Les infections liƩes aux soins font 4000 victimes chaque annƩe. JonathanBorba_Pexels

Chaque annĆ©e, 4000 patients dĆ©cĆØdent d’une infection liĆ©e aux soins contractĆ©e dans l’établissement de santĆ© dans lequel il est traitĆ© pour une autre cause. Ces IAS touchent en moyenne un patient hospitalisĆ© sur vingt. Longtemps pointĆ©s du doigt, les hĆ“pitaux sortent peu Ć  peu du silence pour aider Ć  prĆ©venir ces pathologies. Explications.

On dĆ©signe dĆ©sormais les ”ex-”maladies nosocomiales par le terme infections associĆ©es aux soins ou IAS. En effet, les maladies nosocomiales dĆ©signent uniquement les pathologies contractĆ©es au cours d’un sĆ©jour Ć  l’hĆ“pital. Or, ce flĆ©au touche Ć©galement les autres Ć©tablissements de santĆ© (centres mĆ©dico-sociaux, cabinets de mĆ©decine de ville…). Les IAS dĆ©finissent ainsi toutes les infections contractĆ©es dans un Ć©tablissement de santĆ© aprĆØs la rĆ©alisation de soins mĆ©dicaux.Ā 

Comment contracte t-on une infection liƩe aux soins?

Les IAS surviennent dans les 48 heures qui suivent un acte mĆ©dical effectuĆ© dans un Ć©tablissement de soin, et jusqu’aprĆØs 30 jours en cas de chirurgie, voire un an en cas de pose de prothĆØse. Ces pathologies peuvent avoir une origine endogĆØne ou exogĆØne.

Les infections d’origine exogĆØne sont dues Ć  une source de contamination prĆ©sente dans l’établissement de soins avec lequel le patient aurait pu ĆŖtre en contact. Elles peuvent ainsi venir d’autres patients ou visiteurs contaminĆ©s, des professionnels de santĆ© contagieux (soignants, infirmiers, brancardiers, docteurs…) ou de l’environnement ambiant de l’établissement. Ils peuvent ĆŖtre transmis par voies aĆ©riennes et respiratoires ou par contact physique, le plus souvent manuportĆ©e.Ā 

ƀ l’opposĆ©, les pathologies d’origine endogĆØne, les plus frĆ©quentes, correspondent Ć  une auto-infection. LesĀ germes dĆ©jĆ  prĆ©sents dans l’organisme du patient peuvent provoquer des infections Ć  des endroits diffĆ©rents. Elles sont favorisĆ©es par les actes chirurgicaux et autres dispositifs et opĆ©rations de soins tels que la pose de cathĆ©ter, de sonde urinaire ou encore d’endoscopes…

Infections associƩes aux soins : tous concernƩs !

Ā« Personne n’est Ć  l’abri d’une infection liĆ©e aux soins. Le risque zĆ©ro n’existe pas. DĆØs qu’il y a une intervention chirurgicale, il y a un danger qui peut ĆŖtre plus ou moins important selon le profil du patient Ā» explique le Dr Christine Fuhrmann, mĆ©decin biologiste et prĆ©sidente du comitĆ© de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) au Centre LĆ©on Berard.Ā 

Les patients les plus susceptibles de dĆ©velopper une infection liĆ©e aux soins sont ceux ayant une immunitĆ© diminuĆ©e (cancer, leucĆ©mie, sida, prise de mĆ©dicaments immunodĆ©presseurs….). Ce type de patients Ć©tant lĆ©gion dans les centres de cancĆ©rologie, les risques y sont plus nombreux.Ā 

La prĆ©sence de pathologies chroniques (diabĆØte, insuffisance rĆ©nale, cardiaque ou encore hĆ©patique…) et l’état de santĆ© gĆ©nĆ©ral de la personne (obĆ©sitĆ©, dĆ©nutrition, antibiorĆ©sistance…) sont Ć©galement des facteurs Ć  prendre en compte, tout comme celui de l’âge. Les IAS touchent le plus souvent les seniors de plus de 75 ans ou les enfants de moins de 5 ans.Ā 

Quels sont les risques encourus ?Ā 

Selon l’infection contractĆ©e par le patient, les consĆ©quences pour la santĆ© peuvent ĆŖtre plus ou moins importantes. Ā« C’est un Ć©vĆ©nement mal vĆ©cu par les patients Ć©videmment, mais Ć©galement par les soignants,Ā confie le Dr Christine Fuhrmann. Dans les cas les plus graves, il peut s’en suivre un sentiment de culpabilitĆ© difficile Ć  surmonter pour le personnel soignant.Ā Ā» On estime par ailleurs que plus le nombre de soignants par patient est Ć©levĆ©, plus le taux des infections contractĆ©es est faible.Ā Ā 

Les pathologies liĆ©es aux soins sont gĆ©nĆ©ralement causĆ©es par des micro-organismes (bactĆ©ries, virus, parasites et champignons). En fonction de leurs types et du profil du patient, les risques sont diffĆ©rents. Ils peuvent aller d’une simple prolongation d’hospitalisation Ć  une rĆ©-intervention chirurgicale ou encore d’une invaliditĆ© (temporaire voire permanente). Dans les cas les plus graves, la consĆ©quence est le dĆ©cĆØs.Ā 

Maladies liĆ©es aux soins : les habitudes Ć  prendre pour s’en prĆ©munir

RĆ©duire les risques de transmission des IAS et le nombre de victimes est un enjeu de santĆ© publique. Pour atteindre cet objectif, les bons gestes doivent ĆŖtre adopter par tous (personnels soignants, visiteurs, patients…).Ā 

Les conseils pour prƩvenir les IAS :

  • Assimiler les bonnes mesures d’hygiĆØne : propretĆ© des mains, utilisation de mouchoirs Ć  usage unique, stĆ©rilisation du matĆ©riel mĆ©dical etc.Ā 
  • Se laver ou se dĆ©sinfecter les mains le plus souvent possible. Dans la vie quotidienne (avant le repas, en sortant des toilettes et des lieux ou transports publics, aprĆØs avoir toussĆ© ou Ć©ternué…) et au sein d’ Ć©tablissements de santĆ©.Ā 
  • Respecter les consignes prĆ©-opĆ©ratoires, notamment la qualitĆ© de la douche opĆ©ratoire.
  • Porter un masque de protection en cas de symptĆ“mes de rejets par voies respiratoires (grippe, toux, Ć©ternuements, rhinites…).Ā 
  • Adopter un bon usage des antibiotiques pour limiter le risque de dĆ©velopper de l’antibiorĆ©sistance. Pour rappel, les antibiotiques ne sont efficaces que sur les bactĆ©ries et non sur les virus. Il faut ainsi Ć©viter l’automĆ©dication: la prescription d’antibiotique est mĆ©dicale et doit ĆŖtre suivie (dose et durĆ©e).
  • Opter pour la vaccination (professionnels de santĆ©, patients et leurs entourages) pour se protĆ©ger soi-mĆŖme et les autres.Ā 
  • Rester vigilant et communiquer autour de soi sur l’existence des infections associĆ©es aux soins et de leurs risques.Ā 

ƀ SAVOIRĀ 

Les infections associĆ©es aux soins sont plus frĆ©quentes dans les centres de lutte contre le cancer. Les patients y sont en effet plus fragiles. Conscient d’un risque infectieux Ć©levĆ©, leĀ Centre LĆ©on BĆ©rard dispose d’une Ć©quipe d’hygiĆØne spĆ©cialisĆ©e dans la lutte contre les IAS ainsi que deux instances d’experts dans la prĆ©vention et la lutte du risque infectieux (le ComitĆ© de Lutte contre les Infections Nosocomiales [CLIN] et le ComitĆ© Anti-Infectieux [CAI] ).

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DiplÓmée d'un master 2 de journaliste à l'Université Lyon II, Mélissa Gajahi a mis son talent de rédactrice et son esprit de synthèse au service du Groupe Ma Santé pendant près de trois ans, avant de partir exercer ses nombreux talents sous d'autres cieux journalistiques.

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