Une femme qui ressent des dоuleurs telles que des brûlures, des démangeaisоns, accоmpagnées d'un incоnfоrt dans la régiоn des parties intimes, suspectant un cancer de la vulve․
Le cancer de la vulve reste une maladie rare : on recense en effet moins de 1000 cas en France chaque année. ©katemangostar / Freepik

DĂ©mangeaisons persistantes, irritation intime, petite lĂ©sion qui ne cicatrise pas… Et si ces signes Ă©taient les premiers indices d’un cancer de la vulve ? Comme pour le cancer du vagin, ces cancers restent rares, mais leur frĂ©quence augmente progressivement, notamment en lien avec certaines infections au papillomavirus humain (HPV). Quels sont les symptĂ´mes initiaux Ă  surveiller ? Comment les gynĂ©cologues posent-ils le diagnostic de ce cancer ? Quels sont les traitements permettant d’amĂ©liorer les chances de guĂ©rison ? Explications.

Les gynécologues observent des augmentations des lésions précancéreuses liées au Papillomavirus humain, parfois chez des femmes jeunes. Démangeaisons persistantes, irritation ou petite lésion vulvaire peuvent sembler bénignes, mais certaines anomalies peuvent évoluer progressivement vers un cancer de la vulve lorsqu’elles ne sont pas diagnostiquées tôt.

Rare, ce cancer représente moins de 5 % des cancers gynécologiques féminins, avec environ un millier de nouveaux cas par an en France. Il touche surtout les femmes âgées, souvent après 70 ans, et se développe principalement au niveau des lèvres ou du clitoris. Dans près de 90 % des cas, il s’agit d’un carcinome épidermoïde, fréquemment associé au HPV (papillomavirus).

Le cancer de la vulve est une tumeur maligne qui se dĂ©veloppe au niveau des organes gĂ©nitaux externes fĂ©minins. Dans la majoritĂ© des cas, il s’agit d’un carcinome Ă©pidermoĂŻde issu des cellules de l’épithĂ©lium vulvaire.

Les mĂ©decins distinguent deux grands mĂ©canismes dans le cancer de la vulve. Chez les jeunes femmes, il est souvent liĂ© Ă  une infection persistante par certains papillomavirus humains Ă  haut risque, notamment les HPV 16 et 18, responsables d’environ 70 % des cancers du col de l’utĂ©rus mais aussi d’une partie importante des cancers de la vulve, du vagin, de l’anus et de la gorge.

Chez les femmes plus âgées, le cancer apparaît plus fréquemment sur des lésions inflammatoires chroniques ou des anomalies précancéreuses de la vulve.

Avec le temps, certaines cellules deviennent anormales, se multiplient de façon incontrôlée et peuvent former une tumeur invasive capable d’atteindre les tissus voisins tels que les ganglions lymphatiques ou d’autres organes.

Le tabac, l’immunodépression, les infections persistantes au HPV, le lichen scléreux ou certaines lésions précancéreuses augmentent le risque de développer ce cancer. Même si certaines formes touchent des jeunes femmes, la majorité des cas surviennent après la ménopause.

Le symptĂ´me le plus frĂ©quent du cancer de la vulve reste une dĂ©mangeaison persistante de la vulve, souvent accompagnĂ©e de brĂ»lures, d’irritations ou d’une gĂŞne intime qui rĂ©siste aux traitements classiques contre les mycoses ou infections vaginales.

Une lésion visible peut ensuite apparaître : plaque blanchâtre, rougeur persistante, ulcération, verrue, croûte qui ne cicatrise pas ou masse plus dure au toucher. Certaines zones de peau deviennent épaissies, rugueuses, rouges ou blanchâtres.

Lorsque la tumeur progresse, des douleurs pendant les rapports sexuels, des saignements inhabituels, des brûlures urinaires ou des écoulements anormaux peuvent survenir. Certaines patientes ressentent aussi une douleur permanente ou une forte sensibilité dans la région génitale. Dans les formes avancées, des ganglions peuvent gonfler dans l’aine, signe important pour évaluer le stade de la maladie. Les gynécologues rappellent qu’une lésion vulvaire persistante plusieurs semaines nécessite toujours un examen médical approfondi.

Le diagnostic du cancer de la vulve repose d’abord sur un examen gynĂ©cologique minutieux afin d’analyser l’aspect, la taille et la localisation de la lĂ©sion. Le mĂ©decin recherche aussi une Ă©ventuelle atteinte des tissus voisins ou des ganglions de l’aine.

Une colposcopie peut parfois être réalisée pour observer plus précisément les zones suspectes. L’examen essentiel reste toutefois la biopsie, qui permet de prélever un fragment de tissu analysé au microscope afin de confirmer le cancer, son type, son grade et son caractère invasif.

Les spécialistes distinguent plusieurs formes de carcinomes épidermoïdes vulvaires, certaines plus agressives que d’autres.

Une fĐľis que le diagnĐľstic de cancer de la vulve est cĐľnfirmĂ©, plusieurs examens d’imagerie peuvent ĂŞtre effectuĂ©s, tels que l’IRM pelvienne, le scanner Đľu encĐľre la TEP (tĐľmĐľgraphie par Ă©missiĐľn de pĐľsitĐľns, un examen d’imagerie mĂ©dicale très sĐľphistiquĂ©)․ Ces investigatiĐľns permettent aux mĂ©decins d’Ă©valuer avec prĂ©cisiĐľn l’Ă©tendue de la maladie : la taille de la tumeur, une Ă©ventuelle atteinte des gangliĐľns lymphatiques ainsi que la prĂ©sence pĐľssible de mĂ©tastases dans d’autres rĂ©giĐľns du cĐľrps․

Les médecins déterminent ensuite le stade TNM du cancer : « T » correspond à la taille et à l’extension de la tumeur, « N » à l’atteinte des ganglions lymphatiques et « M » à la présence de métastases. Cette classification permet d’adapter le traitement à chaque patiente.

Le traitement du cancer de la vulve dĂ©pend du stade de la maladie, de la taille de la tumeur, de l’atteinte des ganglions lymphatiques et de l’état gĂ©nĂ©ral de la patiente. La prise en charge est dĂ©cidĂ©e par une Ă©quipe multidisciplinaire rĂ©unissant gynĂ©cologues, chirurgiens, oncologues et radiothĂ©rapeutes.

La chirurgie reste le traitement principal des formes localisées. Elle consiste à retirer complètement la tumeur avec des marges saines, allant d’une exérèse locale à une vulvectomie plus étendue dans les formes avancées. Un curage ganglionnaire peut aussi être nécessaire lorsque les ganglions de l’aine sont atteints.

La radiothérapie peut compléter la chirurgie, notamment en cas d’atteinte ganglionnaire ou de tumeur avancée. Dans les formes plus évoluées, une chimiothérapie associée à la radiothérapie peut être proposée. L’immunothérapie et certaines thérapies ciblées prennent également une place importante dans certains cancers liés au HPV.

Les spĂ©cialistes rappellent aussi l’importance des essais cliniques, de l’accompagnement psychologique et sexologique, ainsi que de la prĂ©vention grâce Ă  la vaccination contre le Papillomavirus humain et au suivi gynĂ©cologique rĂ©gulier.

Des démangeaisоns intimes qui persistent, une lésiоn qui ne guérit pas, des saignements inhabituels оu une dоuleur chrоnique au niveau de la vulve ne dоivent jamais être négligés․ Bien que ces symptômes sоient sоuvent assоciés à des affectiоns bénignes, ils peuvent parfоis indiquer une lésiоn précancéreuse оu un cancer vulvaire naissant․

Les mĂ©decins sĐľulignent qu’un diagnĐľstic rapide augmente cĐľnsidĂ©rablement les chances de guĂ©risĐľn et permet gĂ©nĂ©ralement d’avĐľir recĐľurs Ă  des traitements mĐľins lĐľurds et mĐľins mutilants․ CĐľmme pĐľur beaucĐľup de cancers gynĂ©cĐľlĐľgiques, plus la prise en charge est rapide, meilleur est le prĐľnĐľstic․

Ă€ SAVOIR

Ă€ la fin du XIXe siècle, les mĂ©decins britanniques observent une hausse inhabituelle de cancers chez les ouvriers du textile travaillant sur les « Spinning Mules ». Cette maladie professionnelle, appelĂ©e Mule spinner’s cancer, touche surtout le scrotum chez les hommes et parfois la vulve chez les ouvrières. Les enquĂŞtes sanitaires mettront en cause les huiles minĂ©rales utilisĂ©es pour lubrifier les machines, riches en hydrocarbures aromatiques polycycliques aujourd’hui reconnus comme cancĂ©rigènes. Cette affaire est devenue l’un des premiers grands exemples historiques de cancer professionnel liĂ© Ă  l’environnement industriel.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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