C’est le cauchemar de nos ados à la rentrée… Après quelques semaines de répit pendant les vacances, voilà que les boutons refont leur apparition au moment de reprendre le chemin de l’école ou du travail. Front, menton, joues, dos… Les poussées d’acné sont fréquentes à la fin de l’été et le soleil n’y est pas étranger. Mais il n’est pas le seul responsable. Stress de la rentrée, changements de rythme, hormones ou encore nouvelles habitudes de soins peuvent également réveiller une peau acnéique. Le problème, c’est que vous aviez peut-être cru le problème réglé. En juillet, quelques boutons. En août, presque plus rien. La peau semblait plus nette, le teint plus uniforme et les imperfections beaucoup moins visibles. Puis arrive septembre et, en quelques jours, les boutons reviennent parfois en nombre. Au secours !!!
Ce scénario est loin d’être exceptionnel. L’acné est une maladie inflammatoire du follicule pilosébacé qui évolue naturellement par poussées. Elle concerne environ 80 % des adolescents et jeunes adultes âgés de 12 à 20 ans. Et contrairement à une idée encore largement répandue, elle ne disparaît pas forcément avec le bac en poche. Environ 25 % des femmes adultes seraient également concernées par une acné persistante ou apparue à l’âge adulte. Alors pourquoi la rentrée semble-t-elle parfois sonner le retour des boutons ? Plusieurs mécanismes peuvent se superposer, à commencer par un phénomène assez trompeur qui débute plusieurs semaines auparavant, lorsque l’on profite justement du soleil.
Le soleil, ce faux ami de l’acné
Des boutons à tous les rayons
C’est l’un des pièges de l’été. Après quelques jours au soleil, certaines personnes constatent que leur peau paraît plus belle. Les boutons rouges semblent moins visibles et le bronzage masque une partie des imperfections. De quoi donner envie de conclure que le soleil « soigne » l’acné. C’est pourtant tout l’inverse ! Pourquoi ? Parce que l’exposition solaire entraîne un épaississement de l’épiderme. La peau se défend en quelque sorte contre les rayons ultraviolets en augmentant l’épaisseur de sa couche superficielle. Or cette réaction peut favoriser l’obstruction des pores.
Pour comprendre ce qui se passe, il faut regarder sous la surface de la peau. L’acné se développe au niveau des follicules pilosébacés, constitués notamment d’un poil et d’une glande sébacée. Cette dernière fabrique le sébum, une substance grasse indispensable à la protection de la peau. Chez une personne acnéique, ce sébum est produit en excès et devient plus épais. Dans le même temps, des cellules mortes peuvent s’accumuler à l’entrée du follicule. Le pore se bouche progressivement. Apparaissent alors les comédons ouverts, que l’on appelle communément points noirs, et les comédons fermés ou points blancs. Une inflammation peut ensuite transformer ces lésions en boutons rouges, pustules ou, dans les formes les plus importantes, en nodules plus profonds.
Le fameux « effet rebond » après l’été
Pendant l’exposition au soleil, l’épaississement de l’épiderme peut donc masquer temporairement une partie du problème tout en favorisant la formation de nouveaux comédons.
Lorsque les expositions diminuent à la fin des vacances et que la couche superficielle de la peau retrouve progressivement son état habituel, les lésions qui se sont constituées peuvent devenir plus visibles. C’est ce qui explique en partie ces poussées d’acné observées après une période d’exposition solaire.
À la rentrée, le stress peut aussi s’en mêler
Le calendrier n’explique évidemment pas à lui seul une poussée de boutons. La rentrée correspond aussi à une période particulière pour l’organisme. Reprise des cours ou du travail, nouveaux horaires, transports, examens à venir, changement d’établissement, retour des contraintes quotidiennes… Septembre peut marquer une rupture assez nette avec le rythme des vacances.
Le stress est régulièrement cité parmi les éléments susceptibles d’accompagner ou d’aggraver les poussées chez certaines personnes. La relation n’est toutefois pas aussi simple que « je suis stressé, donc j’ai des boutons ». L’acné est une maladie multifactorielle dans laquelle interviennent notamment la production de sébum, l’obstruction du follicule pilosébacé, l’inflammation et les hormones.
Le stress peut aussi avoir des conséquences très concrètes sur les comportements. En période de stress, certaines personnes ont davantage tendance à toucher, gratter ou presser leurs boutons. Or ces manipulations irritent la peau et peuvent aggraver les lésions. Une mauvaise habitude d’autant plus tentante à la rentrée, lorsque l’apparition d’un bouton sur le visage devient une source supplémentaire de préoccupation.
Les hormones restent au cœur de l’acné
L’âge ingrat porte parfois bien son nom
Cela dit, chez les adolescents, le retour des boutons en septembre peut simplement s’inscrire dans l’évolution naturelle de l’acné. La puberté entraîne une augmentation de l’activité hormonale. La testostérone, présente chez les garçons comme chez les filles, stimule les glandes sébacées et augmente la production de sébum. La peau devient alors plus grasse et plus favorable au développement de lésions d’acné.
Concrètement, l’acné apparaît souvent vers 12 ou 13 ans chez les filles et 14 ou 15 ans chez les garçons. Les antécédents familiaux ont également leur importance. Une acné chez les parents, frères ou sœurs est associée à un risque d’apparition plus précoce et de formes plus sévères. Et le problème ne concerne pas uniquement les adolescents.
Chez les femmes adultes, une poussée peut aussi être hormonale
Une acné peut persister après l’adolescence ou apparaître pour la première fois à l’âge adulte. Chez les femmes notamment, les fluctuations hormonales peuvent jouer un rôle important.
Une acné qui apparaît brutalement ou qui s’accompagne d’autres symptômes mérite toutefois d’être signalée au médecin. Des règles irrégulières ou absentes, une pilosité excessive, une chute de cheveux ou d’autres signes d’excès d’androgènes peuvent conduire à rechercher une cause hormonale, notamment un syndrome des ovaires polykystiques.
Certains médicaments peuvent également favoriser ou aggraver des lésions ressemblant à de l’acné. C’est notamment le cas de certains corticoïdes, traitements antiépileptiques, sels de lithium, antidépresseurs ou encore certaines contraceptions contenant des progestatifs à activité androgénique.
Quand la guerre des boutons tourne au carnage
Alors, bien sûr, à la rentrée, la tentation est grande de déclarer la guerre aux boutons. Nettoyage intensif, gommage, masque purifiant, lotion alcoolisée et crème asséchante… La peau se retrouve parfois soumise à un véritable programme militaire. Et c’est rarement une bonne idée ! En effet, une peau acnéique n’est pas une peau « sale ». La laver de manière agressive ne permet donc pas de supprimer la cause de l’acné. Au contraire, les produits trop décapants peuvent irriter une peau déjà inflammatoire.
Il est donc recommandé un nettoyage matin et soir, sans frotter, avec un produit doux dont le pH est proche de celui de la peau. Les produits antiseptiques, alcoolisés ou fortement dégraissants sont déconseillés car ils peuvent être irritants et sensibilisants. Les gommages sont également à éviter pendant une poussée. Même logique avec les cosmétiques. Mieux vaut privilégier des produits non comédogènes, c’est-à-dire conçus pour ne pas favoriser l’obstruction des pores. Pour le maquillage, les produits à base d’eau sont à privilégier et le démaquillage du soir reste indispensable.
Faut-il changer son alimentation pour faire disparaître les boutons ?
Chocolat, charcuterie, fromage, lait, sucre… Peu de problèmes de peau ont généré autant d’interdits alimentaires que l’acné. Les données sont pourtant beaucoup moins catégoriques. En effet, le rôle d’une consommation importante de produits laitiers et surtout de produits sucrés dans l’apparition ou l’aggravation de l’acné reste débattu. Aucun régime alimentaire précis n’est actuellement recommandé pour traiter l’acné.
Il n’y a donc pas lieu de supprimer arbitrairement une longue liste d’aliments à la rentrée dans l’espoir de retrouver une peau nette en quelques jours. Une alimentation équilibrée reste évidemment recommandée pour la santé générale. Mais elle ne remplace pas un véritable traitement lorsqu’une acné nécessite une prise en charge médicale.
Les bons réflexes quand les boutons reviennent
Premier conseil, ne pas essayer de tout changer en même temps. Une routine simple est généralement préférable. Nettoyer doucement la peau matin et soir, utiliser une crème hydratante adaptée et non comédogène, conserver une protection solaire élevée en cas d’exposition et éviter de manipuler les boutons constituent une bonne base.
Il faut surtout résister à l’envie de percer les boutons. En pressant une lésion inflammatoire, on augmente l’irritation et le risque de lésions plus profondes. Or les cicatrices définitives sont notamment favorisées par une inflammation importante, profonde ou persistante et par la manipulation des lésions. Pour une acné légère à modérée, un pharmacien peut également conseiller une prise en charge adaptée. Du peroxyde de benzoyle sous forme de gel est notamment disponible sans ordonnance en France.
Quand faut-il consulter un médecin ou un dermatologue ?
Quelques boutons isolés après les vacances ne nécessitent pas forcément une consultation immédiate. En revanche, une acné qui s’étend, résiste aux soins adaptés, devient douloureuse ou entraîne l’apparition de nodules et de cicatrices mérite un avis médical. Il ne faut pas non plus minimiser son impact psychologique. De fait, l’acné peut altérer l’image de soi, la qualité de vie et les relations sociales. Une prise en charge médicale est donc recommandée lorsqu’elle provoque une souffrance psychosociale, quelle que soit sa sévérité visible.
Les traitements dépendent ensuite du type et de la gravité de l’acné. Pour les formes légères à modérées, des traitements locaux comme le peroxyde de benzoyle ou certains rétinoïdes peuvent être proposés. Des antibiotiques par voie orale peuvent être utilisés dans certaines formes inflammatoires. L’isotrétinoïne est réservée aux acnés sévères ou très sévères selon des conditions précises et avec une surveillance médicale particulière. Et il faut être patient. Pourquoi ? Parce que les premiers résultats d’un traitement ne sont généralement visibles qu’après au moins deux mois. Le traitement d’attaque est habituellement poursuivi trois mois avant d’en évaluer pleinement l’efficacité et un traitement d’entretien peut ensuite durer plusieurs mois. Bon courage..
À SAVOIR
L’acné est souvent confondue avec la rosacée, avec des papules et des pustules assez semblables aux boutons d’acné. Or, la rosacée concerne essentiellement des adultes âgés de 30 à 60 ans, alors que l’acné est favorisée par les peaux mixtes à grasses à l’adolescence. Vous avez un doute sur l’origine de vos boutons ? N’hésitez pas à en parler à votre médecin traitant, voire à votre pharmacien.





