Zona ophtalmique : comment reconnaître les premiers signes ?

Éruption de boutons rouges et de croûtes sur le front, au-dessus de l'œil, suspectant un zona ophtalmique.
En France, le zona touche environ 400 000 personnes par an, principalement après 50 ans. Son incidence dépasse 15 cas pour 1 000 chez les plus de 80 ans. ©gettyimages
Une douleur ou une éruption cutanée près de votre œil ne doit jamais être prise à la légère. Si ces symptômes peuvent avoir plusieurs causes, ils peuvent aussi révéler un zona ophtalmique. Son infection provoque des lésions de la cornée, une baisse de la vision et, dans les cas les plus graves, une perte de la vue. Quels sont les premiers signes qui doivent alerter ? Pourquoi cette forme de zona peut-elle atteindre l'œil ? Quels traitements permettent de limiter le risque de complications ? Explications.
Sommaire

Une douleur inhabituelle apparaît d’un seul côté du front. La peau devient sensible, comme après un coup de soleil, puis une sensation de brûlure s’installe. Quelques heures ou quelques jours plus tard, de petites cloques remplies de liquide apparaissent sur le front, la paupière ou autour d’un œil. Celui-ci peut alors devenir rouge, douloureux et particulièrement sensible à la lumière.

Ces symptômes peuvent annoncer un zona ophtalmique, une forme particulière du zona qui touche les nerfs du visage et peut atteindre directement l’œil.

Sans traitement rapide, cette maladie peut provoquer des lésions de la cornée, une baisse de la vision et, dans les cas les plus graves, une perte de la vue. C’est pourquoi toute suspicion de zona près de l’œil nécessite une consultation médicale en urgence.

Pourquoi développe-t-on un zona ophtalmique ?

Le zona ophtalmique n’est pas une maladie que l’on attrape au contact d’une personne malade. Il est provoqué par la réactivation du virus responsable de la varicelle.

Après une varicelle, généralement contractée pendant l’enfance, le virus ne disparaît jamais complètement. Il reste endormi pendant parfois plusieurs dizaines d’années dans certains ganglions nerveux.

Lorsque les défenses immunitaires s’affaiblissent avec l’âge, une maladie, un traitement qui diminue l’immunité ou parfois après une période de fatigue importante, le virus peut se réveiller.

Dans le zona ophtalmique, il emprunte un nerf qui assure la sensibilité du front, de la paupière supérieure, du nez et de l’œil. C’est ce trajet qui explique pourquoi les symptômes restent limités à un seul côté du visage.

Il ne faut pas confondre cette maladie avec un herpès de l’œil. Les deux infections sont provoquées par des virus de la même famille, mais il s’agit de deux maladies différentes.

Quels sont les premiers symptômes du zona ophtalmique ?

Les premiers signes apparaissent généralement plusieurs jours avant l’éruption cutanée.

Au départ, une douleur, des picotements ou une sensation de brûlure surviennent sur un seul côté du front. Certaines personnes décrivent une peau extrêmement sensible, au point que le simple contact d’un oreiller devient désagréable. Des maux de tête, une fatigue inhabituelle ou une légère fièvre peuvent également accompagner cette première phase.

Après un à trois jours, de petites vésicules remplies d’un liquide clair apparaissent sur le front, le cuir chevelu ou la paupière. Ces boutons restent toujours d’un seul côté du visage et ne franchissent jamais la ligne médiane.

Au fil des semaines, les vésicules sèchent, forment des croûtes puis disparaissent progressivement. La guérison prend généralement entre deux et quatre semaines, même si des cicatrices peuvent parfois persister.

Pourquoi les boutons sur le nez sont-ils un signe d’alerte ?

La présence de vésicules sur la pointe, le côté ou la racine du nez constitue un signal particulièrement préoccupant. Les médecins parlent alors du signe de Hutchinson ( VOIR À SAVOIR ).

Même en l’absence de boutons sur le nez, certains symptômes doivent toutefois conduire à consulter rapidement. Une douleur à l’intérieur de l’œil, une rougeur importante, une sensation permanente de grain de sable, une vision floue ou une forte gêne à la lumière peuvent traduire une atteinte oculaire.

Comment le diagnostic est-il confirmé ?

Le diagnostic repose d’abord sur l’examen des lésions cutanées et des symptômes.

Lorsque l’œil semble atteint, un ophtalmologiste réalise un examen à l’aide d’une lampe à fente, un microscope spécialement conçu pour observer les différentes structures de l’œil. Un colorant appelé fluorescéine est souvent utilisé afin de mettre en évidence d’éventuelles lésions de la cornée invisibles à l’œil nu.

Cet examen permet également d’évaluer la gravité de l’atteinte et de choisir le traitement le plus adapté.

Quelles sont les complications possibles ?

Le principal risque est l’atteinte de la cornée, appelée kératite. Sans traitement, cette inflammation peut laisser des cicatrices permanentes responsables d’une baisse importante de la vision.

Le virus peut également provoquer une uvéite, c’est-à-dire une inflammation située à l’intérieur de l’œil. Cette complication peut favoriser une augmentation de la pression oculaire et entraîner un glaucome secondaire.

Même lorsque les boutons ont disparu, certaines personnes continuent de ressentir des douleurs intenses pendant plusieurs mois. Ces douleurs, appelées douleurs post-zostériennes, sont liées aux lésions laissées par le virus sur les fibres nerveuses. Elles touchent plus souvent les personnes âgées.

Comment soigne-t-on un zona ophtalmique ?

Le traitement doit être commencé le plus rapidement possible, idéalement dans les 72 heures suivant l’apparition des premiers boutons.

Des médicaments antiviraux, comme l’aciclovir ou le valaciclovir, permettent de limiter la multiplication du virus et de réduire le risque de complications. Dans les formes les plus sévères, un traitement par perfusion peut être nécessaire.

Selon l’atteinte de l’œil, l’ophtalmologiste peut également prescrire des collyres ou des pommades spécifiques.

Les douleurs sont prises en charge avec des antalgiques classiques ou, lorsque les nerfs sont touchés, avec des traitements adaptés aux douleurs neuropathiques.

En revanche, il ne faut jamais utiliser de collyres contenant des corticoïdes sans avis médical, car ils peuvent aggraver certaines lésions de la cornée.

Le zona ophtalmique est-il contagieux ?

Le zona lui-même ne se transmet pas d’une personne à une autre. En revanche, le liquide contenu dans les vésicules renferme le virus de la varicelle. Une personne qui n’a jamais eu la varicelle ou qui n’est pas vaccinée peut donc développer une varicelle après un contact direct avec ces lésions.

Jusqu’à la disparition complète des croûtes, il est recommandé de se laver régulièrement les mains, d’éviter de partager le linge de toilette et de limiter les contacts avec les femmes enceintes, les nourrissons et les personnes immunodéprimées.

Peut-on prévenir le zona ophtalmique ?

La meilleure prévention repose sur la vaccination contre le zona. En France, le vaccin Shingrix est recommandé chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Il est également indiqué dès l’âge de 18 ans chez les personnes immunodéprimées (défenses immunitaires d’une personne affaiblies).

La vaccination réduit fortement le risque de développer un zona, y compris un zona ophtalmique. Elle diminue également le risque de souffrir de douleurs persistantes pendant la maladie et après la disparition des lésions.

À SAVOIR

En 1864, le chirurgien britannique Sir Jonathan Hutchinson aurait décrit un signe clinique encore utilisé aujourd’hui dans l’évaluation du zona ophtalmique. Il aurait observé que la présence de vésicules sur le bout ou l’aile du nez était fréquemment associée à une atteinte de l’œil. Cette association s’expliquerait par le trajet du nerf naso-ciliaire, qui assure la sensibilité d’une partie du nez tout en innervant certaines structures de l’œil, notamment la cornée. Cette observation, connue depuis sous le nom de « signe de Hutchinson », permettrait encore aujourd’hui d’identifier les patients nécessitant rapidement un examen ophtalmologique.

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Pier Paolo Walack
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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