Une foule qui déambule dans la rue, sous la menace du moustique tigre.
Santé publique France alerte sur l’impact du changement climatique et des flux internationaux comme facteurs aggravants. © Freepik

Salon-de-Provence, Saint-Chamond, Claix, Lipsheim… Ces noms ne vous disent peut-être rien, mais ils ont un point commun cet été : ce sont des foyers d’arboviroses autochtones. En clair, des cas de dengue et de chikungunya attrapés sans avoir mis un orteil hors de France. Une première dans certaines régions. Si plusieurs cas autochtones de chikungunya avaient déjà été signalés depuis la mi-juin, il s’agit d’une première pour la dengue, avec un cas repéré en Auvergne-Rhône-Alpes, dans la Loire. Le point.

L’été est là, les moustiques aussi. Mais parmi eux, un petit intrus sème la panique dans les bilans de santé publique : Aedes albopictus, alias le moustique-tigre, transmetteur de maladie arboviroses comme le chikungunya, la dengue ou le Zika. Et cette saison 2025 bat déjà des records.

Selon le dernier bulletin épidémiologique national publié par Santé publique France le 9 juillet 2025, dix foyers de transmission autochtone (une personne infectée localement, sans avoir voyagé en zone tropicale ou épidémique) ont été identifiés entre le 1er mai et le 8 juillet. 9 foyers de chikungunya (25 cas au total) et 1 foyer de dengue (1 cas).

C’est une évolution marquante. Jusqu’ici, ces maladies dites “exotiques” restaient à distance respectable. Mais cette année, elles circulent localement, et pas seulement dans les zones habituellement concernées du sud. Le Grand Est et la Nouvelle-Aquitaine enregistrent leurs premiers cas locaux de chikungunya.

Le moustique-tigre fait le lien

Comment est-ce possible ? Le vecteur, c’est Aedes albopictus, le fameux moustique-tigre implanté aujourd’hui dans 81 départements français. Ce moustique, actif de mai à novembre, peut transmettre le virus s’il pique une personne infectée même si celle-ci est simplement revenue d’un séjour à La Réunion ou en Martinique.

Et justement, les chiffres explosent côté cas importés (personnes ayant voyagé récemment) :

Quel département est le plus touché par ces cas autochtones ?

Parmi les épisodes en cours, c’est Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) qui concentre le plus grand nombre de cas autochtones de chikungunya :

  • 12 cas recensés entre le 16 et le 30 juin
  • Certains patients habitent à Grans et Lambesc, communes voisines

Les autres foyers sont plus modestes mais tout aussi surveillés :

  • 3 cas à Montoison (Drôme)
  • 3 cas à Grosseto-Prugna (Corse-du-Sud)
  • 1 cas à Claix (Isère) ou Lipsheim (Bas-Rhin)…

Le cas autochtone de dengue, quant à lui, a été identifié à Saint-Chamond (Loire) début juillet.

Dès la détection d’un cas, un protocole s’enclenche :

  • Enquête épidémiologique et entomologique
  • Traitement anti-moustiques (adulticides) dans un rayon de 300 mètres
  • Sensibilisation locale, porte-à-porte et mobilisation des professionnels de santé
  • Mesures de sécurité sur les dons de sang et produits issus du corps humain

Mais ces mesures suffiront-elles si les cas se multiplient ? Car Santé publique France le reconnaît : “d’autres foyers seront vraisemblablement identifiés, y compris en dehors des zones habituelles de transmission”.

Et les conditions sont réunies :

Le chikungunya, souvent brutal :

Ce sont deux maladies virales tropicales, transmises par piqûre de moustique. Pour mieux les connaître, il faut s’informer sur les symptômes. 

  • Fièvre élevée
  • Douleurs articulaires très intenses
  • Fatigue persistante parfois plusieurs semaines
  • Rarement mortel, mais très invalidant

La dengue, surnommée “grippe tropicale” :

  • Fièvre
  • Douleurs musculaires, nausées, maux de tête
  • Dans de rares cas : hémorragies (forme sévère appelée dengue hémorragique)

Pas de traitement curatif, uniquement du repos, de l’hydratation, du paracétamol (surtout pas d’aspirine), et surtout : éviter les piqûres pour ne pas entretenir la chaîne de transmission.

Il n’y a pas de vaccin disponible en France pour la population générale (hormis quelques cas très ciblés pour la dengue). Alors on revient aux basiques :

  • Répulsifs cutanés efficaces
  • Vêtements longs et couvrants
  • Moustiquaires
  • Suppression des eaux stagnantes autour du domicile (pots, soucoupes, gouttières…)

Et surtout : consulter dès les premiers symptômes si vous avez voyagé récemment ou si un cas est signalé près de chez vous.

À SAVOIR

Entre 2010 et 2024, seulement 4 épisodes autochtones de chikungunya avaient été identifiés en France. En à peine deux mois, 9 foyers sont déjà apparus en 2025.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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