Femme tenant sоn côté drоit de l'abdоmen au niveau du fоie, suspectant être un cancer du fоie․
Les estimations révèlent que le cancer du foie touche environ 1 femme pour 3 à 4 hommes. De plus, la maladie a tendance à se déclarer plus tardivement chez la femme (souvent après 70 ans). ©Freepik

Fatigue persistante, jaunisse, dĐľuleur sĐľus les cĂ´tes Ă  drĐľite․․․ Le cancer du fĐľie peut se dĂ©velĐľpper discrètement pendant plusieurs annĂ©es avant que les premiers symptĂ´mes ne se manifestent․ SĐľuvent assĐľciĂ© Ă  une cirrhĐľse, une hĂ©patite chrĐľnique Đľu Ă  la stĂ©atĐľse hĂ©patique, ce cancer figure aujĐľurd’hui parmi les principales causes de dĂ©cès par cancer dans le mĐľnde․ Quels sĐľnt les signes qui dĐľivent alerter ? Quels facteurs augmentent le risque ? Quels traitements sĐľnt dispĐľnibles actuellement pĐľur sĐľigner les tumeurs du fĐľie ? ExplicatiĐľns․

Le cancer du foie progresse silencieusement dans le monde entier. DĂ©jĂ  considĂ©rĂ© comme l’un des cancers les plus meurtriers, il pourrait voir son nombre de cas presque doubler d’ici 2050. Cette hausse s’explique en grande partie par l’augmentation de plusieurs facteurs de risque dĂ©sormais très rĂ©pandus : consommation d’alcool, obĂ©sitĂ©, diabète ou encore hĂ©patites virales. Des maladies et habitudes de vie qui fragilisent progressivement le foie, souvent sans provoquer de symptĂ´mes visibles pendant des annĂ©es.

Aujourd’hui, le cancer du foie reste particulièrement redouté par les médecins car il est fréquemment diagnostiqué tardivement, lorsque les possibilités de traitement sont déjà limitées. Pourtant, les spécialistes estiment qu’une large partie des cas pourrait être évitée grâce à la prévention, au dépistage et à une meilleure prise en charge des personnes les plus à risque.

Le cancer du foie apparaît lorsque certaines cellules hépatiques commencent à se multiplier de manière anarchique jusqu’à former une tumeur maligne. Dans la majorité des cas, il s’agit d’un carcinome hépatocellulaire, aussi appelé carcinome hépatique. Cette forme représente le principal cancer primitif du foie, c’est-à-dire un cancer qui naît directement dans les hépatocytes, les cellules du tissu hépatique.

Le foie peut également être touché par d’autres tumeurs plus rares, comme les cancers des voies biliaires appelés cholangiocarcinomes. Mais dans la pratique, lorsque les médecins parlent de cancer du foie, ils évoquent le plus souvent le carcinome hépatocellulaire.

Le problème est que cette maladie se développe souvent sur un organe déjà abîmé. Un foie cirrhotique ou atteint de fibrose chronique devient progressivement inflammatoire. À force de tentatives de régénération, certaines cellules hépatiques finissent par subir des anomalies génétiques favorisant une prolifération cancéreuse.

L’espĂ©rance de vie avec un cancer du foie varie de manière considĂ©rable d’un patient Ă  l’autre. Contrairement Ă  d’autres pathologies, les mĂ©decins ne regardent pas uniquement la taille de la tumeur, mais Ă©valuent une “double maladie” : le cancer lui-mĂŞme, et l’Ă©tat de santĂ© du reste du foie (qui est très souvent dĂ©jĂ  abĂ®mĂ© par une cirrhose).

Voici les chiffres de survie à retenir (qui reflètent des moyennes statistiques globales et non des cas individuels) :

  • Le taux de survie global : en France, le cancer du foie reste une pathologie au pronostic sĂ©vère, car il est souvent silencieux et diagnostiquĂ© tardivement. Le taux de survie nette Ă  5 ans, tous stades confondus, tourne autour de 20 %.
  • Au stade prĂ©coce (maladie localisĂ©e) : c’est lĂ  que l’espoir est le plus fort. Si la tumeur est petite, unique, et n’a pas envahi les vaisseaux sanguins, des traitements curatifs radicaux (comme l’ablation chirurgicale ou la greffe de foie) sont possibles. Dans ce cas de figure prĂ©cis, le taux de survie Ă  5 ans grimpe drastiquement et dĂ©passe les 60 % Ă  70 %.
  • Aux stades avancĂ©s : lorsque la maladie s’est Ă©tendue en dehors du foie (mĂ©tastases) ou qu’elle a envahi la veine porte, la chirurgie n’est plus possible. L’espĂ©rance de vie mĂ©diane historique se comptait souvent en mois, mais les rĂ©centes avancĂ©es en immunothĂ©rapie et en thĂ©rapies ciblĂ©es ont permis de prolonger significativement la survie et d’amĂ©liorer la qualitĂ© de vie des patients au cours des dernières annĂ©es.
  • Le facteur dĂ©cisif : la fonction hĂ©patique. MĂŞme si la tumeur est petite, un foie trop sĂ©vèrement atrophiĂ© par une cirrhose terminale assombrira grandement le pronostic, car l’organe ne pourra pas supporter les traitements lourds.

Les hépatites virales restent les premières causes de cancer du foie dans le monde. Les virus de l’hépatite B et de l’hépatite C provoquent une inflammation chronique qui détruit lentement les cellules du foie pendant parfois plusieurs décennies.

L’alcool constitue un autre facteur majeur. Une consommation excessive et répétée entraîne une cirrhose alcoolique, c’est-à-dire une destruction progressive du tissu hépatique remplacé par des cicatrices fibreuses. Les hépatologues rappellent qu’il n’existe pas de seuil totalement sans risque pour le foie.

Depuis plusieurs années, une autre maladie progresse fortement : la stéatose hépatique non alcoolique, aussi appelée “maladie du foie gras” ou MASLD. Chez certaines personnes souffrant d’obésité, de diabète ou de syndrome métabolique, les graisses s’accumulent dans les cellules hépatiques. Cette surcharge peut provoquer une inflammation chronique appelée NASH, qui augmente à son tour le risque de cirrhose et de cancer.

D’autres facteurs plus rares existent également, comme l’hémochromatose, une maladie liée à une surcharge en fer, certaines maladies auto-immunes du foie ou l’exposition prolongée à des substances toxiques industrielles.

Le cancer du foie a la particularitĂ© d’ĂŞtre un cancer “silencieux”, il peut Ă©voluer longtemps sans symptĂ´me, notamment chez les patients suivis pour une cirrhose ou une hĂ©patite chronique. Lorsque la maladie progresse, elle peut provoquer une fatigue importante, une perte d’appĂ©tit, un amaigrissement, une douleur sous les cĂ´tes droites, un ventre gonflĂ© par une ascite ou encore une jaunisse liĂ©e Ă  une mauvaise Ă©limination de la bilirubine.

Les mĂ©decins surveillent aussi certains marqueurs biologiques comme les transaminases ou l’alpha-foetoprotĂ©ine. Le diagnostic repose principalement sur l’échographie abdominale, complĂ©tĂ©e si besoin par un scanner, une IRM ou parfois une biopsie hĂ©patique afin de confirmer le Carcinome hĂ©patocellulaire.

Le traitement du cancer du foie dépend notamment de la taille de la tumeur, de l’état du foie, de la présence d’une cirrhose ou de métastases. Lorsque la tumeur est localisée, une chirurgie peut permettre de retirer la partie atteinte du foie, tandis qu’une transplantation hépatique peut être proposée chez certains patients souffrant aussi d’une cirrhose sévère.

Lorsque la chirurgie n’est pas possible, d’autres techniques existent comme la radiofréquence, qui détruit la tumeur par la chaleur, ou la chimio-embolisation, qui cible directement l’artère nourrissant la tumeur. Pour les formes avancées, l’immunothérapie et les thérapies ciblées occupent désormais une place majeure afin de freiner le développement des cellules cancéreuses.

Le cancer du foie fait partie des cancers les plus évitables. Les spécialistes estiment qu’une grande partie des cas pourraient être prévenus grâce à une meilleure prise en charge des facteurs de risque.

La vaccination contre l’hépatite B reste l’une des mesures les plus efficaces. Le dépistage du VHB et du VHC permet également de traiter plus tôt les hépatites chroniques avant l’apparition d’une cirrhose.

Limiter la consommation d’alcool joue un rôle essentiel. Les médecins recommandent aussi de lutter contre le surpoids, la sédentarité et le diabète afin de freiner la progression de la stéatose hépatique.

Chez les patients atteints de cirrhose ou d’hépatite chronique, une surveillance régulière par échographie abdominale tous les six mois permet parfois de détecter une tumeur à un stade précoce, lorsque des traitements curatifs restent possibles.

Les hépatologues rappellent enfin qu’un foie malade ne provoque pas toujours de douleur immédiate. C’est justement ce silence qui rend le dépistage et la prévention si importants aujourd’hui.

Ă€ SAVOIR

Au printemps 1960, une mystĂ©rieuse Ă©pidĂ©mie appelĂ©e « Turkey X disease » provoque la mort de plus de 100 000 dindes autour de Londres. Les enquĂŞteurs dĂ©couvrent que les Ă©levages touchĂ©s utilisaient des tourteaux d’arachide contaminĂ©s par Aspergillus flavus, producteur d’une toxine inconnue Ă  l’époque : l’aflatoxine. Les chercheurs montreront ensuite que cette substance est l’un des cancĂ©rigènes naturels les plus puissants pour le foie, favorisant notamment des mutations du gène p53 et augmentant le risque de Carcinome hĂ©patocellulaire. Cette crise sanitaire a conduit Ă  renforcer les contrĂ´les alimentaires sur les cĂ©rĂ©ales, fruits Ă  coque, maĂŻs ou cafĂ© afin de dĂ©tecter les aflatoxines.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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