Alors que l’automne vient à peine de s’installer, les premiers cas sont déjà signalés dans plusieurs régions françaises, notamment dans le Maine-et-Loire. Fièvre, courbatures, toux, fatigue intense… Le virus commence à circuler plus tôt que prévu, alors que la campagne nationale de vaccination ne débutera que le 13 octobre 2026.
Mais ce retour précoce n’est pas la seule source d’inquiétude. Une mutation inhabituelle du virus de la grippe A(H1N1), baptisée G155E, attire également l’attention des scientifiques. Elle pourrait notamment permettre au virus d’échapper plus facilement à certaines défenses immunitaires. De quoi soulever des questions sur l’efficacité des vaccins et l’intensité de la prochaine épidémie.
Des premiers cas signalés dès le début du mois d’octobre
D’habitude, la grippe attend plutôt l’arrivée du froid pour se propager. En France, les épidémies surviennent généralement entre novembre et avril, avec un pic en plein hiver. Mais cette année, le virus semble avoir pris de l’avance. Dans le Maine-et-Loire, des médecins signalent déjà des cas de grippe alors que la campagne de vaccination n’a même pas commencé ! Pour autant, pas de quoi annoncer une épidémie avant l’heure. Le virus de la grippe ne disparaît jamais totalement pendant les beaux jours. Il continue de circuler discrètement, avant de reprendre de la vigueur lorsque les conditions lui sont plus favorables.
Et justement, l’automne lui facilite la tâche. Avec la rentrée scolaire, les transports bondés et le retour des journées passées à l’intérieur, les occasions de se contaminer se multiplient. Sans compter les pièces mal aérées, où les virus respiratoires se transmettent plus facilement. Reste à savoir si ces premiers cas annoncent une véritable vague de grippe dans les prochaines semaines. Ou alors, s’il s’agit simplement d’un démarrage précoce, sans conséquence particulière sur la suite de l’hiver.
Une mutation du virus H1N1 qui inquiète déjà
La mutation G155E détectée dans 13 échantillons sur 17
Le virus de la grippe pourrait bien avoir plus d’un tour dans son sac cette année. Aux États-Unis, des chercheurs ont repéré une mutation inhabituelle du virus A(H1N1), baptisée G155E. Sur 17 échantillons analysés chez des patients américains, 13 présentaient cette modification. Un résultat qui pousse les scientifiques à surveiller de près son évolution.
Le problème, c’est que cette mutation touche une protéine située à la surface du virus, celle qui permet notamment à notre système immunitaire de le reconnaître. En changeant légèrement d’apparence, le virus pourrait donc devenir plus difficile à repérer pour les anticorps développés après une précédente infection ou une vaccination.
Autrement dit, nos défenses immunitaires pourraient être moins efficaces face à certaines souches porteuses de cette mutation. Mais les scientifiques restent prudents. Ces premiers résultats ne permettent pas d’affirmer que le virus se transmet plus facilement. Ni qu’il provoque des formes plus graves ou que les vaccins seront inefficaces cet hiver.
Le virus pourrait-il échapper plus facilement à nos défenses immunitaires ?
La mutation G155E pourrait compliquer la tâche de notre système immunitaire. En modifiant légèrement l’apparence du virus, elle pourrait lui permettre d’être moins facilement reconnu par les anticorps. Et ce, même chez des personnes ayant déjà attrapé la grippe ou reçu un vaccin. Les adolescents et les jeunes adultes seraient particulièrement concernés. Leurs défenses immunitaires pourraient avoir davantage de difficultés à reconnaître certaines de ces nouvelles souches, faute d’avoir déjà rencontré des virus suffisamment similaires.
Cela ne signifie pas pour autant que les vaccins ne fonctionneront plus. Une protection moins efficace contre l’infection ne veut pas forcément dire une absence de protection contre les formes graves. Et pour l’instant, rien ne prouve que cette mutation rende le virus plus contagieux ou plus dangereux.
Une grippe précoce également observée à l’étranger
La France n’est pas le seul pays à observer des signaux inhabituels. Au Royaume-Uni et sur la côte ouest des États-Unis, les premiers résultats de surveillance font apparaître une proportion de tests positifs supérieure à celle habituellement constatée à cette période de l’année.
Au Japon, des foyers de grippe ont même été signalés dès août et début septembre, entraînant la fermeture temporaire de certains établissements scolaires. Ces observations suggèrent que le calendrier habituel de circulation du virus pourrait être perturbé dans plusieurs pays de l’hémisphère Nord.
Pour l’instant, les indicateurs restent à leur niveau habituel début octobre
Malgré ces premiers cas précoces, la grippe reste encore peu présente en France. Dans son dernier bulletin en date du 7 octobre 2026, Santé publique France confirme que la circulation du virus reste faible dans toutes les régions et toutes les tranches d’âge.
Quelques cas isolés ont bien été détectés. Mais rien qui ressemble, pour le moment, à une véritable vague de grippe. Le virus avait déjà circulé de façon inhabituelle en août et début septembre, avant de retrouver des niveaux plus classiques pour cette période de l’année.
Actuellement, ce sont surtout les rhinovirus, responsables des rhumes, et le Covid-19 qui circulent en France. Les cas de grippe signalés dans certains départements ne se traduisent donc pas encore par une hausse importante des consultations ou des passages aux urgences à l’échelle nationale.
Faut-il craindre une épidémie de grippe plus sévère cet hiver ?
Pour l’instant, rien ne permet de prévoir l’ampleur de l’épidémie de grippe 2026-2027. Les premiers cas précoces ne suffisent pas à annoncer une saison plus sévère. Quant à la mutation du virus, son éventuel impact sur le nombre de contaminations et de formes graves reste encore à déterminer.
L’évolution de la situation dépendra surtout des souches qui domineront cet hiver, de leur capacité à se transmettre et de l’efficacité de la protection vaccinale. Une circulation plus importante du virus pourrait notamment entraîner davantage d’hospitalisations chez les personnes âgées et les patients atteints de maladies chroniques.
Les bilans des deux dernières saisons montrent à quel point la situation peut varier d’un hiver à l’autre. Environ 12 000 décès ont été attribués à la grippe durant la saison 2025-2026, contre 17 000 en 2024-2025, soit 5 000 décès de moins. Un écart important qui rappelle que l’intensité d’une épidémie peut considérablement changer d’une année sur l’autre.
Vaccination contre la grippe 2026-2027 : faut-il avancer son rendez-vous ?
Une campagne nationale qui commence le 13 octobre
Pas de changement de calendrier malgré l’apparition de la mutation G155E. La campagne de vaccination contre la grippe débutera bien le mardi 13 octobre 2026, en même temps que celle contre le Covid-19, en France métropolitaine. À Mayotte, elle a déjà commencé en septembre, tandis qu’à La Réunion, elle suit un calendrier différent, adapté à l’hiver austral.
Cette année, mieux vaut ne pas trop tarder pour les personnes à risque. Le vaccin met environ deux semaines à offrir une protection optimale. Se faire vacciner dès le lancement de la campagne permet donc d’être protégé avant une éventuelle accélération de la circulation du virus.
Reste la question de la mutation G155E. On ne sait pas encore précisément si elle pourrait réduire l’efficacité des vaccins de cette saison. Même si le virus échappe davantage à certains anticorps, la vaccination peut toujours limiter le risque de complications graves et d’hospitalisation. Cinq vaccins contre la grippe sont disponibles cette année en France. Dont Efluelda et Fluad, deux vaccins spécialement conçus pour renforcer la réponse immunitaire des personnes âgées de 65 ans et plus, auxquelles ils sont recommandés en priorité.
Qui peut bénéficier du vaccin gratuit ?
Rappelons que, comme chaque année, le vaccin contre la grippe est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour les personnes les plus exposées aux complications. Plusieurs publics sont concernés.
- Les personnes de 65 ans et plus ;
- Les femmes enceintes, quel que soit le stade de leur grossesse ;
- Les personnes atteintes de certaines maladies chroniques, notamment le diabète, les maladies cardiaques ou respiratoires ;
- Les personnes immunodéprimées, dont les défenses immunitaires sont affaiblies ;
- Les personnes souffrant d’obésité sévère, avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 40 ;
- Certains proches de personnes fragiles, notamment l’entourage des nourrissons à risque et des personnes immunodéprimées ;
- Les professionnels de santé et certaines professions exposées.
Pour obtenir le vaccin, il suffit généralement de présenter sa carte Vitale et son bon de prise en charge en pharmacie. En cas de perte ou de non-réception du document, un professionnel de santé habilité peut en délivrer un. Les enfants de 2 à 17 ans sans maladie chronique peuvent également se faire vacciner, avec un remboursement du vaccin à hauteur de 65 %. Pour les autres adultes, la vaccination reste possible, mais elle n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie.
Enfin, les vaccins contre la grippe et le Covid-19 peuvent être administrés lors du même rendez-vous. Médecins, pharmaciens, infirmiers et sages-femmes peuvent réaliser la vaccination, selon l’âge et la situation du patient.
À SAVOIR
Une même personne peut attraper la grippe deux fois au cours du même hiver. Plusieurs virus grippaux, notamment les types A et B, peuvent circuler en même temps. Avoir été infecté par l’un ne protège donc pas forcément contre les autres.



