Ozempic, Wegovy, Mounjaro… En quelques années, les médicaments GLP-1 ont pris une place importante dans la prise en charge du diabète de type 2 et de l’obésité. Perte de poids, meilleur contrôle de la glycémie et, chez certains patients, protection cardiovasculaire : leurs bénéfices sont nombreux. Mais ils pourraient ne pas durer une fois le traitement arrêté.
Plus l’interruption se prolonge, plus le risque d’infarctus, d’AVC ou de décès pourrait augmenter par rapport à une prise continue. Après deux ans d’arrêt, ce risque serait supérieur de 22 %. Dans le même temps, les kilos perdus peuvent revenir et la glycémie, la tension artérielle ou encore le cholestérol se dégrader. De quoi poser une question très concrète pour les patients : que reste-t-il réellement des bénéfices des GLP-1 lorsqu’on cesse de les prendre ?Arrêt des GLP-1 : quels sont les risques pour le cœur ?
Arrêt des GLP-1 : quels sont les risques pour le cœur ?
Jusqu’à 22 % de risque cardiovasculaire supplémentaire après deux ans d’arrêt
Arrêter les GLP-1 pourrait faire perdre progressivement leurs bénéfices protecteurs sur le cœur. Selon une étude américaine, plus l’arrêt du traitement se prolonge, plus le risque d’infarctus, d’AVC ou de décès augmente par rapport aux patients qui continuent de prendre leur médicament. Cette hausse du risque atteint :
- 4 % après six mois d’arrêt ;
- 14 % après un an ;
- 22 % après deux ans.
Autrement dit, les patients qui interrompent leur traitement pendant deux ans présentent un risque global d’infarctus, d’AVC ou de décès supérieur de 22 % à celui des personnes qui le poursuivent. Cela ne signifie pas que 22 % des patients subiront un accident cardiovasculaire, mais que les bénéfices protecteurs du médicament pourraient s’atténuer avec le temps.
Pourquoi ces médicaments protègent-ils aussi le cœur ?
Les GLP-1 ne servent pas seulement à faire perdre du poids ou à traiter le diabète. Ils peuvent aussi protéger le cœur et réduire le risque d’accidents cardiovasculaires. Ces médicaments imitent une hormone naturellement produite par l’intestin après les repas. Ils aident l’organisme à réguler le taux de sucre dans le sang, réduisent l’appétit et favorisent la sensation de satiété. Résultat, les patients mangent généralement moins, perdent du poids et contrôlent mieux leur diabète.
Mais leurs bénéfices ne s’arrêtent pas là. Chez certains patients, ces traitements permettent également de faire baisser la tension artérielle et d’améliorer plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire. Autant d’effets qui contribuent à préserver la santé du cœur et des vaisseaux sanguins.
Leur efficacité a d’ailleurs été démontrée dans plusieurs essais cliniques. Selon une étude publiée en 2023 dans le New England Journal of Medicine, le sémaglutide, la molécule présente dans l’Ozempic et le Wegovy, a permis de réduire de 20 % le risque d’infarctus, d’AVC ou de décès cardiovasculaire chez des personnes en surpoids ou obèses, déjà atteintes d’une maladie cardiovasculaire. Lorsque le traitement est interrompu, certains de ces bénéfices peuvent progressivement disparaître, ce qui pourrait contribuer à augmenter de nouveau le risque cardiovasculaire.
Jusqu’à 20 % d’événements cardiovasculaires en moins avec le sémaglutide
Le sémaglutide, la molécule présente dans l’Ozempic et le Wegovy, ne se contente pas d’aider à perdre du poids. Il peut aussi réduire le risque d’infarctus et d’AVC chez certains patients. C’est ce qu’a montré l’étude SELECT, publiée en novembre 2023 dans le New England Journal of Medicine. Pendant plus de trois ans, les chercheurs ont suivi 17 604 adultes en surpoids ou obèses, déjà atteints d’une maladie cardiovasculaire, mais sans diabète.
Résultat, 6,5 % des personnes traitées par sémaglutide ont subi un infarctus, un AVC ou un décès d’origine cardiovasculaire, contre 8 % chez celles ayant reçu un placebo, un produit sans principe actif. Le sémaglutide a ainsi permis de réduire de 20 % le risque relatif de ces événements cardiovasculaires graves. Une protection supplémentaire qui concerne toutefois des patients déjà atteints d’une maladie cardiovasculaire et qui ne peut pas être généralisée à tous les utilisateurs de ces médicaments.
Pourquoi l’arrêt des GLP-1 pourrait-il augmenter le risque cardiovasculaire ?
Pourquoi le risque d’infarctus et d’AVC pourrait-il augmenter après l’arrêt ?
Lorsqu’un patient arrête son traitement par GLP-1, les bénéfices obtenus peuvent progressivement disparaître. Le taux de sucre dans le sang peut remonter, l’appétit revenir et les kilos perdus refaire leur apparition. La tension artérielle et le cholestérol peuvent également augmenter. Or, tous ces facteurs favorisent le développement des maladies cardiovasculaires. Leur dégradation pourrait donc expliquer pourquoi le risque d’infarctus et d’AVC augmente après l’arrêt du traitement.
L’interruption des GLP-1 peut entraîner une reprise de poids et une dégradation de plusieurs indicateurs de santé, notamment chez les personnes atteintes de diabète ou d’obésité. Attention toutefois, l’arrêt des GLP-1 n’entraîne pas automatiquement un infarctus ou un AVC. L’étude américaine montre une augmentation du risque après l’interruption du traitement, sans prouver que celle-ci en est directement responsable. D’autres facteurs, comme l’évolution du diabète ou les maladies déjà présentes chez les patients, peuvent également jouer un rôle.
Même une interruption temporaire pourrait réduire les bénéfices du traitement
Arrêter temporairement les GLP-1 avant de reprendre son traitement pourrait également réduire leurs bénéfices protecteurs sur le cœur. Selon l’étude américaine, les patients qui interrompent leur traitement présentent un risque d’infarctus, d’AVC ou de décès plus élevé que ceux qui le poursuivent sans interruption.
Ce risque augmente de 12 % après un an d’utilisation avec des interruptions, et de 16 % lorsque celles-ci totalisent deux ans. Reprendre son médicament après une pause ne permet donc pas nécessairement de retrouver immédiatement tous ses bénéfices cardiovasculaires. Pour l’heure, les chercheurs ne savent pas précisément combien de temps il faut pour retrouver cette protection après la reprise du traitement.
Ozempic, Wegovy, Mounjaro : quelles conséquences après l’arrêt du traitement ?
Ozempic, Wegovy, Mounjaro : quels médicaments sont concernés en France ?
En France, plusieurs médicaments de la famille des GLP-1 sont prescrits contre le diabète de type 2 ou l’obésité. Parmi les plus connus, on retrouve :
- L’Ozempic, qui contient du sémaglutide et permet de contrôler le taux de sucre dans le sang chez les personnes atteintes de diabète de type 2.
- Le Wegovy, qui contient la même molécule, mais qui est destiné à la prise en charge du surpoids et de l’obésité.
- Le Mounjaro, à base de tirzépatide, qui agit sur deux hormones impliquées dans la régulation de l’appétit et de la glycémie. Il est utilisé contre le diabète de type 2 et l’obésité.
Depuis le 15 juin 2026, le Wegovy et le Mounjaro peuvent notamment être remboursés par l’Assurance maladie chez certains adultes souffrant d’obésité sévère, sous conditions médicales. Attention toutefois, les résultats de l’étude américaine concernent uniquement des patients atteints de diabète de type 2. Ils ne permettent donc pas d’affirmer que l’arrêt de ces médicaments chez une personne traitée uniquement pour une obésité entraîne exactement la même augmentation du risque d’infarctus et d’AVC.
Arrêt des GLP-1 : les kilos perdus peuvent vite revenir
L’arrêt des GLP-1 ne présente pas seulement un risque pour la santé cardiovasculaire. Il peut aussi s’accompagner d’une reprise de poids importante. Lorsque le traitement est interrompu, son effet coupe-faim disparaît progressivement, l’appétit revient et les kilos perdus peuvent refaire leur apparition.
Les patients reprennent en moyenne 60 % du poids perdu un an après l’arrêt du traitement. Concrètement, une personne ayant perdu 20 kilos pourrait en reprendre environ 12 au cours de l’année suivante. Une évolution qui varie toutefois d’un patient à l’autre. Cette reprise de poids peut également s’accompagner d’une hausse de la glycémie, de la tension artérielle ou du cholestérol, autant de facteurs susceptibles d’augmenter le risque d’infarctus et d’AVC.
Faut-il prendre ces médicaments toute sa vie ?
Les GLP-1 pourraient nécessiter un traitement de longue durée pour conserver leurs bénéfices sur la santé. Selon l’étude américaine, les patients ayant poursuivi leur traitement pendant trois ans présentaient un risque d’infarctus, d’AVC ou de décès inférieur de 18 % à celui des personnes prenant une autre famille de médicaments antidiabétiques.
Pour autant, cela ne signifie pas que tous les patients doivent prendre des GLP-1 à vie. La durée du traitement dépend de leur état de santé, de son efficacité et de ses éventuels effets indésirables, notamment les nausées, les vomissements ou les diarrhées. L’arrêt du traitement doit donc être discuté avec un médecin, qui pourra évaluer les risques et prévoir un suivi adapté du poids, de la glycémie et de la santé cardiovasculaire. L’objectif est de préserver au mieux les bénéfices obtenus, même lorsque le médicament ne peut plus être poursuivi.
À SAVOIR
L’Ozempic pourrait aussi réduire l’envie de boire de l’alcool ! Selon une étude américaine publiée en février 2025 dans JAMA Psychiatry, le sémaglutide, sa molécule active, a permis de diminuer les envies de boire et la quantité d’alcool consommée chez certains patients. Testé auprès de 48 adultes présentant des troubles liés à l’alcool, ce traitement pourrait ouvrir de nouvelles pistes contre les addictions. Des résultats encourageants, qui restent toutefois à confirmer par des études de plus grande ampleur.




