Une femme qui bave sur son oreiller en dormant profondément.
Baver en dormant est tout à fait normal. Sauf dans certaines circonstances. ©  Freepik

Au réveil, l’oreiller humide arrache parfois un sourire gêné. Pourtant, vous êtes loin d’être le seul (ou la seule !) à baver en dormant. Mais dans certains cas, cette petite flaque nocturne peut révéler un trouble du sommeil ou une respiration perturbée. Alors pourquoi bave-t-on la nuit ? Et faut-il s’en inquiéter ? Décryptage.

Il y a les ronfleurs, les dormeurs agités… et ceux qui bavent la nuit. La salivation nocturne, appelée sialorrhée, correspond simplement à l’écoulement de salive. Rien de très glamour, mais un phénomène tout à fait courant.

Pendant la nuit, le corps fonctionne au ralenti. Les muscles se relâchent, y compris ceux du visage et de la mâchoire. Cette détente musculaire peut favoriser l’ouverture de la bouche et laisser la salive s’écouler doucement sur l’oreiller.

En journée, nous avalons notre salive de manière automatique. Un adulte produit en moyenne entre 0,5 et 1,5 litre de salive par jour. La plupart du temps, ce liquide est dégluti sans que l’on s’en rende compte. Mais la nuit, les mécanismes de déglutition sont moins actifs. Si la bouche reste entrouverte, la salive peut simplement couler.

La position de sommeil est aussi un déterminant. Dormir sur le côté ou sur le ventre facilite mécaniquement l’écoulement de la salive vers l’extérieur. Sur le dos, au contraire, elle reste généralement dans la bouche et est avalée.

Normalement, nous respirons par le nez pendant le sommeil. Mais lorsque les voies nasales sont obstruées par un rhume, des allergies ou une déviation de la cloison nasale, l’organisme s’adapte et respire par la bouche.

Or, lorsque la bouche reste ouverte pendant plusieurs heures, la salive a davantage tendance à s’échapper.

Plusieurs situations peuvent favoriser cette respiration buccale :

  • un nez bouché (rhume, sinusite, allergies)
  • une déviation de la cloison nasale
  • des amygdales volumineuses, notamment chez les enfants
  • certaines malpositions de la mâchoire

La Haute Autorité de santé (HAS) rappelle que la respiration nasale est essentielle au bon fonctionnement des voies respiratoires, car elle permet de filtrer, humidifier et réchauffer l’air inspiré. Lorsque la respiration se fait par la bouche, ces mécanismes protecteurs sont moins efficaces.

La quantité de salive peut aussi varier selon les phases du sommeil. Durant le sommeil profond, l’activité musculaire est particulièrement réduite. Les muscles de la mâchoire se relâchent davantage, ce qui peut favoriser l’ouverture de la bouche.

Selon la Société française de recherche et médecine du sommeil (SFRMS), le sommeil est composé de cycles alternant sommeil léger, sommeil profond et sommeil paradoxal. C’est pendant ces phases profondes que le tonus musculaire diminue le plus.

La bouche peut donc s’entrouvrir sans que l’on s’en aperçoive. Dans ce cas, baver pendant la nuit est simplement le signe d’un sommeil profond et réparateur.

Baver en dormant : signe d’apnée du sommeil ? 

Si baver occasionnellement est banal, une salivation très abondante et régulière peut parfois être associée à un trouble du sommeil. Le plus connu est l’apnée obstructive du sommeil.

Ce trouble se caractérise par des pauses respiratoires répétées pendant la nuit. Selon l’Inserm, l’apnée du sommeil touche plusieurs millions de personnes en France, dont beaucoup l’ignorent.

Ces pauses respiratoires provoquent des micro-réveils et perturbent la respiration normale. Les personnes concernées respirent souvent par la bouche, ce qui favorise l’écoulement de salive.

D’autres signes peuvent accompagner l’apnée du sommeil :

Dans de rares cas, un problème neurologique

Plus rarement, une salivation excessive peut être liée à une difficulté à contrôler la déglutition. Certaines maladies neurologiques, comme la maladie de Parkinson ou certains troubles neuromusculaires, peuvent entraîner une accumulation de salive dans la bouche.

Dans ces situations, la salive n’est pas produite en plus grande quantité, elle est simplement moins bien avalée.

La sialorrhée observée dans ces maladies est liée à un trouble du contrôle musculaire de la déglutition. Mais ces cas restent rares et s’accompagnent généralement d’autres symptômes :   

  • difficultés à avaler ou sensation que les aliments passent mal
  • fausses routes ou toux en avalant
  • troubles de la parole ou voix modifiée
  • raideur ou lenteur des mouvements, notamment dans la maladie de Parkinson
  • faiblesse des muscles du visage ou de la bouche

Dans ces situations, la salivation excessive n’est généralement qu’un symptôme parmi d’autres, et s’inscrit dans un tableau neurologique plus large.

Certains médicaments peuvent aussi jouer un rôle

Certains médicaments peuvent augmenter la production de salive ou modifier la déglutition. C’est notamment le cas de certains :

  • neuroleptiques
  • sédatifs
  • traitements utilisés dans certaines maladies neurologiques

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) indique que la sialorrhée peut figurer parmi les effets indésirables de certains traitements. Si ce phénomène apparaît après le début d’un médicament, il peut être utile d’en parler à un professionnel de santé.

Dans la grande majorité des cas, baver en dormant n’a rien d’inquiétant. Il peut simplement s’agir :

  • d’une position de sommeil particulière
  • d’un rhume ou d’un nez bouché
  • d’une respiration par la bouche temporaire

En revanche, il peut être utile de consulter si la salivation nocturne s’accompagne de :

  • ronflements importants
  • fatigue inhabituelle dans la journée
  • réveils fréquents la nuit
  • maux de tête matinaux

Ces signes peuvent orienter vers un trouble du sommeil, notamment l’apnée. Un médecin peut alors proposer un enregistrement du sommeil, appelé polysomnographie, afin d’analyser la respiration et les cycles de sommeil.

À SAVOIR 

La salive aide à protéger les dents, faciliter la digestion et limiter la prolifération des bactéries dans la bouche.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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