Amibe “mangeuse de cerveau”: une fillette de 8 ans meurt après une baignade dans un lac

le 25 août 2026 à 17h12
La fillette de 8 ans à l’hôpital, infectée par une « amibe mangeuse de cerveau ».
La fillette était hospitalisée depuis le 15 août 2026. Elle est décédée le 22 août, soit une semaine après son hospitalisation. © Magnific
Une fillette de 8 ans est décédée le 22 août en Louisiane après une baignade dans un lac, infectée par Naegleria fowleri, une rarissime « amibe mangeuse de cerveau » qui pénètre par le nez et provoque une infection mortelle dans plus de 97 % des cas. Un risque exceptionnel qui a déjà fait une victime en France.
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Une simple baignade qui tourne au drame. Lillian Smart, une fillette originaire de Ruston, dans l’État américain de Louisiane, est décédée samedi 22 août 2026 après avoir été infectée par Naegleria fowleri, une amibe microscopique naturellement présente dans certaines eaux douces chaudes.

L’enfant était hospitalisée depuis le 15 août. Quelques jours plus tard, le Louisiana Department of Health (LDH) avait confirmé, dans une alerte sanitaire publiée le 19 août, l’infection d’un habitant de l’État. Selon l’autorité sanitaire américaine, la contamination s’était très probablement produite lors d’une baignade dans le lac Claiborne, dans le nord de la Louisiane.

Une « amibe mangeuse de cerveau », c’est quoi exactement ?

Pas de ver, de bactérie ou de virus ici. Naegleria fowleri est une amibe libre, autrement dit un organisme microscopique constitué d’une seule cellule et capable de vivre dans l’environnement sans avoir besoin d’un hôte. Elle affectionne particulièrement les eaux douces chaudes : lacs, rivières, étangs ou sources thermales. Elle peut également, beaucoup plus rarement, être retrouvée dans des installations aquatiques insuffisamment entretenues ou désinfectées.

Son surnom d’« amibe mangeuse de cerveau » est évidemment plus vendeur qu’un cours de microbiologie. Mais il décrit une réalité biologique particulièrement sévère. Lorsqu’elle atteint le cerveau, Naegleria fowleri peut provoquer une méningo-encéphalite amibienne primitive, ou MEAP. Il s’agit d’une inflammation aiguë des méninges et du cerveau qui détruit les tissus cérébraux et provoque un important gonflement du cerveau. Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains, plus de 97 % des personnes atteintes en meurent. Entre 1962 et 2024, 167 cas avaient été rapportés aux États-Unis et seulement quatre patients avaient survécu.

Quels sont les signes de cette infection dangereuse ? 

Non, boire l’eau ne suffit pas pour être contaminé

Naegleria fowleri ne s’attrape pas simplement en avalant de l’eau contaminée. Pour provoquer une infection, l’amibe doit par le nez. Cela peut notamment se produire lorsque de l’eau douce chaude remonte dans les fosses nasales lors d’un plongeon, d’un saut ou simplement en mettant la tête sous l’eau. Une fois dans le nez, l’amibe peut franchir la muqueuse nasale puis remonter le long du nerf olfactif, celui qui intervient dans notre odorat, jusqu’au cerveau. C’est là qu’elle peut provoquer une méningo-encéphalite amibienne primitive. Une inflammation particulièrement agressive du cerveau et des méninges. Le ministère français chargé de la Santé décrit également ce mécanisme de contamination par voie nasale.

En revanche, avaler accidentellement de l’eau contenant Naegleria fowleri ne provoque pas cette infection, rappellent les autorités sanitaires américaines. L’amibe ne se transmet pas non plus d’une personne à une autre. Une gorgée avalée de travers pendant une baignade n’est donc pas synonyme de contamination. Le risque concerne surtout les situations où l’eau pénètre dans le nez. Notamment lors des plongeons et des activités aquatiques en eau douce chaude.

Des premiers symptômes qui peuvent tromper

Le problème est que la maladie peut commencer de manière assez banale. Selon les CDC, les premiers symptômes apparaissent généralement environ cinq jours après l’exposition. Mais ce délai peut varier de un à douze jours. Les premiers signes peuvent comprendre :

  • de violents maux de tête ;
  • de la fièvre ;
  • des nausées ;
  • des vomissements.

Rien de très spécifique, donc. Ces symptômes peuvent notamment ressembler à ceux d’une méningite bactérienne. Mais la situation peut ensuite se dégrader extrêmement rapidement. Une raideur de la nuque, une confusion, des troubles de l’attention, une perte d’équilibre, des convulsions, des hallucinations. Puis, un coma peut apparaître. Selon les CDC, le décès survient généralement environ cinq jours après l’apparition des premiers symptômes, même si ce délai peut aller de un à dix-huit jours.

Une infection rarissime, mais déjà observée en France

Si les cas sont principalement documentés dans des régions chaudes du globe, la France n’est pas totalement épargnée. Un cas mortel a été recensé en Guadeloupe en 2008. Santé publique France a documenté cette méningo-encéphalite amibienne primitive provoquée par Naegleria fowleri. Il s’agissait d’un garçon de 9 ans qui s’était baigné, dans les jours précédant ses symptômes, dans un bassin d’eau douce alimenté par une résurgence géothermale. L’eau y atteignait environ 31 °C. Les analyses du liquide céphalo-rachidien avaient confirmé la présence de l’amibe.

Ce décès avait conduit les autorités sanitaires françaises à s’intéresser de plus près à la présence de l’amibe dans les eaux chaudes. Une étude publiée par des chercheurs français après ce cas rappelait qu’il s’agissait du premier décès par MEAP identifié en France. Une campagne nationale a ensuite été menée en métropole durant l’été 2017, puis en Guadeloupe et en Martinique en 2018. D’après un document de la Direction générale de la santé, 129 échantillons avaient alors été analysés, notamment dans des eaux sélectionnées en fonction de leur température, de leur fréquentation ou de leur proximité avec des rejets d’eau chaude de centrales électriques.

En France, une valeur limite de 100 Naegleria fowleri par litre d’eau a été retenue pour la gestion des activités de baignade. Son dépassement peut conduire à une interdiction de baignade sur les sites concernés.

Faut-il désormais se méfier des baignades en lac ?

Pas besoin de laisser le maillot au placard. Les infections à Naegleria fowleri restent extrêmement rares, mais quelques bons réflexes peuvent limiter les risques dans les eaux douces très chaudes. Les CDC américains recommandent notamment de :

  • se pincer le nez ou porter un pince-nez lors des plongeons ;
  • garder la tête hors de l’eau dans les sources très chaudes ;
  • éviter de remuer les sédiments dans les zones peu profondes.

Les piscines correctement désinfectées ne sont pas considérées comme à risque, et aucun cas américain n’a été associé à une baignade en mer. Attention aussi aux lavages de nez. Mieux vaut utiliser une eau stérile, distillée ou préalablement bouillie puis refroidie plutôt que directement sortie du robinet. Enfin, après une baignade en eau douce chaude, de violents maux de tête, de la fièvre, des vomissements ou une raideur de la nuque doivent conduire à consulter rapidement en signalant cette baignade au médecin.

À SAVOIR 

Fait étonnant, les jeunes garçons sont les plus touchés par cette infection aux États-Unis. Entre 1937 et 2025, les CDC ont recensé le plus grand nombre de cas chez les garçons de 10 à 14 ans. Pourquoi eux davantage ? Les scientifiques ne le savent pas précisément, mais les activités favorisant l’entrée d’eau dans le nez, comme les plongeons, pourraient jouer un rôle.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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