Homme souffrant de maux de tête et de vertiges, des signes pouvant évoquer un cancer du cerveau.
Le cancer du cerveau est une maladie liée à une prolifération anormale de cellules dans le système nerveux central. ©pressfoto / Freepik

Maux de tête persistants, troubles neurologiques, crises inexpliquées… Et si ces symptômes cachaient une tumeur au cerveau ? Derrière le cancer du cerveau se dissimule en réalité une grande variété de maladies, aux évolutions et pronostics très différents. Combien de formes de tumeurs existent-elles ? Comment les détecter ? Comment se soigner d’un cancer au cerveau ? Explications.

Chaque année, plus de 300 000 personnes dans le monde apprennent qu’elles sont atteintes d’un cancer du cerveau. En France, ces maladies restent relativement rares, mais elles recouvrent des réalités très différentes.

On distingue notamment les formes malignes, avec environ 5 900 nouveaux cas par an, et l’ensemble des tumeurs, y compris les formes bénignes comme les méningiomes, qui représentent entre 21 et 25 cas pour 100 000 habitants.

Un cancer du cerveau n’est pas une infection. Il ne s’attrape pas comme un virus ou une bactérie. Il s’agit en réalité d’un dérèglement des cellules au sein du système nerveux central, qui se mettent à se multiplier de manière anarchique.

Les médecins distinguent deux grandes situations. D’un côté, les tumeurs dites primaires, qui se développent directement dans le cerveau. De l’autre, les tumeurs secondaires, appelées métastases cérébrales, qui correspondent à la propagation d’un cancer situé ailleurs dans le corps, comme au niveau du poumon, du sein ou de la peau.

Les tumeurs primitives peuvent apparaître à partir de différents types de cellules. Certaines proviennent des cellules gliales, qui jouent un rôle de soutien essentiel pour les neurones : elles les nourrissent, les protègent et maintiennent l’équilibre du cerveau. D’autres se développent à partir des méninges, ces membranes qui enveloppent et protègent le cerveau et la moelle épinière.

Dans la majorité des cas, ces tumeurs se situent dans les hémisphères cérébraux, c’est-à-dire les deux grandes parties du cerveau impliquées dans la pensée, la mémoire ou encore les sensations.

On estime qu’environ 85 % des cas se trouvent dans cette zone. Plus rarement, elles touchent des régions plus profondes comme le cervelet ou le tronc cérébral, situés à l’arrière du cerveau. Les tumeurs de la moelle épinière, elles, restent peu fréquentes.

Sur le plan épidémiologique, ces cancers sont davantage observés dans les pays occidentaux, notamment en Amérique du Nord et en Europe. Plusieurs facteurs sont étudiés, mais à ce jour, le principal facteur de risque clairement identifié reste l’exposition à des rayonnements ionisants, comme les rayons X ou certaines formes de radioactivité, qui peuvent endommager l’ADN des cellules.

En revanche, les données actuelles, notamment celles de l’Anses, ne montrent pas de lien entre l’utilisation des téléphones portables et le développement de cancers du cerveau. Les ondes qu’ils émettent sont trop faibles pour altérer l’ADN de nos cellules.

L’Organisation mondiale de la santé souligne que les tumeurs cérébrales forment un ensemble très varié, avec plus de 140 types différents, définis selon leurs caractéristiques biologiques et moléculaires.

Un point souvent méconnu, mais plutôt rassurant : environ 65 % des tumeurs primitives sont considérées comme bénignes sur le plan médical, c’est-à-dire qu’elles ne présentent pas de caractère cancéreux.

Astrocytome pilocytique (grade I) : tumeur peu agressive, le plus souvent diagnostiquée chez l’enfant (âge moyen : 11 ans).

Astrocytome diffus (grade II) : tumeur de bas grade mais infiltrante, généralement découverte à l’âge adulte (environ 45 ans).

Oligodendrogliome (grade II) : tumeur à évolution relativement lente, souvent diagnostiquée autour de 44 ans.

Astrocytome anaplasique (grade III) : forme plus agressive, avec une prolifération cellulaire plus rapide (âge moyen : 52 ans).

Oligodendrogliome anaplasique (grade III) : tumeur maligne avec une réponse parfois meilleure aux traitements (âge moyen : 49 ans).

Glioblastome (grade IV) : forme la plus agressive des tumeurs cérébrales, généralement diagnostiquée vers 66 ans.

Le pronostic des tumeurs cérébrales dépend principalement de leur grade, qui correspond à leur niveau d’agressivité et à leur vitesse de progression.

Les tumeurs de bas grade (grade I et II), souvent peu agressives, présentent généralement un pronostic favorable, avec des taux de survie à 5 ans pouvant dépasser 70 à 90 % selon les cas.

À l’inverse, les tumeurs de haut grade (grade III et IV) évoluent plus rapidement et sont plus difficiles à traiter. La survie à 5 ans diminue alors fortement, notamment pour le glioblastome (grade IV), où elle reste inférieure à 10 %.

Ces chiffres varient selon l’âge du patient, la localisation de la tumeur et la réponse aux traitements. Ils permettent néanmoins de mieux comprendre l’importance du diagnostic précoce et de la classification des tumeurs.

Le cerveau est enfermé dans une boîte crânienne rigide, qui ne peut pas s’étendre. Lorsqu’une tumeur apparaît, elle prend donc de la place dans un espace déjà limité.

Résultat : elle comprime progressivement les zones de cerveau sain et provoque une augmentation de la pression à l’intérieur du crâne, appelée hypertension intracrânienne.

Cette pression se manifeste souvent par des maux de tête inhabituels. Ils sont généralement pulsés (comme des battements) et plus intenses au réveil, car la position allongée favorise l’afflux de sang vers la tête.

Ces céphalées peuvent s’accompagner de nausées et de vomissements soudains, parfois très brutaux.

Un autre signe qui doit alerter est l’apparition de crises d’épilepsie chez un adulte qui n’en a jamais présenté auparavant.

Enfin, selon la localisation de la tumeur, des troubles spécifiques peuvent apparaître : faiblesse d’un membre, difficultés à parler, troubles de la vision ou sensations de vertige.

Longtemps, les tumeurs malignes du système nerveux central ont été associées à un pronostic particulièrement sombre. Mais la situation évolue. Depuis le milieu des années 2000, la mortalité diminue progressivement, grâce aux progrès réalisés dans le diagnostic et les traitements.

La prise en charge commence le plus souvent par une intervention chirurgicale. Le neurochirurgien peut d’abord réaliser une biopsie pour identifier précisément la nature de la tumeur, puis tenter d’en retirer le maximum, tout en préservant les zones essentielles du cerveau.

Après l’opération, le traitement est généralement complété par de la radiothérapie, qui consiste à envoyer des rayons très ciblés pour détruire les cellules tumorales restantes. Une chimiothérapie peut également être proposée afin de limiter le risque de récidive.

En parallèle, de nouvelles approches se développent. La radiochirurgie permet, par exemple, de traiter certaines lésions avec une grande précision, sans ouvrir le crâne. L’immunothérapie, de son côté, vise à stimuler les défenses naturelles de l’organisme.

L’objectif de ces avancées est clair : améliorer à la fois la survie et la qualité de vie des patients atteints de tumeurs cérébrales.

À SAVOIR

Depuis 2010, des chercheurs explorent la virothérapie comme piste contre certains cancers comme le glioblastome. Le principe consiste à utiliser des virus modifiés pour infecter spécifiquement les cellules tumorales et stimuler le système immunitaire. En 2020, des travaux de l’Inserm ont montré que certaines cellules cancéreuses sont plus vulnérables aux virus, car elles perdent des mécanismes de défense antivirale. Cette approche vise ainsi à la fois à détruire directement la tumeur et à renforcer la réponse immunitaire contre le cancer.

Inscrivez-vous à notre newsletter
Ma Santé

Article précédentNaître par césarienne : un impact durable sur le microbiote et la santé intestinale ?
Article suivantGrand nettoyage de printemps : ranger sa maison peut aussi alléger l’esprit
Avatar photo
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici