Coup de mou ? Vous n'êtes pas seul à vivre la déprime hivernale...
Connaissez-vous la différence entre la déprime, la dépression et le burn-out ? ©Canva

La fête est finie ! Malgré l’excitation de commencer une nouvelle année, la période “d’après fêtes” est souvent et de plus en plus marquée par une déprime générale due à la fin des festivités, la routine qui reprend, et à la nostalgie des joyeux moments passés en famille ou entre amis. Les explications de Pascal Frilloux, médecin psychiatre à la clinique Villa de Roses à Lyon, à l’occasion de son passage sur le plateau de l’émission Votre Santé, sur BFM TV Lyon.

L’effet hivernal, l’après-fête, et les vestiges du confinement dressent un portrait plutôt négatif de la santé mentale des français. Quels sont ces phénomènes ? Que faire en cas de déprime hivernale ? En attendant le si redouté Blue Monday, qui tombe chaque troisième lundi de janvier, Pascal Frilloux, médecin psychiatre, explique ce phénomène sur le plateau de l’émission Votre Santé du mardi 09 janvier 2024 sur BFM TV Lyon.

Pourquoi cette période est-elle si propice aux troubles mentaux ?

Premièrement, la période des fêtes n’est pas chaleureuse et festive pour tout le monde. Pour beaucoup, au contraire, cette période renvoie plutôt à la solitude, à l’isolement, deux éléments qui contribuent fortement à l’émergence de troubles dépressifs. 

Le début de l’année est une période délicate pour plus de monde, à la sortie des fêtes, notamment avec les conditions météorologiques qui n’arrangent rien. 

Le Covid-19 a-t-il eu sa part de responsabilité dans les troubles d’anxiété actuels ?

Selon Santé publique France, 13,5% des personnes avec des troubles d’anxiété étaient recensés avant le Covid-19, ils sont maintenant le double, soit 26,7% après le Covid-19. 

En effet, après le confinement, beaucoup de personnes ont développé des troubles anxieux, voire même des troubles phobiques du fait d’un retour à la vie normale compliquée. La difficulté de sortir de chez eux, d’être dans un lien social, de reprendre leurs activités… Tous ces facteurs ont conduit les Français a plus de déprime et d’anxiété. 

Autre constat qui a été fait sur la fin d’année 2022, une très forte augmentation du nombre de demandes pour des jeunes entre 18 et 22 ans a été constatée. Généralement, elles concernaient les troubles anxieux et les troubles phobiques.

Cette dernière année 2023, les chiffres se sont confirmés. Habituellement, des périodes de l’année sont plus calmes comme le mois d’août. Classiquement, tout le monde part en vacances, les hospitalisations se font plus rares. Mais pour la première fois en août 2023, le nombre de demandes et de patients n’a pas diminué.

Quelle différence y a-t-il entre une déprime, une dépression, et un burn out ? 

Premièrement, la déprime est un terme assez commun, ce n’est pas un terme médical au sens strict. La déprime correspond à une période de “petit coup de mou“ que tout le monde peut ressentir sans nécessité de prise en charge.  

À l’inverse, la dépression, terme parfois utilisé à tort et à travers, correspond à un ensemble de pathologies. Un patient peut subir des épisodes dépressifs, des troubles dépressifs… Il y a un ensemble de diverses situations qui se cachent derrière le terme “dépression”, même si il y a un tronc commun de symptômes.

Pour le burn-out, on pense toujours au domaine professionnel, mais on peut envisager ce terme dans d’autres situations. Certains expriment faire un “burn-out familial”, un “burn-out parental”. Dans cette pathologie, il y a des symptômes en lien avec ceux dépressifs, mais il y a surtout un véritable épuisement de la part des patients, pas seulement dans le monde professionnel.

En période de déprime, quels sont les conseils à suivre ? 

La première chose dont il faut se convaincre, lorsque l’on se sent déprimé, est que c’est normal. Il ne faut pas culpabiliser de se sentir mal. 

Il ne faut surtout pas hésiter à en parler à ses proches, à des personnes exterieures, pour trouver des solutions ensembles. Il ne faut pas rester seul avec son malaise, par risque qu’il s’accentue.  

Dans les cas où l’entourage n’est pas forcément compréhensif, ou si le mal-être commence à s’accentuer, avec des troubles du sommeil, de l’irritabilité, d’une fatigue anormale, il faut penser à consulter son médecin traitant qui pourra vous rediriger vers des psychologues et psychiatres en fonction du besoin. 

Retrouvez l’intégralité de l’émission Votre Santé du 9 janvier 2024 sur Ma Santé TV.

À SAVOIR 

Le numéro national d’urgence à contacter en situation de détresse psychologique, de pensées suicidaires, ou pour aider une personne en souffrance est le 3114.

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