Douleur au coccyx : comment reconnaître un sinus pilonidal ?

le 26 septembre 2026 à 09h52
Personne posant sa main sur la partie supérieure de la fesse, près du coccyx, en raison d’une gêne, suspectant un sinus pilonidal.
Une douleur située en haut du sillon interfessier peut révéler la présence d’un sinus pilonidal, notamment lorsque celui-ci s’infecte et forme un abcès. ©bestnj / Canva
Le sinus pilonidal peut passer inaperçu pendant longtemps avant de devenir brutalement douloureux lorsqu’une infection apparaît. Située près du coccyx, cette petite lésion peut alors gonfler, rougir et former un abcès nécessitant parfois un drainage. Comment reconnaître un sinus pilonidal infecté ? Peut-il disparaître spontanément ? Comment traiter un abcès pilonidal ? Et quand une opération devient-elle nécessaire ? Explications.
Sommaire

Une petite boule apparaît tout en haut du sillon entre les fesses, près du coccyx. Au début, elle peut rester discrète et presque indolore. Puis la zone devient sensible lorsque l’on s’assoit.

En quelques jours, le gonflement augmente, la peau rougit et une douleur parfois intense rend la position assise particulièrement inconfortable. Un écoulement de pus ou de sang peut même apparaître.

Ces symptômes peuvent correspondre à un sinus pilonidal, souvent appelé à tort « kyste pilonidal ». Il s’agit d’un petit trajet qui se forme sous la peau, généralement dans le pli interfessier. Des poils peuvent y pénétrer et entretenir une réaction inflammatoire.

Tant qu’il n’est pas infecté, le sinus peut passer totalement inaperçu. C’est souvent la formation d’un abcès qui révèle son existence.

Quels sont les symptômes d’un sinus pilonidal ?

Un sinus pilonidal non infecté peut ne provoquer aucun symptôme. On remarque parfois simplement un ou plusieurs petits orifices dans la peau au sommet du sillon interfessier. 

Lorsque l’inflammation ou l’infection apparaît une boule douloureuse se forme sous la peau. La zone devient rouge, gonflée et très sensible au toucher. La douleur augmente particulièrement en position assise, car le poids du corps exerce une pression directe sur la lésion.

Un écoulement de pus ou de sang peut également sortir par un petit orifice cutané. Il peut avoir une odeur désagréable. Lorsque les épisodes deviennent chroniques, cette suppuration peut revenir régulièrement, parfois entre deux périodes où la gêne est beaucoup plus faible. 

Où se situe exactement cette boule ?

La localisation est très caractéristique. Le sinus pilonidal apparaît principalement dans le sillon entre les fesses, au-dessus de l’anus et près du coccyx.

C’est une grosseur contenant fréquemment des poils et située au niveau du pli interfessier, particulièrement douloureuse lorsqu’elle est surinfectée. 

Une grosseur située directement autour de l’anus peut en revanche correspondre à une autre pathologie, notamment un abcès anal ou une fistule. L’examen médical permet d’éviter cette confusion.

Pourquoi un sinus pilonidal se forme-t-il ?

Le mécanisme le plus admis implique les poils, les frottements et la pression. Des poils détachés peuvent s’accumuler dans le sillon interfessier puis pénétrer progressivement sous la peau.

L’organisme les considère alors comme des corps étrangers et déclenche une réaction inflammatoire. Un petit trajet se constitue sous la surface cutanée. 

Les longues périodes en position assise peuvent favoriser le problème. Les personnes ayant une pilosité importante sont aussi davantage concernées. Cela explique pourquoi la maladie touche particulièrement les jeunes adultes, même si elle peut survenir à d’autres âges. 

Comment reconnaître un sinus pilonidal infecté ?

Une augmentation rapide de la douleur et du gonflement constitue le principal signal. La petite grosseur devient chaude, rouge et tendue. La position assise peut devenir presque impossible.

Cette infection peut évoluer vers un abcès, c’est-à-dire une cavité remplie de pus. Celui-ci peut parfois apparaître brutalement en quelques jours. De la fièvre ou un mauvais état général sont possibles lorsque l’infection devient plus importante. 

Il ne faut pas essayer de percer ou de presser soi-même cette masse. Manipuler un abcès peut aggraver l’inflammation et ne permet pas de traiter correctement la cavité sous la peau.

Les facteurs à risques

Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’apparition d’un sinus pilonidal, souvent appelé kyste sacro-coccygien. Cette affection est deux à quatre fois plus fréquente chez les hommes, notamment chez ceux présentant une pilosité importante.

Le surpoids et l’obésité constituent également des facteurs de risque : l’excès de poids peut accentuer la profondeur du sillon interfessier ainsi que les frottements et la pression exercée dans cette zone, facilitant ainsi la pénétration des poils sous la peau.

Une transpiration excessive peut aussi entretenir l’humidité, la macération et l’irritation cutanée. De même, une hygiène insuffisante peut favoriser l’accumulation de poils et de débris cutanés dans le sillon interfessier, sans toutefois constituer à elle seule la cause de la maladie.

Enfin, certaines personnes semblent présenter une prédisposition familiale, notamment en raison de caractéristiques anatomiques ou pileuses communes au sein d’une même famille.

Comment le médecin confirme-t-il le diagnostic ?

Le diagnostic repose le plus souvent sur l’examen clinique. La position de la lésion, l’aspect des petits orifices, la rougeur et l’éventuel écoulement permettent généralement de reconnaître la maladie.

Une IRM, une échographie ou un scanner ne sont donc pas systématiquement nécessaires. Des examens d’imagerie peuvent toutefois être envisagés lorsque la localisation est inhabituelle, que la maladie paraît complexe ou qu’une autre pathologie doit être écartée. 

Un sinus pilonidal peut-il disparaître tout seul ?

Lorsqu’il ne provoque aucun symptôme et ne présente aucun signe d’infection, il n’est pas nécessairement traité immédiatement. Une surveillance et une bonne hygiène locale peuvent suffire. 

Un abcès peut parfois se vider spontanément et donner l’impression que le problème est réglé. Mais le sinus situé sous la peau peut persister, expliquant pourquoi douleurs, gonflements ou écoulements peuvent récidiver quelques semaines ou quelques mois plus tard. 

Comment traite-t-on un abcès pilonidal ?

Lorsqu’un abcès douloureux rempli de pus s’est constitué, le traitement repose généralement sur son incision et son drainage. Le médecin ouvre la cavité afin d’évacuer le pus. Cette intervention peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale selon l’importance de l’abcès. 

Des antibiotiques peuvent être prescrits dans certaines situations, mais ils ne remplacent pas nécessairement le drainage lorsqu’une importante collection de pus est présente. Des pansements sont ensuite nécessaires pendant la cicatrisation.

Une opération est-elle toujours nécessaire ?

Non. Un sinus asymptomatique n’impose pas systématiquement de chirurgie. Une intervention devient surtout pertinente lorsque les infections récidivent, que la douleur persiste ou que du pus ou du sang s’écoulent régulièrement. 

Plusieurs techniques existent. Le chirurgien peut retirer le trajet et laisser la plaie cicatriser progressivement, refermer la zone selon certaines techniques ou utiliser, dans des situations sélectionnées, une procédure endoscopique moins invasive. Le choix dépend notamment de l’étendue des lésions et du risque de récidive. 

Après une exérèse avec cicatrisation ouverte, l’AP-HP indique que des pansements quotidiens peuvent être nécessaires et que la cicatrisation demande au minimum plusieurs semaines. 

Quand faut-il consulter ?

Une boule douloureuse près du coccyx, surtout lorsqu’elle grossit rapidement, devient rouge, saigne ou laisse couler du pus, doit conduire à consulter rapidement. Ces manifestations correspondent aux principaux signes d’un sinus pilonidal infecté. 

Ainsi, le signe à retenir reste une grosseur située tout en haut du pli entre les fesses, associée à une douleur croissante en position assise et parfois à un écoulement. Plus l’inflammation progresse, plus le risque de formation d’un abcès augmente, rendant une prise en charge médicale nécessaire.

À SAVOIR

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la maladie pilonidale devient particulièrement fréquente parmi les soldats américains. Environ 80 000 militaires auraient été touchés, entraînant d’importantes périodes d’indisponibilité. À l’époque, cette fréquence est associée aux longues heures passées assis dans des véhicules militaires circulant sur des terrains accidentés, ce qui lui vaut le surnom de « Jeep disease », ou « maladie de la Jeep ».

Image de Pier Paolo Walack
Pier Paolo Walack
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partagez sur