Idées suicidaires chez les ados : la rentrée 2026 vire à l’alerte

le 24 octobre 2026 à 13h48
Un adolescent regarde par la fenêtre, l’air triste et pensif, assis seul dans une pièce.
Les garçons ont parfois davantage de difficultés à parler de leur souffrance psychologique et à demander de l'aide. © Magnific
Depuis la rentrée, les passages aux urgences pour idées suicidaires et les consultations pour crises d’angoisse ont fortement augmenté en septembre, dépassant les niveaux des années précédentes.
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Chaque année, la rentrée scolaire est une période difficile pour la santé mentale des jeunes. Le retour en classe, la pression des cours et les changements de rythme peuvent peser sur leur moral. Mais en septembre 2026, la situation est particulièrement inquiétante. Les services d’urgence et SOS Médecins ont enregistré une forte hausse des consultations pour des problèmes de santé mentale, notamment chez les adolescents.

Santé mentale : une rentrée particulièrement difficile pour les adolescents

Idées suicidaires chez les adolescents : une hausse particulièrement inquiétante

En septembre 2026, les urgences françaises ont enregistré environ 2 200 passages pour idées suicidaires chez les moins de 18 ans, contre environ 1 000 en août. Ces chiffres représentent plus du double en un mois. La situation dépasse également les niveaux des rentrées précédentes. À la même période, environ 1 600 passages avaient été enregistrés en 2025, 1 150 en 2024 et 900 en 2023.

Les 11-17 ans sont les plus concernés. Chez les 15-17 ans, la hausse semble se stabiliser en fin de mois. En revanche, les passages pour idées suicidaires continuent d’augmenter chez les 11-14 ans, même durant la deuxième moitié de septembre. Les consultations pour crises d’angoisse, troubles anxieux et troubles de l’humeur progressent également. Les passages aux urgences après un geste suicidaire restent toutefois proches des niveaux des années précédentes.

Crises d’angoisse : près de deux fois plus de consultations chez les enfants

La hausse ne concerne pas uniquement les idées suicidaires. En septembre, les consultations de SOS Médecins pour angoisse ont bondi de 98 % chez les moins de 18 ans par rapport à août. Les 15-17 ans présentent des niveaux particulièrement élevés par rapport aux années précédentes.

Les urgences enregistrent également davantage de consultations pour troubles de l’humeur, principalement liés à la dépression, ainsi que pour troubles anxieux. Les passages pour troubles de l’alimentation augmentent aussi par rapport à août, mais restent comparables aux rentrées précédentes.

Pourquoi la rentrée scolaire pèse-t-elle autant sur la santé mentale ?

Pendant les grandes vacances, les consultations pour troubles psychologiques diminuent généralement chez les jeunes. Puis elles repartent à la hausse dès septembre. Le retour des devoirs, des évaluations, de la pression scolaire et parfois du harcèlement pourrait expliquer une partie de cette évolution.

Mais l’école n’explique pas tout. Plusieurs facteurs sont étudiés pour comprendre la dégradation de la santé mentale des 12-25 ans, notamment l’utilisation non régulée des réseaux sociaux, les inégalités sociales et les inquiétudes liées au changement climatique.

Autre élément à prendre en compte, l’activité du 3114, numéro national de prévention du suicide, augmente également. Une partie des appels est désormais orientée vers les structures d’urgence, ce qui peut contribuer à la hausse des consultations enregistrées.

Les adultes aussi davantage touchés par la détresse psychologique

Chez les adultes, la situation évolue différemment. En septembre, les passages aux urgences pour idées suicidaires augmentent légèrement chez les 18-24 ans, mais restent stables après 25 ans. Les consultations de SOS Médecins pour angoisse progressent chez les 25-64 ans. Chez les 18-64 ans, les recours pour angoisse, dépression et idées suicidaires restent supérieurs aux niveaux des années précédentes.

Une enquête nationale menée en 2024 apporte un autre éclairage. 8,6 % des 18-29 ans déclaraient avoir eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois, contre 5,2 % de l’ensemble des adultes de 18 à 79 ans.

À SAVOIR 

Un adolescent qui s’isole, abandonne ses activités habituelles, dort beaucoup moins ou beaucoup plus, devient particulièrement irritable ou parle de la mort peut avoir besoin d’aide. Ces changements méritent d’être pris au sérieux, surtout lorsqu’ils persistent. Un médecin peut l’orienter vers un spécialiste. En cas d’idées suicidaires, le 3114 est gratuit et disponible 24h/24. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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