Vrai ou faux : les voitures électriques peuvent rendre malade ?

Une automobiliste, ceinture bouclée, ferme les yeux et porte une main à sa bouche, prise de nausées qu’elle attribue aux ondes émises par la batterie.
Dans une voiture électrique, le freinage régénératif et l’absence de certains repères sonores peuvent accentuer le mal des transports chez les personnes sensibles. ©africa-images / Canva
C'est vrai․․․ mais pas pour les raisons souvent évoquées ! Certaines particularités des voitures électriques peuvent favoriser le mal des transports chez les passagers sensibles․ Des accélérations franches, le freinage régénératif et l'absence de bruit moteur peuvent perturber les repères du cerveau, entraînant nausées, vertiges ou maux de tête․ Explications․
Sommaire

Depuis l’arrivée des voitures électriques, certains conducteurs disent ressentir davantage de nausées pendant les trajets. Les ondes émises par la batterie, le silence du moteur ou les accélérations plus franches sont souvent mis en cause. Pourtant, ces explications ne sont pas toutes fondées.

Les bâillements, la pâleur, les sueurs froides ou les nausées correspondent généralement au mal des transports. Le freinage régénératif et le manque de repères sonores peuvent toutefois accentuer ce malaise chez les personnes sensibles.

La voiture électrique provoque-t-elle davantage de nausées ? Vrai

La voiture électrique ne provoque pas une nouvelle maladie, mais elle peut accentuer le mal des transports chez certaines personnes, notamment les passagers et les jeunes enfants.

Ce malaise apparaît lorsque les yeux et l’oreille interne transmettent des informations différentes au cerveau. Par exemple, les yeux restent fixés sur un écran ou l’habitacle, tandis que l’oreille interne ressent les accélérations, les virages et les freinages.

Les premiers signes sont souvent des bâillements, une pâleur, une salivation importante ou des sueurs froides. Des vertiges, des maux de tête, une somnolence, des nausées et parfois des vomissements peuvent ensuite apparaître.

Le freinage régénératif peut-il aggraver le mal des transports ? Vrai

Le freinage régénératif récupère de l’énergie lorsque le conducteur relâche l’accélérateur. Selon son réglage et la conduite adoptée, il peut entraîner des ralentissements fréquents ou difficiles à anticiper pour les passagers.

Une étude menée auprès de 16 personnes sensibles à la cinétose, terme médical désignant le mal des transports, a observé que « les niveaux élevés de freinage régénératif ont entraîné la plus forte proportion de passagers souffrant du mal des transports ».

Des signaux sonores annonçant le ralentissement ont également permis de réduire le malaise. Ces résultats doivent encore être confirmés sur un échantillon plus important, mais ils soulignent le rôle de l’anticipation des mouvements.

Le silence de la voiture électrique perturbe-t-il notre cerveau ? Vrai

Dans une voiture thermique, le bruit du moteur et les vibrations annoncent une accélération ou un ralentissement. Ces repères sont moins présents dans un véhicule électrique, ce qui peut rendre les mouvements plus difficiles à prévoir.

Ce n’est donc pas le silence qui provoque directement les nausées, mais le manque de repères, surtout lorsque le passager ne regarde pas la route.

Les ondes électromagnétiques sont-elles responsables de nausées ? Faux

Les voitures électriques produisent des champs électromagnétiques, mais rien ne permet de les tenir pour responsables des nausées ou des maux de tête.

L’étude de l’Office fédéral allemand de radioprotection, menée sur 11 voitures électriques, deux hybrides rechargeables et un modèle thermique, a relevé des variations selon la place occupée et les phases de conduite. 

Aucun dépassement des valeurs maximales recommandées pour les champs électriques induits dans le corps n’a toutefois été constaté.

Peut-on éviter d’être malade pendant le trajet ? Vrai

Pour limiter le mal des transports, mieux vaut adopter une conduite souple et réduire le freinage régénératif lorsqu’il est réglable. Le passager peut aussi s’installer à l’avant, regarder la route, garder la tête immobile, éviter les écrans, aérer l’habitacle et faire des pauses.

Avant le départ, il est conseillé de manger légèrement sans partir le ventre vide. Les repas copieux, les aliments gras ou épicés, l’alcool et le tabac sont à éviter avant et pendant le trajet.

Si les symptômes persistent, mieux vaut demander conseil à un médecin ou à un pharmacien. Certains médicaments contre le mal des transports peuvent provoquer une somnolence et ne conviennent pas à tout le monde. Allez, voiture Simone !

À SAVOIR

Au début du XXe siècle, les voitures à essence étaient bruyantes, vibraient fortement et dégageaient une forte odeur de pétrole, autant de désagréments associés au mal des transports. Dans les années 1910, des constructeurs comme Baker Electric et Detroit Electric présentaient donc leurs modèles silencieux et sans fumée comme une solution plus confortable contre les nausées. Clara Ford, épouse du fondateur de Ford Motor Company, préférait d’ailleurs conduire sa voiture électrique plutôt qu’une Ford T.

Image de Pier Paolo Walack
Pier Paolo Walack
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partagez sur