Patient sоuffrant d'un cancer du rein et bénéficiant d'un traitement en hôpital de jоur, incluant nоtamment une immunоthérapie оu une thérapie ciblée cоntre les cellules tumоrales rénales․
En France : environ 17 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année (données 2023 de l'Institut National du Cancer). Il s'agit du 6e cancer le plus fréquent dans le pays. ©pikisuperstar / Freepik

PrĂ©sence de sang dans les urines, dĐľuleurs lĐľmbaires persistantes, fatigue inhabituelle․․․ Et si ces signes Ă©taient les premiers indices d’une tumeur au rein ? Le cancer du rein est parfĐľis dĂ©cĐľuvert par hasard lĐľrs d’un examen de rĐľutine Đľu Ă  l’ĐľccasiĐľn d’une pathĐľlĐľgie sans lien avec les cancers․ Quels sĐľnt les symptĂ´mes initiaux Ă  surveiller ? Quels facteurs augmentent le risque de dĂ©velĐľpper cette maladie ? CĐľmment les mĂ©decins prĐľcèdent-ils aujĐľurd’hui pĐľur diagnĐľstiquer et traiter les tumeurs rĂ©nales ? ExplicatiĐľns․

Le cancer du rein est le 14e cancer le plus fréquent dans le monde. Il touche davantage les hommes, les personnes âgées de plus de 75 ans et les populations vivant en Europe ou en Amérique du Nord.

Depuis plusieurs décennies, le nombre de cas augmente dans de nombreux pays, y compris chez les moins de 50 ans. Cette hausse s’explique notamment par l’utilisation plus fréquente des examens d’imagerie médicale, mais aussi par l’augmentation de facteurs de risque comme l’obésité et le vieillissement de la population.

En France, 17 141 nouveaux cas ont été estimés en 2023. Entre 1990 et 2023, l’incidence a augmenté de 199 %, surtout chez les hommes et les patients jeunes. Malgré cette progression, la mortalité reste relativement stable.

Sur le plan histologique, environ 90 % des cancers du rein sont des carcinomes à cellules rénales. Le carcinome à cellules claires représente environ 70 % des cas, devant les formes papillaires et chromophobes, plus rares.

Le cancer du rein est une tumeur maligne qui se développe à partir des cellules du rein. Dans la majorité des cas, il s’agit d’un carcinome à cellules rénales, le plus souvent de type carcinome à cellules claires, qui représente environ 80 % des cas chez l’adulte.

La tumeur apparaît généralement dans les petits tubes chargés de filtrer le sang. Elle peut rester longtemps localisée au rein avant de s’étendre aux tissus voisins, aux vaisseaux sanguins ou à d’autres organes comme les poumons, les os, le foie ou le cerveau sous forme de métastases.

Le tabac constitue l’un des principaux facteurs de risque. L’obésité, l’hypertension artérielle, certaines maladies rénales chroniques, la dialyse prolongée et certaines mutations génétiques augmentent également le risque de développer un cancer rénal.

Des formes familiales plus rares existent aussi, parfois diagnostiquées précocement et pouvant toucher les deux reins.

Le cancer du rein reste souvent silencieux pendant longtemps et est fréquemment découvert par hasard lors d’un scanner ou d’une échographie.

Le symptôme le plus fréquent est la présence de sang dans les urines, appelée hématurie. L’urine peut devenir rosée, rougeâtre ou brun foncé, parfois de façon intermittente. Des douleurs lombaires persistantes d’un seul côté peuvent aussi apparaître, avec une sensation de pression dans le flanc ou le bas du dos.

Lorsque la tumeur grossit, une masse abdominale peut parfois être palpée, même si cela devient plus rare grâce au diagnostic précoce. Le cancer peut aussi provoquer fatigue, perte de poids, fièvre persistante, anémie ou hypertension artérielle.

Dans les formes métastatiques, les symptômes varient selon les organes touchés : toux ou essoufflement en cas d’atteinte pulmonaire, douleurs importantes lors de métastases osseuses.

Le diagnostic du cancer du rein repose surtout sur l’imagerie médicale. L’échographie abdominale permet souvent de détecter une masse ou un kyste suspect dans le rein.

Le scanner abdominal avec injection de produit de contraste reste l’examen de référence pour analyser la taille de la tumeur, son extension et une éventuelle atteinte des vaisseaux ou des ganglions lymphatiques. Une IRM peut être réalisée dans certaines situations, notamment lorsque la veine rénale ou la veine cave sont touchées.

Des prises de sang et des analyses urinaires complètent le bilan afin d’évaluer la fonction rénale et rechercher d’éventuelles anomalies biologiques. Dans certains cas, une biopsie rénale peut être réalisée pour confirmer la nature de la tumeur.

Une fois le diagnostic confirmé, les médecins déterminent le stade du cancer selon la taille de la tumeur, l’atteinte ganglionnaire et la présence éventuelle de métastases. Ils prennent aussi en compte le type histologique et le grade de Fuhrman, qui mesure l’agressivité des cellules cancéreuses.

Le traitement du cancer du rein dépend du stade de la maladie, de la taille de la tumeur et de l’état général du patient. La prise en charge est décidée par une équipe pluridisciplinaire réunissant urologues, oncologues, radiologues et néphrologues.

La chirurgie reste le traitement de référence des cancers localisés. Les médecins privilégient si possible une néphrectomie partielle afin de retirer uniquement la tumeur et préserver le rein. Lorsque la tumeur est plus étendue, une néphrectomie élargie avec ablation complète du rein peut être nécessaire.

Les techniques modernes utilisent souvent la cœlioscopie, permettant une récupération plus rapide. Pour certaines petites tumeurs, des traitements mini-invasifs comme la radiofréquence ou la cryoablation peuvent aussi être proposés. Chez certains patients âgés ou fragiles, une surveillance active peut parfois être envisagée.

En cas de métastases, la prise en charge repose surtout sur les thérapies ciblées et l’immunothérapie, qui ont profondément amélioré les traitements ces dernières années. De nouvelles approches, comme les vaccins personnalisés, sont également en cours de développement pour limiter le risque de rechute.

Les thĂ©rapies ciblĂ©es et l’immunothĂ©rapie utilisĂ©es contre le cancer du rein peuvent provoquer diffĂ©rents effets secondaires selon les patients.

L’hypertension artérielle est l’une des complications les plus fréquentes des traitements antiangiogéniques, ce qui nécessite une surveillance régulière de la tension. Des troubles cutanés peuvent aussi apparaître : rougeurs, sécheresse de la peau ou syndrome main-pied.

Des troubles digestifs comme des diarrhées, des nausées, une perte d’appétit ou des modifications du goût sont également possibles, tout comme une fatigue importante liée parfois à une anémie. Certaines personnes développent aussi des mucites, provoquant douleurs et aphtes dans la bouche.

Des prises de sang régulières permettent de surveiller les cellules sanguines et la fonction rénale pendant toute la durée des traitements.

La présence de sang dans les urines ne doit jamais être banalisée, même lorsqu’elle disparaît rapidement. Une hématurie nécessite toujours un bilan urologique afin d’écarter un cancer du rein, un cancer de la vessie ou des voies urinaires.

Des douleurs lombaires persistantes, une fatigue inhabituelle, une perte de poids inexpliquée ou une masse abdominale doivent également conduire à consulter rapidement.

Les médecins rappellent qu’un diagnostic précoce améliore fortement les chances de guérison et permet plus souvent de proposer des traitements conservateurs.

Ă€ SAVOIR

Ă€ la fin du XIXe siècle, les tumeurs du rein sont considĂ©rĂ©es comme presque incurables en raison du risque d’hĂ©morragie massive lors des opĂ©rations.En 1887, Ă  Heidelberg, le chirurgien allemand Vincenz Czerny rĂ©alise pourtant une intervention inĂ©dite sur une volumineuse tumeur rĂ©nale. Il met au point une technique consistant Ă  ligaturer les principaux vaisseaux sanguins du rein avant son ablation, une opĂ©ration aujourd’hui appelĂ©e nĂ©phrectomie.Contre toute attente, le patient survit avec un seul rein fonctionnel. Cette intervention marque une Ă©tape majeure de la chirurgie urologique et dĂ©montre pour la première fois qu’il est possible de vivre normalement avec un seul rein.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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