Téléphone interdit au lycée : que risque vraiment un élève qui utilise son portable ?

le 25 août 2026 à 17h55
Une lycéenne utilise son téléphone pendant les heures de cours.
Les sanctions dépendront du règlement intérieur de chaque établissement et pourront donc varier d’un lycée à l’autre. © Magnific
C’est fait ! À la rentrée 2026, le téléphone portable sera officiellement interdit d’utilisation dans tous les lycées de France. La loi, promulguée par Emmanuel Macron le lundi 24 août, étend aux lycéens une règle qui concernait déjà les écoles et collèges. Mais concrètement, que risque un élève qui garde son smartphone avec lui ou décide tout de même de le sortir ? Eléments de réponse.
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Dans quelques jours, les lycéens devront apprendre à laisser leur téléphone tranquille pendant leur journée de cours. La loi du 24 août 2026 visant à protéger les mineurs des risques liés aux réseaux sociaux a été promulguée par Emmanuel Macron et publiée au Journal officiel le 25 août. Dès cette rentrée 2026, elle modifie le Code de l’éducation pour étendre aux lycées l’interdiction d’utiliser un téléphone portable ou tout autre équipement de communication électronique. Une interdiction déjà applicable dans les écoles et collèges.

Attention toutefois, avoir son téléphone sur soi n’est pas forcément interdit. C’est son utilisation qui l’est. Chaque lycée doit préciser dans son règlement intérieur comment cette règle sera appliquée et quelles exceptions seront autorisées.

Pourquoi interdire le téléphone au lycée ?

L’objectif n’est pas seulement d’empêcher les élèves de scroller pendant les cours. Le ministère de l’Éducation nationale présente cette interdiction comme une mesure destinée à favoriser la concentration et les apprentissages/ Mais aussi d’améliorer le climat scolaire et limiter certaines conséquences de l’omniprésence des écrans. 

Dans sa circulaire du 2 juillet 2026, il évoque notamment des enjeux liés au sommeil, à la sédentarité, à l’exposition à des contenus inappropriés ou encore au cyberharcèlement. L’idée est aussi de recréer des temps de pause sans écran pendant lesquels les élèves peuvent davantage échanger entre eux.

Que risque un lycéen qui sort quand même son téléphone ?

Le portable dans le sac n’est pas forcément de problème

Le smartphone ne devra pas nécessairement rester à la maison. Selon l’organisation retenue par l’établissement, il pourra par exemple être éteint et rangé dans le sac. Autres options, placé dans un casier ou conservé dans une pochette prévue à cet effet. Dans une circulaire publiée le 2 juillet 2026, le ministère de l’Éducation nationale avait demandé aux lycées d’anticiper cette nouvelle règle afin qu’elle puisse entrer en vigueur dès la rentrée.

Cela dit, des exceptions restent possibles. Le règlement intérieur peut notamment autoriser certains usages pédagogiques. Les élèves ayant besoin d’un appareil connecté en raison d’un handicap ou pour leur santé pourront également continuer à l’utiliser dans les conditions prévues pour eux. C’est par exemple le cas de certains dispositifs permettant aux jeunes diabétiques de suivre leur glycémie depuis un smartphone.

Pas de passage au tribunal pour un portable sorti

Jeunes gens, pas de panique toutefois. Aucune amende n’est prévue pour un SMS envoyé en douce entre deux cours. Les conséquences restent du domaine scolaire et doivent être adaptées et proportionnées au comportement de l’élève. Le Code de l’éducation permet notamment la confiscation du téléphone, selon les modalités prévues dans le règlement intérieur de l’établissement. Celui-ci doit également préciser comment et quand l’appareil sera rendu.

Une punition scolaire peut aussi être décidée. Selon Service-Public.fr, elle peut notamment prendre la forme d’un devoir supplémentaire. A envisager également, une retenue ou, dans certaines circonstances, d’une exclusion ponctuelle d’un cours. Il n’existe donc pas de sanction nationale automatique. Sortir son téléphone ne signifie pas systématiquement une heure de colle. La réponse dépendra des faits et des règles adoptées par le lycée.

Des sanctions plus lourdes en cas de récidive

La situation peut toutefois se corser en cas de manquements répétés ou plus graves. Un élève qui refuse régulièrement de ranger son téléphone malgré les rappels à l’ordre peut faire l’objet d’une procédure disciplinaire.

L’échelle des sanctions prévue par le Code de l’éducation va alors de l’avertissement au blâme, en passant par la mesure de responsabilisation et l’exclusion temporaire. Cette dernière peut atteindre huit jours ouvrables. Les sanctions les plus importantes restent réservées aux comportements les plus graves. On est donc très loin d’une exclusion définitive pour un simple coup d’œil à son écran.

L’utilisation faite du téléphone compte également. Filmer quelqu’un sans son accord ou utiliser son smartphone dans le cadre de faits de cyberharcèlement ne relève évidemment plus du simple portable sorti au mauvais moment.

Une rentrée qui s’annonce serrée pour les établissements

La mesure arrive néanmoins rapidement. Chaque lycée doit intégrer les modalités de l’interdiction et ses éventuelles exceptions dans son règlement intérieur, avec une organisation qui peut varier selon les établissements. Le gouvernement justifie notamment cette mesure par la volonté de préserver la concentration et les apprentissages, mais aussi de limiter certaines conséquences d’un usage excessif des écrans chez les adolescents.

Selon une enquête interne du ministère de l’Éducation nationale menée en janvier 2026, 28 % des lycées avaient déjà mis en place un dispositif équivalent à « Portable en pause », avant même sa généralisation. À la rentrée, le portable ne sera donc pas forcément banni du cartable. Mais pour le sortir, mieux vaudra connaître les règles de son lycée : la petite vérification discrète des notifications pourrait désormais finir… dans le bureau du CPE.

À SAVOIR 

L’interdiction ne concerne pas seulement les smartphones. Les montres connectées et, plus largement, les équipements permettant des communications électroniques sont également concernés par la mesure au lycée. Le ministère parle explicitement des « autres objets connectés » : la montre au poignet ne constitue donc pas forcément une porte de sortie pour consulter discrètement ses notifications.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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