Une femme présentant des dоuleurs abdоminales et digestives suspecte un cancer du rectum․
Des douleurs abdominales persistantes et des troubles digestifs peuvent parfois être associés à un cancer du rectum. ©diana.grytsku / Freepik

Sang dans les selles, troubles du transit, douleurs abdominales… Et si ces symptĂ´mes digestifs Ă©taient le signe d’un cancer du rectum ? Le cancer du rectum figure parmi les cancers colorectaux les plus courants après 50 ans. Il peut Ă©voluer pendant plusieurs mois avant d’ĂŞtre diagnostiquĂ©. Quels sont les premiers signes qui doivent alerter ? Quels sont les symptĂ´mes ? Quels sont les traitements permettant aujourd’hui d’augmenter les chances de guĂ©rison ? Explications.

En 2023, près de 47 600 nouveaux cas de cancers du côlon et du rectum ont été diagnostiqués en France. Les hommes représentaient environ 55 % des patients, contre 45 % pour les femmes. Si le nombre de cas tend légèrement à diminuer chez les hommes depuis plusieurs années, il continue en revanche d’augmenter progressivement chez les femmes. Dans plus de 95 % des situations, ce cancer apparaît après l’âge de 50 ans.

Le rectum correspond à la dernière partie du gros intestin, juste avant l’anus. Il agit comme une sorte de « réservoir » dans lequel les selles sont stockées avant leur évacuation. Lorsque certaines cellules de la muqueuse rectale, la couche interne qui tapisse le rectum, commencent à se multiplier de manière désorganisée et incontrôlée, une tumeur peut progressivement se former.

Le problème, c’est que le cancer du rectum évolue souvent de façon silencieuse au début. Pendant plusieurs mois, voire plus longtemps, il peut ne provoquer aucun symptôme vraiment visible. C’est précisément cette évolution qui rend le dépistage du cancer colorectal particulièrement essentiel.

Les gastro-entérologues rappellent aujourd’hui que détecté à un stade précoce, le cancer du rectum bénéficie d’un pronostic nettement plus favorable qu’auparavant grâce aux progrès de la chirurgie, de la chimiothérapie et de la radiothérapie. Encore faut-il savoir reconnaître les premiers signes d’alerte.

Le côlon et le rectum sont reliés dans le tube digestif, mais n’ont pas le même rôle. Le côlon absorbe l’eau et transforme les résidus alimentaires en selles, tandis que le rectum agit comme un réservoir temporaire avant leur évacuation.

Les médecins parlent souvent de “cancer colorectal” car les cancers du côlon et du rectum sont biologiquement très proches. Dans plus de 95 % des cas, il s’agit d’adénocarcinomes issus des cellules glandulaires de la paroi intestinale et partageant les mêmes facteurs de risque : âge, alimentation pauvre en fibres, sédentarité, tabac, alcool ou prédispositions génétiques.

La principale différence concerne surtout le traitement. Le rectum étant situé dans une zone anatomique étroite près de l’anus, la chirurgie est souvent plus complexe et nécessite parfois une radiothérapie préalable afin de préserver au maximum les sphincters et la continence.

Le cancer du rectum est une tumeur maligne qui se développe dans la muqueuse du rectum, la dernière partie du tube digestif située entre le côlon et l’anus. Dans la majorité des cas, il s’agit d’un adénocarcinome.

La maladie débute souvent par un polype bénin qui évolue lentement. Avec le temps, certaines cellules accumulent des mutations génétiques et deviennent cancéreuses. La tumeur peut ensuite envahir la paroi du rectum, les ganglions lymphatiques puis d’autres organes sous forme de métastases.

Le risque augmente surtout avec l’âge : environ 90 % des patients ont plus de 50 ans au moment du diagnostic. Les antécédents familiaux, certaines maladies inflammatoires de l’intestin et des prédispositions génétiques augmentent également le risque.

Le mode de vie joue aussi un rôle important. Une alimentation riche en viande rouge, en charcuterie et en graisses animales, ainsi que la sédentarité, le surpoids, le tabac et l’alcool figurent parmi les principaux facteurs associés au cancer colorectal.

Le signe le plus inquiétant du cancer du rectum reste la présence de sang dans les selles, visible ou parfois détecté uniquement par un test de dépistage.

La maladie peut aussi provoquer des troubles du transit : constipation, diarrhées répétées, alternance des deux ou selles plus fines pendant plusieurs semaines. Certains patients ressentent également de faux besoins d’aller à la selle, une sensation de rectum plein, des douleurs abdominales, des ballonnements ou une gêne pelvienne.

Lorsque la tumeur grossit, elle peut ralentir le passage des selles et provoquer des douleurs importantes, un ventre gonflé ou, dans les cas sévères, une occlusion intestinale nécessitant une prise en charge en urgence.

Une fatigue persistante peut aussi apparaître à cause d’une anémie liée à des saignements digestifs répétés. À des stades plus avancés, une perte de poids, une baisse de l’appétit et une dégradation de l’état général peuvent également être observées.

Le diagnostic du cancer du rectum débute par un examen clinique et un interrogatoire précis afin de rechercher les symptômes, les antécédents familiaux et les facteurs de risque.

Le toucher rectal reste un examen important, car il peut permettre de détecter une masse située dans la partie basse du rectum. Le cancer peut aussi être découvert grâce au dépistage organisé du cancer colorectal, proposé gratuitement par l’Assurance Maladie aux personnes âgées de 50 à 74 ans. Ce dépistage repose notamment sur la recherche de sang occulte dans les selles (présence de sang invisible à l’œil nu).

L’examen de référence reste la coloscopie. Réalisée à l’aide d’une caméra souple introduite par l’anus, elle permet de visualiser les polypes, les lésions suspectes ou les tumeurs. Des biopsies sont ensuite effectuées afin de confirmer la présence de cellules cancéreuses.

Une fois le diagnostic posé, des examens d’imagerie comme le scanner, l’IRM pelvienne ou le TEP scanner évaluent l’étendue de la tumeur, l’atteinte des ganglions lymphatiques et la présence éventuelle de métastases. Les médecins classent ensuite la maladie selon des stades allant de 0 à IV.

Le traitement du cancer du rectum dépend du stade de la maladie, de la localisation de la tumeur et de l’état général du patient. La stratégie thérapeutique est généralement décidée par une équipe pluridisciplinaire réunissant gastro-entérologues, chirurgiens, oncologues et radiothérapeutes.

La chirurgie reste le traitement principal. Elle consiste à retirer la tumeur ainsi que les ganglions lymphatiques voisins. Lorsque la tumeur est très superficielle, une résection endoscopique pendant la coloscopie peut parfois suffire.

Dans certaines situations, une radiochimiothérapie est réalisée avant l’opération afin de réduire la taille de la tumeur et limiter le risque de récidive, notamment pour les cancers situés dans la partie basse du rectum.

Après l’intervention, le chirurgien reconnecte généralement le côlon au rectum ou à l’anus pour rétablir le transit. Une stomie temporaire peut parfois être nécessaire durant la cicatrisation. Plus rarement, lorsque les sphincters sont atteints, une stomie définitive peut être envisagée.

En cas de cancer métastatique, la prise en charge repose surtout sur la chimiothérapie, parfois associée à des thérapies ciblées ou à l’immunothérapie. Certaines métastases du foie ou des poumons peuvent également être opérées.

Les médecins insistent aussi sur l’importance des soins de support : traitement de la douleur, suivi nutritionnel, accompagnement psychologique, activité physique adaptée et aide à l’arrêt du tabac ou de l’alcool.

La présence de sang dans les selles ne signifie pas forcément un cancer du rectum. Des hémorroïdes, des infections digestives ou certaines lésions bénignes peuvent aussi provoquer des saignements.

En revanche, des symptômes digestifs inhabituels qui persistent plusieurs semaines doivent conduire à consulter : constipation récente, douleurs abdominales répétées, perte de poids inexpliquée, faux besoins fréquents ou fatigue inhabituelle.

Les médecins rappellent qu’un diagnostic précoce améliore fortement l’efficacité des traitements et les chances de guérison.

Ă€ SAVOIR

Dans l’AntiquitĂ© romaine, le mĂ©decin Galien baptise le rectum Ă  partir du latin rectus, qui signifie « droit ». Pourtant, chez l’être humain, cet organe prĂ©sente une courbure naturelle importante afin d’épouser la forme du bassin et du sacrum. Cette appellation provient en rĂ©alitĂ© des dissections animales rĂ©alisĂ©es par Galien, principalement sur des singes et des porcs, chez lesquels la portion terminale de l’intestin est beaucoup plus rectiligne. MalgrĂ© cette diffĂ©rence anatomique chez l’humain, le terme « rectum » s’est imposĂ© dans le vocabulaire mĂ©dical et est restĂ© utilisĂ© pendant près de deux millĂ©naires.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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