Chien qui halète durant une périоde de fоrte chaleur, illustrant le danger de cоup de chaleur et d'hyperthermie chez les chiens lоrs d'une canicule․
Comme le rappelle la Fondation 30 Millions d’Amis, un halètement continu, des difficultés respiratoires, une salivation excessive, des vomissements ou des diarrhées sont des signes d'alerte d'un coup de chaleur chez le chien. ©benzoix / Magnific

Une balade interrоmpue, un chien qui halète de plus en plus, refuse d’avancer оu cherche désespérément un endrоit оmbragé․ Lоrs des périоdes de fоrtes chaleurs, il peut être cоmpliqué pоur un prоpriétaire de déterminer si sоn animal sоuffre simplement de la chaleur оu s’il est en train de dévelоpper un cоup de chaleur, une urgence vétérinaire qui peut évоluer très rapidement․ Quels sоnt les premiers signes d’alerte ? Pоurquоi certains chiens sоnt-ils plus sensibles que d’autres ? Quelles actiоns adоpter immédiatement pоur prоtéger sоn cоmpagnоn ? Explicatiоns․

Pendant l’été, les épisodes de canicule mettent les animaux domestiques à rude épreuve. Contrairement aux humains, les chiens disposent de très peu de glandes sudoripares et régulent difficilement leur température corporelle. Quelques dizaines de minutes dans un environnement trop chaud peuvent suffire à provoquer une hyperthermie sévère et des lésions irréversibles.

Le coup de chaleur constitue une urgence vétérinaire absolue. Plus la prise en charge est rapide, plus les chances de survie sont importantes.

Bien que les chiens et les chats transpirent très peu, ils ne réagissent pas de la même manière face aux fortes chaleurs. Le chat, dont les ancêtres vivaient dans des environnements désertiques, limite spontanément ses déplacements lorsqu’il fait chaud. Il recherche des endroits frais et réduit naturellement son activité.

Le chien adopte un comportement très différent. Animal social, il continue volontiers à courir, jouer ou accompagner son propriétaire malgré des températures élevées. Cette capacité à poursuivre un effort explique pourquoi le coup de chaleur d’effort est fréquent chez le chien mais beaucoup plus rare chez le chat.

Autre différence importante : le halètement constitue un mécanisme normal de régulation thermique chez le chien, alors que chez le chat il représente un véritable signal d’alerte.

Contrairement à l’être humain, le chien ne transpire quasiment pas. Ses glandes sudoripares sont principalement localisées sous les coussinets et participent très peu au refroidissement de l’organisme.

Pour évacuer la chaleur, il dépend essentiellement du halètement. En respirant rapidement la bouche ouverte, il favorise l’évaporation de l’eau présente sur sa langue et dans ses voies respiratoires.

Ce mécanisme devient toutefois inefficace lorsque l’air est très chaud ou humide, lorsque le chien fournit un effort important ou lorsque sa morphologie limite déjà sa respiration, comme chez les races brachycéphales.

La température corporelle normale d’un chien est naturellement plus élevée que celle de l’être humain. Alors que la nôtre se situe généralement entre 36,5 °C et 37,5 °C, celle d’un chien adulte en bonne santé oscille entre 38 °C et 39 °C, avec une moyenne d’environ 38,5 °C.

Cette valeur peut toutefois varier légèrement selon la race, l’activité physique, le niveau de stress ou encore la température extérieure. Après un effort intense ou lors d’une forte excitation, une élévation temporaire de la température peut être observée sans traduire un véritable coup de chaleur.

En revanche, lorsque la température corporelle continue d’augmenter sans parvenir à redescendre, la situation devient rapidement préoccupante. À partir de 39,5 °C à 40 °C, le chien halète de manière très importante, recherche activement un endroit frais ou de l’ombre et reste généralement conscient.

Entre 40 °C et 41 °C, apparaissent les premiers signes d’épuisement : faiblesse marquée, refus de se déplacer, gencives très rouges, vomissements ou diarrhée. L’organisme commence alors à ne plus parvenir à évacuer suffisamment la chaleur.

Au-delà de 41 °C, le coup de chaleur constitue une urgence vétérinaire absolue. Le cerveau, les reins, le foie ainsi que le système cardiovasculaire peuvent subir des lésions rapides et parfois irréversibles. Sans prise en charge immédiate, des convulsions, un coma, puis le décès de l’animal peuvent survenir.

Face à un coup de chaleur, chaque minute compte. Le chien doit être immédiatement installé dans un endroit frais et ventilé. Son corps doit être progressivement refroidi avec de l’eau fraîche, mais jamais glacée. Une eau trop froide provoque une constriction des vaisseaux sanguins qui ralentit l’évacuation de la chaleur et peut aggraver les lésions internes.

Il est conseillé de mouiller en priorité le ventre, l’intérieur des cuisses et les coussinets, tout en utilisant si possible un ventilateur afin d’accélérer l’évaporation. Si l’animal est conscient, de petites quantités d’eau peuvent lui être proposées, sans jamais le forcer à boire.

Même si son état semble s’améliorer, une consultation vétérinaire reste indispensable. Certaines complications, notamment rénales ou cardiaques, peuvent apparaître plusieurs heures après l’épisode d’hyperthermie.

Tous les chiens peuvent être victimes d’un coup de chaleur, mais certains présentent un risque plus élevé. Les races brachycéphales, comme le Bouledogue français, le Carlin ou le Boxer, sont particulièrement vulnérables en raison de leurs voies respiratoires raccourcies, qui rendent le halètement moins efficace.

Les chiens âgés, les chiots, les animaux obèses ou souffrant de maladies cardiaques ou respiratoires sont également plus sensibles aux fortes chaleurs.

Les chiens au pelage très foncé ou particulièrement dense absorbent davantage le rayonnement solaire et peuvent accumuler plus rapidement la chaleur.

Quelques mesures simples permettent de limiter fortement le risque de coup de chaleur. Les promenades doivent être privilégiées tôt le matin ou en soirée, lorsque les températures sont les plus basses. Les activités physiques intenses, comme les jeux de lancer ou le jogging, sont à éviter pendant les heures chaudes.

Avant une sortie, il est recommandé de vérifier la température du sol. Si le bitume est trop chaud pour y laisser le dos de sa main pendant cinq secondes, il peut brûler les coussinets du chien. Enfin, un chien ne doit jamais Ãªtre laissé seul dans une voiture stationnée, même quelques minutes, même à l’ombre ou avec les vitres entrouvertes. La température à l’intérieur de l’habitacle peut dépasser 50 °C en moins d’un quart d’heure.

Pendant une canicule, la meilleure façon de protéger son chien consiste avant tout à adapter son rythme de vie aux fortes chaleurs et à reconnaître rapidement les premiers signes d’une hyperthermie.

À SAVOIR

Dès l’Antiquité romaine, les périodes de très fortes chaleurs étaient désignées sous le terme canicula (« petite chienne »), en référence à l’étoile Sirius, dont le lever coïncidait avec les journées les plus chaudes de l’année. Les Romains pensaient alors que cette étoile était responsable de la chaleur et de certains comportements inhabituels chez les chiens. Plus de deux mille ans plus tard, si cette croyance a disparu, le risque est, lui, bien réel : avec l’intensification des épisodes de canicule liée au réchauffement climatique, le coup de chaleur est devenu une urgence vétérinaire potentiellement mortelle qui provoque chaque été le décès de nombreux chiens.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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