Prix du tabac : certains paquets de cigarettes vont baisser le 1er septembre

le 19 août 2026 à 18h12
Un homme qui prend une cigarette dans un paquet dont le prix a baissé.
Le gouvernement veut inciter les fumeurs à arrêter et les jeunes à ne jamais commencer. © Magnific
À contre-courant des hausses progressives du prix du tabac et du programme de santé publique en France, plusieurs références de cigarettes vont devenir moins chères à partir du 1er septembre 2026. Quatre paquets de Luckies perdront notamment 30 centimes, tandis que d’autres produits augmenteront légèrement. Mais pour l’immense majorité des cigarettes, les tarifs resteront inchangés. 
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C’est la surprise de la rentrée. Les fumeurs habitués à voir grimper le prix de leur paquet risquent d’être quelque peu étonnés au moment de passer chez leur buraliste. À compter du 1er septembre 2026, la nouvelle grille tarifaire des produits du tabac entrera en vigueur en France continentale. Et, cette fois, hausse ne sera pas forcément le maître-mot.

L’arrêté du 5 août 2026 homologuant les nouveaux prix réserve en effet quelques surprises. Si la grande majorité des références ne bouge pas, certains produits augmentent, tandis que d’autres… baissent. C’est notamment le cas de plusieurs paquets de la gamme Luckies, qui coûteront 30 centimes de moins.

Cette situation peut sembler paradoxale. Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics misent justement sur l’augmentation du prix du tabac pour décourager sa consommation. Le Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) 2023-2027 prévoit ainsi de porter le prix du paquet de cigarettes à 13 euros en 2027.

Mais comment le prix d’un paquet peut-il baisser ?

C’est probablement le point le plus déroutant. Si l’État augmente progressivement la fiscalité sur le tabac, comment un fabricant peut-il décider de vendre certaines cigarettes moins cher ? Parce que, contrairement à une idée assez répandue, ce n’est pas directement l’État qui fixe le prix de chaque paquet.

La Direction générale des douanes et droits indirects précise que les fabricants et fournisseurs fixent librement leurs tarifs, en tenant compte notamment de la fiscalité applicable. Ces prix sont ensuite soumis à une procédure d’homologation par les pouvoirs publics.

Un fabricant peut donc choisir de réduire la part qui lui revient afin d’afficher un prix final inférieur. En clair, il peut rogner sur sa marge commerciale pour rendre une référence plus compétitive face aux produits concurrents. Ce phénomène n’est d’ailleurs pas totalement inédit. Au 1er juin 2026, deux références de cigarettes Vogue avaient déjà connu une baisse particulièrement importante de 1,50 euro.

Paquets de cigarettes : quels seront les nouveaux prix ? 

Quels paquets vont augmenter au 1er septembre ?

À l’inverse, quelques références vont coûter un peu plus cher à partir du 1er septembre 2026. Les hausses restent toutefois limitées et ne concernent pas l’ensemble du marché. Parmi les changements annoncés, les cigarettes Mademoiselle augmentent de 10 centimes et le paquet de 20 passe de 11,10 à 11,20 euros. Les amateurs de tabac à rouler sont également concernés. Le Che Blond Authentique en pot de 30 grammes passe de 15,60 à 15,70 euros, soit 10 centimes supplémentaires. Même évolution pour certaines autres références de la gamme Che concernées par la nouvelle grille tarifaire.

Ces augmentations restent donc modestes par rapport aux fortes hausses observées ces dernières années. Surtout, elles ne touchent pas les principales références des géants du marché : les tarifs de nombreux paquets Marlboro, Camel et Winston restent stables au 1er septembre. La rentrée s’annonce ainsi assez calme chez les buralistes, malgré quelques mouvements de prix à la hausse… comme à la baisse.

Quels paquets de cigarettes vont baisser en septembre ?

La baisse la plus visible concerne plusieurs références commercialisées par British American Tobacco. D’après la nomenclature officielle annexée à l’arrêté du 5 août 2026, quatre paquets de 20 cigarettes de la gamme Luckies passeront de 11,50 euros à 11,20 euros, soit une diminution de 30 centimes :

  • Luckies Red Longues by Lucky Strike ;
  • Luckies Red by Lucky Strike ;
  • Luckies Blue by Lucky Strike ;
  • Luckies Ice by Lucky Strike.

D’autres produits connaissent également des diminutions. Certaines références Pueblo Classic voient par exemple leur tarif reculer de 10 à 15 centimes. Pas question pour autant de parler d’une baisse générale du tabac. Loin de là. L’immense majorité des références conserveront leur prix actuel au 1er septembre. Les principales cigarettes Marlboro, Camel ou Winston, notamment, restent globalement stables dans la nouvelle nomenclature.

Et quelques produits prennent même le chemin inverse. Le paquet de 20 cigarettes Mademoiselle augmente par exemple de 10 centimes pour atteindre 11,20 euros. Côté tabac à rouler, le Che Blond Authentique de 30 grammes passe de 15,60 à 15,70 euros, tandis que le Che Blond Authentique U Ribellu augmente également de 10 centimes.

Le prix du tabac reste pourtant une arme de santé publique

Ces quelques baisses ne signifient pas que la France change de cap dans sa politique antitabac. C’est même tout l’inverse. Le Programme national de lutte contre le tabac 2023-2027 du ministère de la Santé prévoit explicitement de rendre le tabac « moins attractif et moins abordable », notamment grâce au levier du prix. L’objectif affiché est d’atteindre 13 euros le paquet en 2027, avec une ambition plus large : parvenir à une première génération sans tabac d’ici 2032.

C’est démontré. Lorsque fumer coûte davantage, une partie des consommateurs réduit sa consommation ou tente d’arrêter. Par ailleurs, l’entrée dans le tabagisme devient financièrement moins accessible, notamment pour les plus jeunes. Mais le prix n’est évidemment qu’une pièce du puzzle.

La politique française associe fiscalité, prévention, accompagnement à l’arrêt, protection des mineurs et réduction de la place du tabac dans l’espace public. Et derrière ces politiques parfois perçues uniquement sous l’angle du portefeuille, l’enjeu reste avant tout sanitaire.

Les Français fument de moins en moins

Selon le Baromètre de Santé publique France publié en 2025, 24 % des personnes âgées de 18 à 79 ans déclaraient fumer en 2024 et 17,4 % fumaient quotidiennement. Chez les 18-75 ans de France hexagonale, la proportion de fumeurs quotidiens atteignait 18,2 %.

Le recul est considérable sur dix ans. Santé publique France estime que le nombre de fumeurs quotidiens âgés de 18 à 75 ans a diminué d’environ 4 millions entre 2014 et 2024. Leur proportion est passée de 28,6 % à 18,2 % sur cette période.

Les ventes enregistrées chez les buralistes suivent également cette tendance. Selon le bilan publié par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) en mai 2026, les volumes de tabac vendus dans le réseau des buralistes ont diminué de 8,2 % entre 2024 et 2025. Cela ne signifie toutefois pas que chaque paquet non vendu correspond à un fumeur ayant arrêté. Les achats réalisés à l’étranger ou en dehors du réseau officiel compliquent notamment l’interprétation des seules données de ventes. 

Un recul qui ne profite pas à tout le monde de la même manière

Derrière cette bonne nouvelle se cache néanmoins une réalité beaucoup moins uniforme. Tout le monde n’est pas égal face au tabac. Santé publique France observe toujours de fortes différences selon la situation sociale. En 2024, 25,1 % des ouvriers fumaient quotidiennement, contre 11,8 % des cadres, soit une proportion plus de deux fois supérieure.

Une donnée essentielle lorsqu’on parle du prix des cigarettes. Une augmentation de quelques dizaines de centimes n’a évidemment pas le même poids dans le budget de tous les ménages. Aussi, 55 % des fumeurs quotidiens déclaraient en 2024 avoir envie d’arrêter de fumer, tandis que 17,3 % indiquaient avoir réalisé une tentative d’arrêt d’au moins une semaine au cours des douze mois précédents.

La fiscalité vise donc à favoriser le recul du tabagisme, mais elle s’inscrit dans une stratégie plus large qui doit aussi permettre aux personnes dépendantes de trouver un accompagnement pour arrêter.

À SAVOIR

Quand vous achetez un paquet, l’essentiel de la fiscalité sur le tabac finance la Sécurité sociale. Selon la Direction générale des douanes, 99,5 % du produit de l’accise sur les produits du tabac en France continentale est affecté à la branche maladie, maternité, invalidité et décès de la Sécurité sociale. 

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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