La tombe fleurie d'une femme décédée des suites d'une maladie cardiovasculaire.
Chaque année, 150 000 personnes meurent d'une maladie cardiovasculaire, 120 000 personnes déclarent un infarctus du myocarde et 500 000 autres sont atteints d'insuffisance cardiaque. © Freepik

Infarctus, AVC, embolies… Les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité chez les femmes en France. Pourtant on continue de penser que le cœur est un problème d’hommes. En conséquence, des symptômes mal identifiés, des diagnostics tardifs et une prévention encore insuffisante. 

En France, près de 200 femmes meurent chaque jour d’une maladie cardiovasculaire, soit une toutes les sept minutes, selon les données de Santé publique France et de la Fédération française de cardiologie. Cela représente environ 72 000 décès féminins chaque année, faisant de ces pathologies la première cause de mortalité chez les femmes.

Infarctus du myocarde (crise cardiaque), accidents vasculaires cérébraux (AVC), insuffisance cardiaque, embolie pulmonaire… Toutes ont en commun d’affecter la circulation du sang et l’oxygénation des organes. Et si ces maladies tuent davantage de femmes que les hommes, elles restent pourtant largement perçues comme un problème masculin.

Dans l’imaginaire collectif, l’infarctus reste en effet souvent associé à l’image d’un homme d’une cinquantaine d’années, stressé et surmené. Une image héritée d’une époque où la recherche médicale et les campagnes de prévention étaient majoritairement centrées sur les hommes.

Cette représentation erronée a des conséquences très concrètes. De nombreuses femmes ne se sentent pas concernées par les maladies cardiaques.

Selon la Fédération française de cardiologie, une majorité de femmes pensent encore que le cancer du sein constitue leur premier risque de mortalité, alors que les maladies cardiovasculaires provoquent nettement plus de décès.

Cette méconnaissance retarde souvent la réaction face aux premiers symptômes. Lorsqu’un infarctus survient, les femmes consultent en moyenne plus tardivement que les hommes, ce qui diminue les chances d’une prise en charge rapide.

Or, dans le cas d’un infarctus, chaque minute compte. L’obstruction d’une artère empêche le sang d’atteindre une partie du muscle cardiaque. Plus l’intervention médicale est rapide, plus les dégâts peuvent être limités.

Les signes d’alerte d’un infarctus ne sont pas toujours les mêmes chez les femmes et chez les hommes. Pour beaucoup, la crise cardiaque se manifeste par une douleur violente dans la poitrine irradiant dans le bras gauche. Ce scénario correspond bien aux symptômes classiques observés chez de nombreux patients masculins.

Chez les femmes, les manifestations peuvent être plus diffuses et moins spectaculaires, ce qui complique leur reconnaissance :

  • un essoufflement inhabituel
  • une fatigue intense et soudaine
  • des nausées ou des vomissements
  • une douleur dans le dos, la mâchoire ou l’estomac
  • une sensation d’oppression thoracique plus discrète

Ces symptômes atypiques peuvent conduire à sous-estimer la gravité de la situation, tant pour les patientes que pour les professionnels de santé.

Pendant longtemps, la recherche médicale a étudié majoritairement des populations masculines. Jusqu’aux années 1990, de nombreuses études cliniques incluaient peu de femmes, notamment parce que les chercheurs craignaient que les variations hormonales compliquent l’analyse des résultats. 

Les connaissances sur les spécificités cardiovasculaires féminines se sont développées plus tardivement. Et aujourd’hui encore, certaines différences restent mal connues.

Par exemple, les femmes présentent plus fréquemment des atteintes des petites artères coronaires, difficiles à détecter avec les examens classiques. Selon la Société européenne de cardiologie, ces formes particulières de maladie cardiaque peuvent expliquer certains infarctus chez des patientes dont les artères semblent pourtant normales lors des examens.

Les facteurs de risque cardiovasculaire sont globalement les mêmes chez les femmes et chez les hommes : tabagisme, hypertension artérielle, diabète, cholestérol élevé ou encore sédentarité.

Mais certains éléments concernent plus particulièrement les femmes. Parmi eux :

Selon l’Inserm, les hormones féminines exercent un effet protecteur sur les vaisseaux sanguins avant la ménopause. Après cette période, le risque cardiovasculaire augmente progressivement.

Cela explique que les maladies cardiaques surviennent en moyenne plus tard chez les femmes, souvent après 60 ans. Mais lorsqu’elles apparaissent, elles peuvent être plus sévères, notamment en raison du retard diagnostique.

Selon l’OMS, environ 80 % des infarctus et des AVC prématurés sont liés à des facteurs de risque modifiables, comme le tabagisme, l’alimentation ou l’activité physique. En France, plusieurs initiatives cherchent aujourd’hui à renforcer cette prévention auprès des femmes.

L’une des plus visibles est le programme « Agir pour le Cœur des Femmes », lancé par la Fondation Agir pour le Cœur des Femmes avec le soutien de cardiologues et de gynécologues. Ce dispositif propose notamment des campagnes de dépistage et d’information dans différentes villes françaises.

Les médecins insistent également sur quelques mesures simples mais efficaces :

  • arrêter le tabac
  • pratiquer une activité physique régulière
  • surveiller la tension artérielle et le cholestérol
  • adopter une alimentation équilibrée
  • consulter rapidement en cas de symptôme inhabituel

Depuis quelques années, les institutions de santé tentent de corriger ce déséquilibre. L’Inserm, la Haute Autorité de santé (HAS) et la Fédération française de cardiologie encouragent désormais la prise en compte des différences entre les sexes dans les études médicales et les recommandations cliniques.

À SAVOIR 

Selon Santé publique France, le risque d’infarctus du myocarde est environ multiplié par trois chez les femmes qui fument, et l’association tabac + pilule contraceptive augmente encore ce risque. Le tabagisme accélère en effet le vieillissement des artères et favorise la formation de caillots sanguins. 

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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