
17 mars 2020. La France se fige. Confinés chez nous, nous avons vécu une parenthèse hors du temps. Cinq ans plus tard, des chercheurs s’interrogent : pourquoi avons-nous tant de mal à nous souvenir de cette période ? Et surtout, pourquoi notre mémoire semble-t-elle globalement affectée ? Décryptage.
Cinq ans après le confinement, des études révèlent des impacts inattendus de cette époque compliquée sur nos capacités cognitives, en particulier sur la mémoire. Mais pourquoi avons-nous du mal à nous souvenir de cette période ?
Des études scientifiques récentes mettent ainsi en lumière un phénomène troublant : notre mémoire et nos capacités cognitives auraient été durablement altérées par le confinement. Oubli des événements, difficulté à situer les faits dans le temps, sensation de flou mental… Autant de symptômes qui touchent une partie de la population, même des années après.
Pourquoi notre mémoire a-t-elle souffert du confinement ?
Notre cerveau fonctionne comme une machine à enregistrer les souvenirs, mais il a besoin de diversité, de stimulations et d’interactions pour bien fonctionner. Pendant le confinement, ces éléments ont été drastiquement réduits.
En cause ? Une routine monotone et des journées qui se ressemblent. Le cerveau mémorise mieux les événements marquants. Or, pendant le confinement, nos journées étaient souvent répétitives : mêmes lieux, mêmes activités, peu d’événements nouveaux. Alors, moins de souvenirs ancrés. Et difficile de se rappeler si un événement a eu lieu en avril ou en mai 2020… voire même s’il a eu lieu cette année-là ! L’absence de rythme structurant (déplacements, rendez-vous, vacances) a altéré notre capacité à situer les choses dans le temps.
Aussi, le manque d’interactions sociales a considérablement pesé sur nos facultés cognitives. Les échanges avec les autres aident notre mémoire. Discuter, raconter une anecdote, partager des émotions renforcent nos souvenirs. Or, avec l’isolement imposé par le confinement, nos interactions se sont réduites au strict minimum, empêchant cette consolidation.
Le confinement a été une période stressante pour beaucoup. Or, le stress chronique libère du cortisol, une hormone qui altère la mémoire et la concentration. Une étude de Santé publique France a d’ailleurs montré que les troubles anxieux et dépressifs ont explosé pendant cette période. 30,5 % des actifs occupés ont déclaré des symptômes d’anxiété au début du confinement en mars 2020.
Des séquelles à long terme sur nos capacités cognitives ?
Cinq ans après, tout le monde n’a pas retrouvé sa pleine capacité de mémorisation. Certains témoignent encore d’un sentiment de brouillard mental, d’une concentration en baisse ou d’une mémoire moins performante qu’avant.
Une étude menée par l’Inserm a révélé que 30 % des personnes interrogées affirment avoir des difficultés à se souvenir d’événements précis de 2020. D’autres recherches en neurosciences suggèrent que la privation sensorielle et sociale a pu entraîner des modifications temporaires de certaines zones du cerveau impliquées dans la mémoire.
Mais les experts se veulent rassurants : notre cerveau a une grande capacité d’adaptation. Avec le retour à une vie normale, la majorité des gens ont progressivement retrouvé leurs fonctions cognitives. Cependant, pour certaines personnes (notamment celles ayant souffert de dépression ou d’anxiété sévère), les effets peuvent être plus durables.
Comment améliorer sa mémoire après le confinement ?
Si vous sentez que votre mémoire vous joue encore des tours, pas de panique ! Il existe des moyens simples pour la booster :
- Stimulez votre cerveau : lisez, écrivez, jouez à des jeux de réflexion, apprenez de nouvelles choses.
- Bougez ! : l’activité physique améliore l’oxygénation du cerveau et booste la mémoire.
- Dormez bien : un sommeil de qualité est essentiel pour consolider les souvenirs.
- Socialisez : échangez avec les autres, racontez vos souvenirs pour mieux les ancrer.
- Gérez votre stress : la méditation, la relaxation et les exercices de respiration peuvent aider.
Cinq ans après, nous comprenons mieux pourquoi cette période reste difficile à se remémorer. Nos cerveaux, privés de repères et de stimulations, ont eu du mal à enregistrer ces mois particuliers. Mais la bonne nouvelle, c’est que notre mémoire est malléable et peut se renforcer avec le temps et de bonnes habitudes.
À SAVOIR
Entre 2019 et 2023, la prescription de psychotropes chez les jeunes de 12 à 25 ans a augmenté de manière préoccupante. Près de 936 000 jeunes ont reçu au moins une fois un remboursement pour ces médicaments en 2023, une hausse de 18 % par rapport à 2019. Les prescriptions d’antidépresseurs ont augmenté de 60 %, celles d’antipsychotiques de 38 %, et les anxiolytiques de 8 %, cette dernière hausse concernant surtout les jeunes filles.







