Œil qui pleure : pourquoi j’ai des larmes sans être triste ?

le 20 septembre 2026 à 11h06
Gros plan sur un œil laissant couler une larme sur la joue, illustrant un larmoiement excessif, aussi appelé épiphora.
Ce larmoiement, appelé épiphora lorsqu’il devient excessif, peut notamment être provoqué par une irritation de la surface de l’œil. ©gettyimages / Canva
Un œil qui pleure sans raison apparente peut être lié à une irritation, une sécheresse oculaire ou un mauvais drainage des larmes. Ce larmoiement excessif, appelé épiphora lorsqu’il déborde sur la joue, peut toucher un seul œil ou les deux. Quelles sont les causes possibles et quand faut-il consulter ? Éléments de réponses.
Sommaire

Rassurez-vous : même si vous pouviez en douter, une larme qui coule ne signifie pas forcément que vous êtes triste ou ému. Lorsqu’un œil pleure régulièrement, ce larmoiement peut avoir plusieurs causes.

Deux mécanismes sont principalement en jeu : une production excessive de larmes liée à une irritation, ou une mauvaise évacuation par les voies lacrymales. Allergie, sécheresse oculaire, conjonctivite, corps étranger, inflammation des paupières ou obstruction du canal lacrymal peuvent notamment être responsables.

Plus surprenant encore, un œil sec peut se mettre à pleurer davantage : l’irritation de sa surface déclenche alors une production réflexe de larmes.

Pourquoi mon œil pleure-t-il tout seul ?

Les larmes ne sont pas uniquement liées aux émotions. Elles sont produites en permanence pour humidifier, nourrir et protéger la surface de l’œil.

Sécrétées principalement par les glandes lacrymales, elles se répartissent sur la cornée et la conjonctive à chaque clignement. Elles sont ensuite évacuées par de petits orifices situés au coin interne des paupières, les points lacrymaux.

Les larmes passent alors par les canalicules, le sac lacrymal puis le canal nasolacrymal avant de rejoindre le nez. C’est d’ailleurs ce trajet qui explique pourquoi le nez peut couler lorsque l’on pleure beaucoup.

Le larmoiement apparaît lorsque cet équilibre est perturbé : soit la production augmente, soit l’évacuation devient insuffisante.

Qu’est-ce qu’un épiphora ?

Le terme médical utilisé lorsque les larmes deviennent excessives et peuvent déborder sur la joue est épiphora.

Il ne s’agit pas d’une maladie, mais d’un symptôme qui peut résulter d’une production excessive de larmes ou d’un mauvais drainage par les voies lacrymales. Plusieurs mécanismes peuvent parfois se combiner.

Les signes associés permettent souvent d’orienter la recherche de la cause : rougeur, démangeaisons, sensation de sable, brûlure, écoulement épais, atteinte d’un seul œil ou des deux, ou encore larmes qui coulent réellement sur la joue.

Un œil sec peut-il vraiment se mettre à pleurer ?

La sécheresse oculaire ne signifie pas forcément une absence totale de larmes. Elle peut être liée à une production insuffisante, à une mauvaise qualité du film lacrymal ou à une évaporation trop rapide.

Lorsque la surface de l’œil devient sèche et irritée, un larmoiement réflexe peut se déclencher pour tenter de la protéger. La personne peut donc avoir régulièrement les larmes aux yeux tout en souffrant de sécheresse oculaire.

Des picotements, brûlures, une sensation de sable, une fatigue oculaire, une vision momentanément brouillée, une gêne avec les lentilles ou une sensibilité au vent et à l’air sec peuvent également être présents. La sécheresse oculaire peut provoquer un larmoiement, notamment au vent, au froid ou pendant la lecture.

Pourquoi les yeux pleurent-ils davantage dehors ?

Le froid, le vent, la fumée ou l’air très sec peuvent accélérer l’évaporation du film lacrymal et irriter la surface de l’œil. En réaction, celui-ci produit davantage de larmes, un phénomène souvent plus marqué en cas de sécheresse oculaire.

Au printemps, les pollens peuvent également provoquer un larmoiement d’origine allergique.

Si l’exposition à une lumière intense s’accompagne de brûlures, de picotements ou d’une forte gêne oculaire, il peut aussi s’agir d’une photokératite, une atteinte de la cornée liée notamment aux rayons ultraviolets.

Une allergie peut-elle provoquer un larmoiement ?

Oui. La conjonctivite allergique et la rhinite allergique font partie des causes fréquentes.

Dans ce cas, les larmes s’accompagnent souvent de démangeaisons, de rougeurs ou d’une irritation de la conjonctive. Des éternuements, un nez bouché ou un écoulement nasal peuvent également apparaître.

Pollens, acariens, poussières ou autres allergènes peuvent être responsables. Un traitement antiallergique peut être proposé lorsque la cause est identifiée, mais il est préférable de ne pas utiliser de collyre au hasard, certains produits n’étant pas adaptés à toutes les pathologies oculaires.

Un rhume peut-il faire pleurer les yeux ?

Oui. Une infection des voies respiratoires supérieures, comme un rhume ou une rhinopharyngite, peut également provoquer un larmoiement.

Les voies lacrymales communiquent avec la cavité nasale. Lorsque les muqueuses sont fortement congestionnées, l’évacuation des larmes peut être temporairement perturbée.

Le symptôme disparaît généralement avec l’amélioration du rhume. S’il persiste longtemps après l’infection, en particulier lorsqu’un seul œil est concerné, un avis médical peut être utile.

Pourquoi un seul œil coule-t-il ?

Lorsque les deux yeux pleurent avec le vent, le froid ou une allergie, une irritation générale est relativement facile à envisager. Un larmoiement persistant d’un seul côté oriente davantage vers un problème local.

Un cil qui frotte sur la cornée, un corps étranger, une anomalie de la paupière, une inflammation, une infection ou une voie lacrymale rétrécie ou obstruée peuvent être en cause.

Chez l’adulte, le canal nasolacrymal peut notamment se rétrécir avec l’âge. Les larmes s’évacuent alors moins bien, s’accumulent à la surface de l’œil et finissent par déborder sur la joue.

Un larmoiement persistant d’un seul côté ne signifie donc pas nécessairement que le canal lacrymal est bouché, mais cette possibilité peut être recherchée par un ophtalmologue.

Comment savoir si le canal lacrymal est bouché ?

Le signe le plus évocateur est un larmoiement persistant avec des larmes qui s’accumulent puis coulent régulièrement sur la joue. L’obstruction peut se situer au niveau des points lacrymaux, des canalicules ou du canal nasolacrymal.

Lorsque les larmes stagnent, le sac lacrymal peut parfois s’infecter. Cette dacryocystite peut provoquer une zone rouge, douloureuse et gonflée près du coin interne de l’œil et de la racine du nez, parfois accompagnée d’un écoulement purulent.

L’ophtalmologue peut examiner les paupières et les points lacrymaux, puis vérifier la perméabilité des voies lacrymales. Dans certains cas, un liquide est injecté dans les canalicules afin de s’assurer qu’il rejoint correctement le nez.

Un œil qui pleure peut-il être lié à une conjonctivite ?

Oui. Une conjonctivite, qu’elle soit allergique ou infectieuse, peut irriter la surface de l’œil et stimuler la production de larmes.

Le larmoiement s’accompagne alors souvent d’un œil rouge, de démangeaisons, d’une sensation de brûlure ou d’écoulements. La nature des sécrétions peut orienter le diagnostic, mais ne suffit pas toujours à déterminer l’origine de la conjonctivite.

Un traitement antibiotique n’est donc pas systématiquement nécessaire. Un corps étranger, une kératite, une blépharite ou un cil orienté vers l’intérieur peuvent également irriter la cornée et déclencher un larmoiement réflexe.

Le port de lentilles peut-il favoriser les yeux qui pleurent ?

Oui. Les lentilles de contact peuvent favoriser la sécheresse et l’irritation de la surface oculaire, ce qui peut entraîner une production réflexe de larmes.

Une lentille mal positionnée, abîmée ou portée trop longtemps peut également provoquer une sensation de corps étranger.

Le port de lentilles peut devenir difficile à supporter en cas de sécheresse oculaire. En revanche, un porteur de lentilles présentant un œil rouge, douloureux ou une baisse de la vision doit consulter rapidement afin d’écarter une atteinte de la cornée responsable de l’apparition d’une kératoconjonctivite, une photokératite ou une l’uvéite.

Que faire lorsqu’un œil pleure constamment ?

Il n’existe pas de traitement unique, car la prise en charge dépend de la cause.

Lorsque le vent, la climatisation, la fumée ou le travail prolongé sur écran aggravent les symptômes, réduire l’exposition à ces facteurs peut aider en cas de sécheresse oculaire.

Des larmes artificielles peuvent également être utiles lorsque le larmoiement est lié à une mauvaise lubrification de la surface de l’œil. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, mieux hydrater l’œil peut diminuer la production réflexe de larmes.

En revanche, elles ne permettent pas de déboucher une voie lacrymale obstruée. Selon la localisation et la cause du problème, une irrigation, une dilatation des voies lacrymales ou parfois une intervention chirurgicale peuvent être nécessaires.

Mieux vaut donc éviter de multiplier les collyres sans avoir identifié l’origine d’un larmoiement chronique.

Quand consulter un ophtalmologue pour un œil qui pleure ?

Un larmoiement occasionnel provoqué par le vent, le froid ou une irritation passagère est généralement sans gravité. Une consultation est en revanche recommandée lorsqu’il persiste, devient gênant, entraîne un écoulement continu sur la joue ou concerne toujours le même œil sans cause évidente. Un gonflement près du coin interne de l’œil, des écoulements purulents ou des rougeurs répétées doivent également conduire à demander un avis médical.

Une prise en charge rapide est nécessaire si le larmoiement s’accompagne d’une baisse brutale de la vision, d’une douleur importante, d’une forte sensibilité à la lumière, d’un traumatisme, d’une projection de produit chimique, d’un corps étranger ayant pénétré dans l’œil ou de maux de tête importants associés à des vomissements ou à de la fièvre. Un œil rouge associé à une diminution de l’acuité visuelle constitue une urgence ophtalmologique.

Un œil qui pleure tout seul n’est donc pas forcément un œil qui produit trop de larmes. Il peut être trop sec, irrité ou incapable d’évacuer correctement le liquide lacrymal. Lorsque le phénomène devient persistant, en particulier d’un seul côté, identifier sa cause permet de distinguer un simple larmoiement réflexe d’une obstruction des voies lacrymales ou d’une autre atteinte oculaire.

À SAVOIR

Pendant des siècles, l’origine des larmes reste mal comprise et souvent associée aux humeurs ou au cerveau. Au XVIIe siècle, l’anatomiste danois Niels Stensen contribue à faire évoluer ces conceptions en décrivant avec précision les glandes et les voies lacrymales, notamment en 1662. Ses travaux participent ainsi à une compréhension plus anatomique et mécanique du larmoiement.

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Pier Paolo Walack
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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