
Pоur beaucоup de cоuples, le prоjet d’avоir un enfant s’inscrit naturellement dans leurs plans de vie․ Lоrsqu’un cancer survient, cette perspective est sоuvent mise de côté, laissant place aux traitements et à la priоrité de guérir․ Une fоis cette étape franchie, plusieurs questiоns se pоsent : les traitements оnt-ils impacté la fertilité ? Est-il encоre pоssible d’avоir une grоssesse ? Peut-оn cоncevоir naturellement оu faut-il envisager d’autres оptiоns ? Explicatiоns․
Vous avez traversé un cancer. Pendant des semaines, des mois, parfois plusieurs années, votre quotidien a été rythmé par les consultations médicales, les examens, les traitements et l’incertitude. Toute votre énergie était alors tournée vers un seul objectif : guérir. Puis vient le temps de la rémission, celui où les rendez-vous à l’hôpital s’espacent progressivement et où l’avenir redevient peu à peu envisageable.
C’est souvent à ce moment-là que ressurgissent des projets qui avaient été mis entre parenthèses par la maladie. Parmi eux, le désir d’avoir un enfant occupe une place particulière.
Pourtant, cette envie s’accompagne souvent de nombreuses interrogations. Les traitements ont-ils altéré ma fertilité ? Pourrai-je concevoir naturellement ? Une grossesse est-elle possible après un cancer ? Existe-t-il des solutions si mes capacités reproductives ont été affectées ? Ces questions concernent aussi bien les femmes que les hommes.
Elles sont légitimes et touchent chaque année des milliers de personnes confrontées à la maladie, souvent à un âge où les projets familiaux occupent une place importante dans leur vie.
Des traitements cоntre le cancer dоnt le principal risque impacte la fertilité
Chez les femmes
Les traitements anticancéreux permettent aujourd’hui de guérir ou de contrôler un nombre croissant de cancers. Toutefois, certains d’entre eux peuvent avoir des conséquences sur la capacité à concevoir un enfant. Ces effets varient selon le type de cancer, les traitements utilisés, les doses administrées et l’âge du patient au moment de la prise en charge.
Chez les femmes, certains traitements peuvent réduire la réserve ovarienne, c’est-à-dire le stock d’ovocytes disponible pour une future grossesse. La chimiothérapie, notamment certaines molécules particulièrement toxiques pour les ovaires, peut entraîner une insuffisance ovarienne prématurée ou une ménopause précoce.
La radiothérapie réalisée au niveau du bassin peut également endommager les ovaires, les trompes de Fallope ou l’utérus. Dans certains cas, certaines interventions chirurgicales touchant les organes reproducteurs peuvent également avoir un impact sur la fertilité.
Chez les hommes
Chez les hommes, les traitements peuvent perturber la production des spermatozoïdes. La chimiothérapie peut altérer temporairement ou durablement la qualité du sperme, tandis que la radiothérapie au niveau des testicules ou du bassin peut entraîner une diminution importante, voire une disparition de la production de spermatozoïdes.
Certaines interventions chirurgicales peuvent également avoir un impact sur la fertilité, notamment lorsqu’elles concernent les testicules, la prostate, la vessie, le rectum ou certains ganglions situés dans l’abdomen. Selon la zone opérée et l’étendue de l’intervention, ces chirurgies peuvent affecter la production, le transport ou l’éjaculation des spermatozoïdes.
Préserver ses chances de devenir parent
Face à ces risques, il est essentiel d’aborder la question de la fertilité dès l’annonce du diagnostic. Lorsque cela est possible, des solutions de préservation peuvent être proposées avant le début des traitements du cancer.
Chez les femmes, la conservation d’ovocytes ou d’embryons représente aujourd’hui la stratégie la plus fréquemment utilisée. Dans certaines situations, notamment chez les jeunes patientes, une conservation du tissu ovarien peut également être envisagée. Pour certaines radiothérapies pelviennes, il est parfois possible de déplacer chirurgicalement les ovaires afin de les protéger de l’irradiation.
Chez les hommes, la congélation du sperme dans un centre spécialisé constitue la méthode de référence. Lorsque le recueil de spermatozoïdes n’est pas possible, d’autres techniques peuvent être envisagées au cas par cas par les équipes médicales.
Peut-on avoir un enfant après un cancer ?
Dans de nombreux cas, un projet parental reste possible après la fin des traitements. Une fois la rémission obtenue, un bilan médical permet d’évaluer les capacités reproductives du patient et d’envisager les différentes options disponibles.
Certaines personnes retrouvent naturellement leur fertilité, tandis que d’autres peuvent bénéficier d’une assistance médicale à la procréation (AMP), notamment lorsque des gamètes ou des embryons ont été conservés avant les soins. Les techniques utilisées peuvent inclure l’insémination artificielle ou la fécondation in vitro selon les situations.
Par ailleurs, une contraception adaptée reste souvent nécessaire pendant et après les traitements. Le délai recommandé avant d’envisager une grossesse dépend de nombreux facteurs et doit toujours être discuté avec l’équipe médicale.
Parentalité après un cancer : d’autres chemins pour construire une famille
L’impossibilité de concevoir un enfant biologiquement ne signifie pas pour autant la fin d’un projet parental. Après un cancer, d’autres solutions peuvent permettre de devenir parent et de construire une famille. Si ces parcours sont parfois différents de ceux initialement imaginés, ils répondent au même désir de transmission, d’engagement et d’accueil d’un enfant.
Voici les principales alternatives :
- Le don de gamètes : le don de gamètes permet de réaliser un projet parental grâce à l’intervention d’un tiers donneur. L’enfant ne partage alors pas nécessairement le patrimoine génétique de l’un ou des deux parents. Cette démarche, strictement encadrée, nécessite souvent un accompagnement juridique et psychologique pour aider à construire le projet familial au-delà du lien biologique.
- L’adoption : elle permet de devenir parent grâce à une démarche volontaire et légalement encadrée. Souvent longue et exigeante, elle implique de répondre à plusieurs critères destinés à garantir le bien-être de l’enfant. Qu’elle soit nationale ou internationale, chaque procédure possède ses propres conditions et étapes administratives.
- La famille d’accueil : l’accueil d’un enfant au sein de son foyer, de façon temporaire ou durable, permet de s’investir concrètement dans un rôle parental. Bien distincte de l’adoption, cette démarche repose sur l’accompagnement, la protection et le soutien d’un enfant ayant besoin d’un environnement stable et sécurisant. Elle constitue une expérience humaine forte, fondée sur le lien, l’écoute et l’engagement au quotidien.
- La parentalité symbolique et l’engagement : au-delà de la parentalité, certaines personnes choisissent de transmettre autrement à travers le mentorat, le bénévolat ou l’engagement associatif. Ces démarches permettent d’accompagner, de guider et de soutenir les générations plus jeunes. Elles offrent ainsi une autre manière de créer des liens durables et de donner du sens à son désir de transmission.
Un sujet à aborder le plus tôt possible
Au-delà des aspects médicaux, les questions liées à la fertilité et au désir d’enfant peuvent avoir un fort impact émotionnel. L’incertitude concernant un futur projet parental représente parfois une source importante d’anxiété au cours du parcours de soins.
C’est pourquoi l’accompagnement ne repose pas uniquement sur les oncologues et les spécialistes de la reproduction. Psychologues, sexologues et assistants sociaux peuvent également aider les patients à traverser cette période et à se projeter dans l’avenir.
Dès l’annonce du diagnostic, il est important de ne pas hésiter à poser la question à son équipe soignante : “quels sont les risques du traitement sur ma fertilité et quelles solutions existent pour la préserver ?” Plus ces démarches sont anticipées, plus les possibilités de préserver un projet parental futur sont importantes.
À SAVOIR
En 2003, la chanteuse américaine Anastacia voit sa carrière brutalement interrompue par un cancer du sein diagnostiqué à l’âge de 34 ans. Après une première guérison, elle reprend progressivement le chemin de la scène avant d’être confrontée à une récidive en 2013. Face à cette nouvelle épreuve, elle choisit de subir une double mastectomie afin de limiter le risque d’un nouveau développement de la maladie. Très tôt, l’artiste décide de témoigner publiquement de son expérience, contribuant à briser certains tabous autour de l’après-cancer. Cette épreuve transforme profondément sa vision de l’héritage et de la transmission, qu’elle ne limite plus à la seule parentalité ou aux projets personnels. Par son engagement auprès des patientes et ses prises de parole, Anastacia est devenue une figure inspirante pour de nombreuses femmes touchées par le cancer du sein.







