
Plus de 640 000 personnes sont décédées en France en 2024. Si les cancers et les maladies cardiovasculaires restent les deux principales causes de mortalité, les données publiées le 23 juin 2026 par le CépiDc-Inserm, la Drees et Santé publique France révèlent aussi l’impact croissant du vieillissement de la population et le poids persistant des accidents, des chutes et des suicides.
“Parmi la population qui réside en France, 641 046 personnes sont décédées en 2024 sur le territoire, soit 4 000 décès de plus qu’en 2023”, selon la Drees. Chaque année, les certificats de décès complétés par les médecins racontent aussi l’histoire de la santé des Français. Ils révèlent les maladies les plus meurtrières, celles qui perdent du terrain, les populations les plus exposées et les enjeux qui attendent le système de santé dans les prochaines décennies.
Le 23 juin 2026, le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc) de l’Inserm, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et Santé publique France ont publié leur bilan des causes de décès en France pour l’année 2024. Et cette année encore, les cancers demeurent la première cause de mortalité dans le pays, devant les maladies cardio-neurovasculaires. Mais l’évolution démographique française modifie progressivement le paysage sanitaire, avec une population toujours plus âgée et davantage de décès liés aux pathologies du grand âge.
Plus de 640 000 décès enregistrés en une année
En 2024, près de 641 046 décès ont été recensés en France. Ce chiffre reste élevé et poursuit la tendance observée depuis plusieurs années. Cette augmentation ne signifie pas nécessairement que les Français meurent davantage de maladies graves qu’auparavant. Elle reflète surtout une transformation démographique profonde. Les générations nombreuses du baby-boom atteignent désormais des âges où la mortalité devient naturellement plus fréquente.
Autrement dit, même lorsque les progrès médicaux permettent de réduire le risque de mourir d’un cancer ou d’un infarctus à âge égal, le nombre total de décès peut continuer d’augmenter parce que la population vieillit. Selon l’Inserm, la Drees et Santé publique France, cette dynamique devrait se poursuivre dans les prochaines décennies.
De quoi meurt-on en france aujourd’hui ?
Les cancers restent la première cause de décès
Comme c’est le cas depuis plusieurs décennies, les cancers occupent la première place du classement des causes de décès en France. Ils représentent environ un quart de l’ensemble des décès enregistrés en 2024. Cette catégorie regroupe de nombreuses maladies différentes. Les cancers du poumon, du côlon-rectum, du sein, du pancréas ou encore de la prostate figurent parmi les plus fréquents.
Cette première place ne signifie toutefois pas que la lutte contre le cancer est au point mort. Bien au contraire. Les données montrent que les taux de mortalité standardisés continuent globalement de diminuer grâce aux progrès du dépistage, des traitements, de la chirurgie, de la radiothérapie et des thérapies ciblées. En clair, à âge comparable, le risque de mourir d’un cancer est aujourd’hui inférieur à ce qu’il était il y a plusieurs décennies. Mais le vieillissement de la population maintient un nombre élevé de décès liés à ces maladies.
Infarctus, AVC et insuffisance cardiaque toujours en deuxième position
Les maladies cardio-neurovasculaires restent la deuxième grande cause de décès en France :
- les infarctus du myocarde ;
- les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ;
- l’insuffisance cardiaque ;
- certaines maladies des artères ;
- d’autres atteintes du cœur et de la circulation sanguine.
Là aussi, les progrès médicaux ont profondément changé la donne au cours des dernières décennies. La prise en charge plus rapide des infarctus, le développement des unités neurovasculaires pour les AVC ou encore l’amélioration des traitements de l’hypertension ont contribué à faire reculer la mortalité. Pour autant, ces maladies demeurent extrêmement fréquentes. Elles touchent particulièrement les personnes âgées et représentent toujours une part majeure des décès enregistrés chaque année.
Les causes externes restent un enjeu majeur
On parle de « causes externes » pour désigner les décès qui ne sont pas directement provoqués par une maladie. Cette catégorie comprend notamment :
- les accidents de la route ;
- les chutes ;
- les noyades ;
- les intoxications ;
- les suicides ;
- certains accidents domestiques.
Si leur poids est moindre que celui des cancers ou des maladies cardiovasculaires dans l’ensemble de la population, ces causes occupent une place particulière car elles touchent souvent des personnes plus jeunes. Chez les adolescents, les jeunes adultes et les personnes d’âge actif, les causes externes figurent parmi les premiers motifs de décès. Les chutes représentent par ailleurs un problème croissant chez les personnes âgées. Avec l’allongement de l’espérance de vie, elles constituent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique.
Le vieillissement redessine le paysage de la mortalité
L’un des enseignements les plus importants de ce bilan concerne l’impact du vieillissement démographique. La France compte de plus en plus de personnes âgées de 75 ans, 85 ans ou même 90 ans et plus. Cette évolution modifie naturellement les causes de décès observées dans la population.
Les maladies chroniques liées à l’âge prennent davantage de place. Les pathologies cardiovasculaires, certains cancers, les maladies neurodégénératives et les complications associées à la perte d’autonomie deviennent plus fréquentes. Cette réalité représente un défi considérable pour le système de santé, qui doit s’adapter à une population vivant plus longtemps mais nécessitant davantage de soins et d’accompagnement.
Mortalité : les leçons de santé publique du bilan 2024
Au-delà du simple classement des maladies les plus meurtrières, ces données permettent notamment d’orienter les campagnes de prévention, les programmes de dépistage et les investissements médicaux. La baisse progressive de la mortalité cardiovasculaire observée depuis plusieurs décennies illustre par exemple l’efficacité de certaines mesures de prévention contre le tabac, l’hypertension artérielle ou l’excès de cholestérol.
De la même manière, les stratégies de dépistage organisées pour certains cancers visent à détecter les tumeurs plus tôt afin d’améliorer les chances de guérison. Si les cancers et les maladies cardiovasculaires restent aujourd’hui les deux principales causes de décès en France, le bilan 2024 rappelle aussi que l’espérance de vie continue de progresser sur le long terme.
À SAVOIR
Selon le CépiDc-Inserm, l’espérance de vie à la naissance a plus que doublé en France en un siècle. Au début du XXe siècle, elle était d’environ 45 ans, contre plus de 85 ans pour les femmes et 80 ans pour les hommes aujourd’hui.







