.

Lorsqu’un ganglion paraît anormal, dur ou persistant, plusieurs examens complémentaires peuvent être prescrits afin d’évaluer l’étendue de la maladie dans l’organisme.

Les principaux examens utilisés pour établir le diagnostic sont :

  • L’examen clinique : le mĂ©decin recherche des ganglions anormalement gonflĂ©s, mais aussi d’éventuels signes associĂ©s comme une perte de poids, une fièvre persistante ou une fatigue importante.
  • La radiographie thoracique : cet examen permet notamment de dĂ©tecter une atteinte du mĂ©diastin, la zone situĂ©e entre les deux poumons oĂą se trouvent plusieurs ganglions lymphatiques.
  • Le scanner (TDM) : des scanners du cou, du thorax, de l’abdomen et du pelvis sont souvent rĂ©alisĂ©s afin de visualiser prĂ©cisĂ©ment les ganglions atteints et d’évaluer si certains organes sont touchĂ©s.
  • Le TEP-scan : cet examen d’imagerie nuclĂ©aire permet de repĂ©rer les cellules cancĂ©reuses particulièrement actives grâce Ă  un produit faiblement radioactif injectĂ© avant l’examen. Le TEP-scan aide les mĂ©decins Ă  mesurer l’étendue du lymphome et Ă  suivre l’efficacitĂ© des traitements.
  • La biopsie ganglionnaire : il s’agit de l’examen indispensable pour confirmer le diagnostic. Le chirurgien retire tout ou partie du ganglion suspect afin qu’il soit analysĂ© au microscope dans un laboratoire spĂ©cialisĂ©. Cette analyse permet notamment de rechercher les cellules de Reed-Sternberg, caractĂ©ristiques du lymphome de Hodgkin.
  • Les prises de sang : elles permettent d’évaluer l’état gĂ©nĂ©ral du patient ainsi que plusieurs paramètres biologiques comme les globules rouges, les globules blancs, les plaquettes ou les marqueurs inflammatoires. Les mĂ©decins recherchent notamment une anĂ©mie, une baisse des lymphocytes ou certaines anomalies pouvant influencer le pronostic.
  • La biopsie de moelle osseuse : dans certains cas, cet examen peut ĂŞtre rĂ©alisĂ© afin de vĂ©rifier si la maladie s’est propagĂ©e Ă  la moelle osseuse, le tissu responsable de la fabrication des cellules sanguines.

En France, les prélèvements sont fréquemment relus par des centres experts spécialisés dans les lymphomes afin de confirmer le diagnostic avec le plus de précision possible.

Le traitement du lymphome de Hodgkin dépend du stade de la maladie, de l’âge du patient, de la taille des tumeurs et de l’étendue des atteintes dans l’organisme. La prise en charge repose le plus souvent sur plusieurs cures de chimiothérapie, parfois associées à une radiothérapie ciblée sur les zones ganglionnaires touchées. Les médecins utilisent principalement les protocoles ABVD ou BEACOPP, qui associent plusieurs médicaments anticancéreux afin de détruire les cellules tumorales de manière complémentaire.

Les principaux traitements utilisés sont :

  • La chimiothĂ©rapie : ces mĂ©dicaments circulent dans le sang afin d’atteindre les cellules cancĂ©reuses prĂ©sentes dans les ganglions lymphatiques ou dans d’autres parties du corps. Le traitement est administrĂ© par cycles espacĂ©s de quelques semaines afin de laisser Ă  l’organisme le temps de rĂ©cupĂ©rer.
  • Les anticorps monoclonaux et thĂ©rapies ciblĂ©es : certains traitements plus rĂ©cents permettent de cibler prĂ©cisĂ©ment certaines protĂ©ines prĂ©sentes Ă  la surface des cellules cancĂ©reuses. Ces thĂ©rapies attaquent directement les cellules malades tout en limitant davantage les dommages sur les cellules saines.
  • La radiothĂ©rapie : elle est gĂ©nĂ©ralement proposĂ©e après la chimiothĂ©rapie afin de consolider les rĂ©sultats obtenus. Elle permet de dĂ©truire les Ă©ventuelles cellules cancĂ©reuses rĂ©siduelles dans certaines zones ganglionnaires encore atteintes.

Le traitement du lymphome de Hodgkin peut durer plusieurs mois et nécessite un suivi médical régulier afin de surveiller l’efficacité des soins et les éventuels effets secondaires, comme la fatigue, la baisse des défenses immunitaires ou certains risques pour la fertilité.

Chez les patients jeunes souhaitant avoir des enfants plus tard, une conservation des spermatozoïdes ou d’autres solutions de préservation de la fertilité peuvent être proposées avant le début des traitements.

Le lymphome de Hodgkin peut aujourd’hui être traité efficacement dans la majorité des cas. Grâce aux progrès de la chimiothérapie, de l’immunothérapie et des traitements innovants, plus de 80 % des patients obtiennent une rémission complète, surtout lorsque la maladie est diagnostiquée tôt.

Même dans certaines formes avancées ou en cas de rechute, des solutions thérapeutiques existent encore, notamment l’autogreffe de cellules souches et les nouvelles immunothérapies.

Les médecins rappellent toutefois qu’un ganglion persistant plusieurs semaines sans explication doit toujours conduire à une consultation médicale, car un diagnostic précoce améliore fortement les chances de guérison durable.

Ă€ SAVOIR

Les femmes enceintes au moment du diagnostic d’un Lymphome doivent impĂ©rativement en informer leur mĂ©decin. Certains traitements peuvent en effet prĂ©senter des risques pour le fĹ“tus. Les spĂ©cialistes adaptent alors la prise en charge afin de limiter au maximum les consĂ©quences pour l’enfant Ă  naĂ®tre. Dans certaines situations plus complexes, une interruption de grossesse peut ĂŞtre envisagĂ©e. L’allaitement est Ă©galement dĂ©conseillĂ© pendant les traitements contre un lymphome, car certains mĂ©dicaments utilisĂ©s en chimiothĂ©rapie peuvent passer dans le lait maternel et exposer le nourrisson Ă  des effets toxiques.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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