Une femme RH au bord du burn out à cause de la pression de son métier.
En France, 2,5 millions d’actifs seraient en risque élevé de burn-out, selon le baromètre Empreinte Humaine–OpinionWay 2023. © Adobe Stock

En 2025, plus d’un tiers des directeurs des ressources humaines envisagent de quitter leur entreprise pour protéger leur santé mentale. C’est le constat alarmant dressé par le baromètre de Teale. Dans un contexte où la souffrance psychique gagne du terrain dans le monde du travail, les DRH eux-mêmes apparaissent fragilisés, alors qu’ils sont censés veiller au bien-être des autres.

Selon le dernier baromètre publié par Teale en septembre 2025, 38 % des professionnels des ressources humaines déclarent envisager de quitter leur entreprise pour préserver leur santé mentale. C’est cinq points de plus qu’en 2024.

Le score moyen de bien-être des RH, mesuré par l’indice WHO-5 de l’Organisation mondiale de la santé, est tombé à 49 sur 100. En dessous de 50, on entre dans une zone considérée comme préoccupante, qui justifie une évaluation psychologique plus poussée. Autrement dit, une part importante des DRH évolue désormais aux portes de la détresse.

Ressources humaines : une fonction sous pression

La fonction RH a considérablement changé au fil des dernières années. Les directeurs des ressources humaines sont désormais sommés de répondre à des exigences multiples : 

À cela s’ajoute une mission d’écoute et de soutien des salariés en souffrance, qui pèse lourdement sur leurs propres épaules. Cette charge émotionnelle permanente peut se transformer en épuisement. Le paradoxe est cruel. Ceux qui veillent à la santé mentale des autres n’ont souvent ni le temps ni les ressources pour protéger la leur.

Le contexte français : un climat déjà tendu

Le malaise des DRH s’inscrit dans une tendance générale. D’après une enquête menée par l’Ifop avec moka.care et le GHU Paris, 45 % des actifs français se disent en détresse psychologique. Entre 2019 et 2023, les passages aux urgences pour motif psychiatrique ont bondi de 21 %. Et selon le baromètre Ayming, l’absentéisme pour maladie atteint désormais 23,3 jours en moyenne par salarié, un niveau record.

Dans ce contexte, les RH ne sont pas seulement des témoins. Ils sont eux-mêmes victimes d’un système qui les dépasse. Leurs missions de soutien se superposent à une surcharge de travail quotidienne, faite d’urgences, de contraintes réglementaires et de décisions difficiles.

Des conséquences pour les entreprises

La fragilité des DRH n’est pas sans conséquence pour les organisations. Lorsqu’un tiers d’entre eux envisage de partir, c’est la stabilité même de la fonction RH qui est menacée. Or, ces professionnels sont essentiels pour maintenir le dialogue social, recruter, accompagner les transformations et garantir un climat de travail sain.

La fatigue psychique peut aussi altérer la qualité de leurs décisions, réduire leur capacité d’écoute et fragiliser la confiance des équipes. À terme, c’est toute la stratégie de bien-être au travail qui risque de s’effondrer si ceux qui la portent ne sont plus en état de l’assumer.

Un coût économique et social

La santé mentale au travail n’est pas qu’une question individuelle. Elle a un poids financier considérable. Selon la Fondation FondaMental, les troubles psychiques coûtent environ 163 milliards d’euros par an à la société française, en raison de l’absentéisme, du turnover et des pertes de productivité. Pour une entreprise, chaque collaborateur en souffrance représente en moyenne un surcoût annuel de 3 800 euros.

Si les DRH eux-mêmes viennent à flancher, le risque est de voir ces coûts exploser, faute de relais internes capables de mettre en place des politiques efficaces de prévention et d’accompagnement.

Des pistes existent. Teale insiste sur la nécessité de créer de véritables espaces de soutien pour les RH, de ritualiser la récupération et d’alléger certaines charges organisationnelles. Plus largement, il s’agit de reconnaître officiellement que la santé mentale des DRH doit être protégée au même titre que celle des salariés.

Cela passe par une meilleure répartition des responsabilités, par une culture de confiance qui autorise les RH à exprimer leurs fragilités, et par un investissement réel des directions générales dans la prévention. Les DRH doivent pouvoir disposer d’un cadre protecteur, sans quoi ils ne pourront plus tenir leur rôle de « gardiens du bien-être ».

À SAVOIR 

En France, les troubles psychiques sont désormais la première cause des arrêts maladie de longue durée. Selon l’Assurance maladie, ils représentent près d’un quart des arrêts de plus de trois mois.

Inscrivez-vous à notre newsletter
Ma Santé

Article précédentMal de dos chronique : le cannabis thérapeutique pourrait être une solution
Article suivantPFAS : à Lyon, 300 habitants participent à une étude sur leur exposition réelle
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici