Odeur de brûlé, ciel voilé : les fumées respirées par les Lyonnais étaient-elles toxiques ?

le 28 juillet 2026 à 18h51
La pollution a envahi la ville de Lyon après les incendies de Gironde
La fumée venue des incendies de Gironde a mis Lyon dans le brouillard #P.Auclair
Les fumées des incendies qui ravagent la Gironde ont traversé la France jusqu'à atteindre la région lyonnaise. Pollution, odeurs de brûlé, risques pour la santé… Le point sur la situation avec Raphaël Desfontaines, délégué territorial d'Atmo Auvergne-Rhône-Alpes.
Sommaire

Depuis le 22 juillet, la Gironde est le théâtre d’un incendie hors norme. Attisé par la sécheresse et les fortes chaleurs, le feu a déjà ravagé plus de 42 000 hectares de végétation, détruit des habitations et contraint près de 220 000 personnes à évacuer. Mais ses conséquences ne s’arrêtent plus aux seules frontières du Sud-Ouest. Emporté par des vents d’ouest, l’immense panache de fumée a traversé plusieurs centaines de kilomètres jusqu’en Auvergne-Rhône-Alpes, provoquant un épisode de pollution aux particules fines. 

Dimanche 26 juillet, le Rhône et la métropole de Lyon ont été placés en vigilance pollution, tandis que de nombreux habitants ont signalé une odeur de brûlé et un ciel voilé. Les fumées girondines ont-elles vraiment brumé le ciel lyonnais ? Quels sont les risques pour la santé ? faut-il s’inquiéter ? Raphaël Desfontaines, délégué et correspondant territorial au sein d’Atmo (indicateur journalier de la qualité de l’air) Auvergne-Rhône-Alpes, répond à nos questions. 

Les fumées des incendies de Gironde ont touché Lyon dès dimanche

Les fumées des incendies de Gironde sont-elles réellement arrivées jusqu’à Lyon ?  

Oui. Les fumées issues des incendies de Gironde ont bien parcouru plusieurs centaines de kilomètres jusqu’en Auvergne-Rhône-Alpes et sont arrivées à Lyon. Toute la partie ouest de la région a d’ailleurs été placée en vigilance pollution en raison de cet apport de particules issues des incendies. Dimanche matin, ces fumées ont également été détectées à Lyon.

Nous l’avons constaté grâce à nos stations de mesure, mais aussi à travers de nombreux signalements d’habitants. Nous disposons d’une plateforme permettant de déclarer des nuisances olfactives, et beaucoup de Lyonnais ont signalé une forte odeur de brûlé liée aux incendies. Le ciel voilé observé ce week-end était lui aussi la conséquence de ces fumées. 

Les fumées aperçues à Lyon sont-elles aussi toxiques que celles respirées en Gironde ?

Il est difficile de répondre avec précision. Les fumées contiennent globalement les mêmes types de composés, mais leurs concentrations diminuent au fil du trajet, car elles se dispersent dans l’atmosphère.

Cela dit, dans l’ouest de la région, les niveaux de particules fines ont tout de même été suffisamment élevés pour justifier la mise en place d’une vigilance pollution. Quant à leur nature, ces particules sont comparables à celles que l’on retrouve lors des épisodes de pollution hivernale, notamment ceux liés à la combustion du bois pour le chauffage.

Santé : “les personnes les plus fragiles sont impactées”

Quels sont les impacts sur la santé ? 

Les effets sont comparables à ceux observés lors des épisodes de pollution hivernale à Lyon. Les personnes les plus fragiles, notamment celles qui souffrent déjà de maladies respiratoires ou cardiovasculaires, peuvent être davantage impactées par cette hausse des concentrations de particules fines. Elles peuvent ressentir une irritation de la gorge ou des yeux, une toux, une gêne respiratoire, voire un essoufflement si elles sont particulièrement sensibles. Pour ces personnes, il est donc recommandé de limiter autant que possible leur exposition.

Pour la population générale, en revanche, il n’y a pas d’inquiétude particulière. Par précaution, il peut toutefois être intéressant de reporter une activité sportive intense lorsque les concentrations de particules sont élevées. Sur le plan sanitaire, c’est surtout l’exposition chronique, répétée sur le long terme, qui est préoccupante. Les épisodes ponctuels sont généralement moins problématiques, même si les personnes vulnérables doivent rester vigilantes. Dans le cas présent, la période la plus sensible correspondait à la journée de samedi et à la matinée de dimanche.

Prévisions : “un retour des fumées n’est pas exclu”

Respirons-nous encore les fumées des incendies à Lyon aujourd’hui ? 

Non, plus de manière significative. Depuis dimanche après-midi, le panache de fumée s’est progressivement déplacé vers le sud de la France. Les concentrations ont donc fortement diminué en Auvergne-Rhône-Alpes, ce qui a permis de lever la vigilance pollution dès lundi.

Nos stations détectent encore ponctuellement de très faibles apports de fumées, mais ils restent limités. Aujourd’hui, la situation est revenue à un niveau normal pour la région. Cela dit, la situation reste évolutive. Les vents peuvent changer rapidement et, tant que les incendies restent actifs, un retour des fumées n’est pas totalement exclu. Nos prévisionnistes continuent donc de surveiller leur évolution de près.

À SAVOIR 

Les particules fines émises par un incendie de forêt ne disparaissent pas une fois le panache passé. En fonction des conditions météorologiques (vent, pluie, stabilité de l’air), elles peuvent rester en suspension dans la basse atmosphère pendant plusieurs jours, généralement entre 3 et 7 jours avant d’être dispersées par le vent ou lessivées par la pluie.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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