
DĂ©mangeaisons persistantes, irritation intime, petite lĂ©sion qui ne cicatrise pas… Et si ces signes Ă©taient les premiers indices d’un cancer de la vulve ? Comme pour le cancer du vagin, ces cancers restent rares, mais leur frĂ©quence augmente progressivement, notamment en lien avec certaines infections au papillomavirus humain (HPV). Quels sont les symptĂ´mes initiaux Ă surveiller ? Comment les gynĂ©cologues posent-ils le diagnostic de ce cancer ? Quels sont les traitements permettant d’amĂ©liorer les chances de guĂ©rison ? Explications.
Les gynécologues observent des augmentations des lésions précancéreuses liées au Papillomavirus humain, parfois chez des femmes jeunes. Démangeaisons persistantes, irritation ou petite lésion vulvaire peuvent sembler bénignes, mais certaines anomalies peuvent évoluer progressivement vers un cancer de la vulve lorsqu’elles ne sont pas diagnostiquées tôt.
Rare, ce cancer représente moins de 5 % des cancers gynécologiques féminins, avec environ un millier de nouveaux cas par an en France. Il touche surtout les femmes âgées, souvent après 70 ans, et se développe principalement au niveau des lèvres ou du clitoris. Dans près de 90 % des cas, il s’agit d’un carcinome épidermoïde, fréquemment associé au HPV (papillomavirus).
Quel est le mécanisme du cancer de la vulve ?
Le cancer de la vulve est une tumeur maligne qui se développe au niveau des organes génitaux externes féminins. Dans la majorité des cas, il s’agit d’un carcinome épidermoïde issu des cellules de l’épithélium vulvaire.
Les médecins distinguent deux grands mécanismes dans le cancer de la vulve. Chez les jeunes femmes, il est souvent lié à une infection persistante par certains papillomavirus humains à haut risque, notamment les HPV 16 et 18, responsables d’environ 70 % des cancers du col de l’utérus mais aussi d’une partie importante des cancers de la vulve, du vagin, de l’anus et de la gorge.
Chez les femmes plus âgées, le cancer apparaît plus fréquemment sur des lésions inflammatoires chroniques ou des anomalies précancéreuses de la vulve.
Avec le temps, certaines cellules deviennent anormales, se multiplient de façon incontrôlée et peuvent former une tumeur invasive capable d’atteindre les tissus voisins tels que les ganglions lymphatiques ou d’autres organes.
Le tabac, l’immunodépression, les infections persistantes au HPV, le lichen scléreux ou certaines lésions précancéreuses augmentent le risque de développer ce cancer. Même si certaines formes touchent des jeunes femmes, la majorité des cas surviennent après la ménopause.
Quels sont les symptĂ´mes du cancer de la vulve ?
Le symptôme le plus fréquent du cancer de la vulve reste une démangeaison persistante de la vulve, souvent accompagnée de brûlures, d’irritations ou d’une gêne intime qui résiste aux traitements classiques contre les mycoses ou infections vaginales.
Une lésion visible peut ensuite apparaître : plaque blanchâtre, rougeur persistante, ulcération, verrue, croûte qui ne cicatrise pas ou masse plus dure au toucher. Certaines zones de peau deviennent épaissies, rugueuses, rouges ou blanchâtres.
Lorsque la tumeur progresse, des douleurs pendant les rapports sexuels, des saignements inhabituels, des brûlures urinaires ou des écoulements anormaux peuvent survenir. Certaines patientes ressentent aussi une douleur permanente ou une forte sensibilité dans la région génitale. Dans les formes avancées, des ganglions peuvent gonfler dans l’aine, signe important pour évaluer le stade de la maladie. Les gynécologues rappellent qu’une lésion vulvaire persistante plusieurs semaines nécessite toujours un examen médical approfondi.
Comment diagnostiquer un cancer de la vulve ?
Le diagnostic du cancer de la vulve repose d’abord sur un examen gynécologique minutieux afin d’analyser l’aspect, la taille et la localisation de la lésion. Le médecin recherche aussi une éventuelle atteinte des tissus voisins ou des ganglions de l’aine.
Une colposcopie peut parfois être réalisée pour observer plus précisément les zones suspectes. L’examen essentiel reste toutefois la biopsie, qui permet de prélever un fragment de tissu analysé au microscope afin de confirmer le cancer, son type, son grade et son caractère invasif.
Les spécialistes distinguent plusieurs formes de carcinomes épidermoïdes vulvaires, certaines plus agressives que d’autres.
Une fĐľis que le diagnĐľstic de cancer de la vulve est cĐľnfirmĂ©, plusieurs examens d’imagerie peuvent ĂŞtre effectuĂ©s, tels que l’IRM pelvienne, le scanner Đľu encĐľre la TEP (tĐľmĐľgraphie par Ă©missiĐľn de pĐľsitĐľns, un examen d’imagerie mĂ©dicale très sĐľphistiquĂ©)․ Ces investigatiĐľns permettent aux mĂ©decins d’Ă©valuer avec prĂ©cisiĐľn l’Ă©tendue de la maladie : la taille de la tumeur, une Ă©ventuelle atteinte des gangliĐľns lymphatiques ainsi que la prĂ©sence pĐľssible de mĂ©tastases dans d’autres rĂ©giĐľns du cĐľrps․
Les médecins déterminent ensuite le stade TNM du cancer : « T » correspond à la taille et à l’extension de la tumeur, « N » à l’atteinte des ganglions lymphatiques et « M » à la présence de métastases. Cette classification permet d’adapter le traitement à chaque patiente.
Comment se soigne un cancer de la vulve ?
Le traitement du cancer de la vulve dépend du stade de la maladie, de la taille de la tumeur, de l’atteinte des ganglions lymphatiques et de l’état général de la patiente. La prise en charge est décidée par une équipe multidisciplinaire réunissant gynécologues, chirurgiens, oncologues et radiothérapeutes.
La chirurgie reste le traitement principal des formes localisées. Elle consiste à retirer complètement la tumeur avec des marges saines, allant d’une exérèse locale à une vulvectomie plus étendue dans les formes avancées. Un curage ganglionnaire peut aussi être nécessaire lorsque les ganglions de l’aine sont atteints.
La radiothérapie peut compléter la chirurgie, notamment en cas d’atteinte ganglionnaire ou de tumeur avancée. Dans les formes plus évoluées, une chimiothérapie associée à la radiothérapie peut être proposée. L’immunothérapie et certaines thérapies ciblées prennent également une place importante dans certains cancers liés au HPV.
Les spécialistes rappellent aussi l’importance des essais cliniques, de l’accompagnement psychologique et sexologique, ainsi que de la prévention grâce à la vaccination contre le Papillomavirus humain et au suivi gynécologique régulier.
Quand faut-il consulter rapidement ?
Des démangeaisоns intimes qui persistent, une lésiоn qui ne guérit pas, des saignements inhabituels оu une dоuleur chrоnique au niveau de la vulve ne dоivent jamais être négligés․ Bien que ces symptômes sоient sоuvent assоciés à des affectiоns bénignes, ils peuvent parfоis indiquer une lésiоn précancéreuse оu un cancer vulvaire naissant․
Les mĂ©decins sĐľulignent qu’un diagnĐľstic rapide augmente cĐľnsidĂ©rablement les chances de guĂ©risĐľn et permet gĂ©nĂ©ralement d’avĐľir recĐľurs Ă des traitements mĐľins lĐľurds et mĐľins mutilants․ CĐľmme pĐľur beaucĐľup de cancers gynĂ©cĐľlĐľgiques, plus la prise en charge est rapide, meilleur est le prĐľnĐľstic․
Ă€ SAVOIR
À la fin du XIXe siècle, les médecins britanniques observent une hausse inhabituelle de cancers chez les ouvriers du textile travaillant sur les « Spinning Mules ». Cette maladie professionnelle, appelée Mule spinner’s cancer, touche surtout le scrotum chez les hommes et parfois la vulve chez les ouvrières. Les enquêtes sanitaires mettront en cause les huiles minérales utilisées pour lubrifier les machines, riches en hydrocarbures aromatiques polycycliques aujourd’hui reconnus comme cancérigènes. Cette affaire est devenue l’un des premiers grands exemples historiques de cancer professionnel lié à l’environnement industriel.







