Une petite fille avec des boutons rouges sur le visage suspectant une varicelle
Selon les données de surveillance épidémiologique, la varicelle touche presque exclusivement les enfants. La grande majorité des cas, environ 93 %, concerne des enfants de moins de 10 ans. ©pixelshot / CANVA

Provoquée par un virus très contagieux, la varicelle est une infection fréquente chez l’enfant, généralement bénigne mais parfois source de complications. Boutons, démangeaisons et fièvre en sont les signes typiques. Si la maladie guérit le plus souvent sans gravité, certaines situations nécessitent une vigilance particulière. Le point sur sa transmission, ses symptômes et les bons gestes pour limiter les risques.

La varicelle est souvent considérée comme une maladie classique de l’enfance. Pourtant, elle est très contagieuse et peut se propager rapidement en crèche ou à l’école. Un point important : une personne peut transmettre le virus avant même l’apparition des boutons, ce qui facilite sa diffusion.

La maladie est causée par un virus de la famille des herpès. Elle se transmet par contact direct avec les boutons, mais aussi par l’air. Une toux, un éternuement ou un contact rapproché peuvent suffire à contaminer quelqu’un qui n’est pas immunisé. Chez les jeunes enfants, l’infection est donc fréquente.

Comprendre comment le virus se transmet, reconnaître rapidement les symptômes et savoir quand consulter permet de limiter sa propagation et de protéger les personnes à risque.

On résume… La varicelle est une infection causée par un virus de la famille des herpès virus. Ce n’est pas une bactérie. Les antibiotiques ne sont donc pas utiles contre la maladie elle-même, sauf si une infection bactérienne se développe sur les boutons.

Autre chose importante à retenir, la varicelle est très contagieuse. Elle se transmet par contact direct avec les boutons, mais aussi par l’air. Quand une personne infectée tousse ou éternue, elle diffuse de petites gouttes de salive contenant le virus. Chez les jeunes enfants, qui n’ont jamais été en contact avec ce virus, la contamination est fréquente.

Problème, la personne malade est contagieuse environ deux jours avant l’apparition des premiers boutons, et elle le reste jusqu’à ce que toutes les lésions soient sèches et recouvertes de croûtes. Cela explique pourquoi des épidémies apparaissent rapidement dans les crèches et les écoles.

Après avoir été contaminé, il existe une période d’incubation. Elle dure en moyenne une quinzaine de jours. Pendant ce temps, aucun signe n’est visible, mais le virus se développe dans l’organisme.

En France, contrairement à la rougeole, aux oreillons ou à la rubéole, la vaccination contre la varicelle n’est pas systématique pour tous les enfants. Elle est toutefois recommandée pour certaines personnes à risque, ainsi que pour les adolescents et les adultes qui n’ont jamais eu la maladie.

La varicelle a des signes assez reconnaissables. Elle commence souvent par une petite fièvre. On peut aussi ressentir de la fatigue, un mal de tête ou des symptômes proches d’un léger rhume. Ces premiers signes sont généralement peu marqués.

Puis, l’éruption apparaît rapidement. Elle débute souvent sur le torse ou le cuir chevelu, avant de s’étendre au visage, au ventre et parfois aux bras et aux jambes. Les premiers boutons sont de petites taches rouges. Ils se transforment ensuite en petites cloques remplies d’un liquide clair : ce sont les vésicules, typiques de la varicelle. Ce liquide contient le virus et peut transmettre la maladie.

Le symptôme le plus gênant reste les démangeaisons. Elles peuvent être fortes et perturber le sommeil, surtout chez les enfants. Les boutons arrivent par vagues. On peut donc voir en même temps des taches rouges récentes, des cloques et des croûtes déjà sèches.

Des boutons peuvent aussi apparaître dans la bouche, ce qui rend les repas douloureux. Plus rarement, ils touchent les parties génitales.

Il faut rester vigilant face à certains signes inhabituels. Si des taches rouges ne disparaissent pas quand on appuie dessus avec un verre transparent, il est important de consulter rapidement. Même si la varicelle est bien connue, elle peut parfois être confondue avec d’autres maladies qui provoquent des plaques rouges.

La varicelle touche surtout les enfants pour une raison simple : leur système immunitaire n’a encore jamais rencontré le virus. Lorsqu’ils l’attrapent pour la première fois, leur corps apprend à le reconnaître et fabrique des anticorps. Une fois guéris, ils sont en général protégés pour longtemps. C’est pour cela qu’on a rarement la varicelle deux fois.

Après l’infection, le virus ne disparaît pas complètement. Il reste “endormi” dans certains ganglions nerveux, le long de la colonne vertébrale. Tant que le système immunitaire fonctionne bien, il ne provoque aucun symptôme.

Mais des années plus tard, si les défenses immunitaires baissent, à cause de l’âge, d’une grande fatigue, d’un traitement lourd ou d’une maladie, le virus peut se réveiller. Il provoque alors une autre maladie appelée zona. Elle se manifeste par une éruption douloureuse, souvent d’un seul côté du corps ou du visage.

C’est pour cette raison qu’une vaccination contre le zona est parfois recommandée chez les personnes âgées, afin de réduire le risque de réactivation du virus.

Même si la varicelle est souvent considérée comme une maladie bénigne de l’enfance, elle ne doit pas être prise à la légère. Le plus souvent, tout se passe bien, mais des complications peuvent apparaître.

La plus fréquente est l’infection des boutons. En se grattant, surtout avec des mains sales ou des ongles trop longs, des bactéries peuvent entrer dans la peau. Cela peut provoquer un impétigo, une infection cutanée qui nécessite parfois une crème antibiotique. D’où l’importance de gestes simples : bien se laver les mains et couper les ongles courts.

Plus rarement, des formes plus graves existent. Le virus peut toucher les poumons et provoquer une pneumonie. Dans des cas exceptionnels, il peut atteindre le cerveau et entraîner une encéphalite, ou provoquer des troubles de l’équilibre appelés ataxie. Ces situations sont rares, mais elles demandent une attention particulière.

Certaines personnes sont plus à risque :

  • Les femmes enceintes non protégées peuvent transmettre le virus à leur bébé. Cela peut entraîner des malformations ou, si l’infection survient juste avant la naissance, une varicelle grave chez le nouveau-né.
  • Les personnes dont le système immunitaire est affaibli peuvent développer des formes plus sévères.
  • Les adultes qui n’ont jamais eu la varicelle ont aussi plus de risques de complications, notamment au niveau des poumons.

Dans ces cas particuliers, un traitement antiviral comme l’aciclovir peut être prescrit pour réduire le risque de complications et limiter les séquelles.

Chez un enfant en bonne santé, le traitement de la varicelle sert surtout à soulager les symptômes. Il n’existe pas de médicament capable de faire disparaître le virus plus rapidement dans les formes simples. Le but est donc de réduire la fièvre et les démangeaisons.

En cas de fièvre, le paracétamol est recommandé. En revanche, certains médicaments sont à éviter. Attention ! L’aspirine est formellement déconseillée chez l’enfant atteint de varicelle, car elle peut provoquer une complication rare mais grave appelée syndrome de Reye, qui touche le foie et le cerveau.

Les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène sont également déconseillés, car ils peuvent favoriser des infections cutanées plus sévères. Si les démangeaisons sont importantes, un médecin peut prescrire un antihistaminique pour aider l’enfant à mieux les supporter.

Les soins de la peau sont essentiels. On peut appliquer un antiseptique incolore, comme la chlorhexidine, pour limiter le risque d’infection des boutons. Il est conseillé de privilégier des douches tièdes et rapides avec un savon doux.

Les bains prolongés sont à éviter, car ils ramollissent les croûtes et ralentissent la cicatrisation. Le talc et les crèmes grasses ne sont pas adaptés : ils favorisent l’humidité et peuvent aggraver l’état de la peau.

Concernant l’école, l’exclusion n’est plus obligatoire une fois la maladie déclarée. Mais, par précaution et pour limiter la contagion, il est préférable de garder l’enfant à la maison jusqu’à ce que toutes les lésions soient sèches. Le repos aide aussi à une meilleure récupération.

Dans la majorité des cas, la varicelle peut être suivie par le médecin traitant ou le pédiatre. Une simple consultation suffit pour confirmer le diagnostic et recevoir des conseils pour soulager l’enfant. Quand l’évolution est normale, aucun examen complémentaire n’est pas nécessaire.

En revanche, certains signes doivent faire réagir. Une fièvre élevée qui dure, un enfant très somnolent ou au contraire très agité, une toux qui s’aggrave, ou un bouton qui devient très rouge, gonflé et douloureux peuvent signaler une complication.

La varicelle chez un bébé de moins de six mois nécessite aussi un avis médical rapide. Dans ces cas, il ne faut pas attendre : il faut consulter sans délai, et se rendre aux urgences si l’état général se dégrade.

Une vigilance particulière concerne les femmes enceintes qui n’ont jamais eu la varicelle ou dont on ne connaît pas le statut immunitaire. En cas de contact avec une personne malade, elles doivent consulter rapidement pour faire une prise de sang. Si nécessaire, un traitement préventif, comme des immunoglobulines, peut être proposé afin de réduire les risques pour le bébé.

Ne l’oubliez pas: ce n’est pas parce qu’une maladie est fréquente qu’elle est sans danger. Une bonne information, une surveillance adaptée et une consultation en cas de doute sont les meilleures façons de traverser la varicelle… en toute sécurité.

À SAVOIR

Selon l’Assurance Maladie, quand un enfant a la varicelle, il faut surtout éviter toute transmission, notamment aux personnes fragiles : femmes enceintes non immunisées, personnes immunodéprimées, nouveau-nés ou bébés dont la mère n’a jamais eu la maladie. L’enfant doit rester à domicile jusqu’à ce que tous les boutons soient secs et croûtés, période la plus contagieuse. À la maison, aérez chaque jour, maintenez 19°C et évitez les lieux publics pour limiter la circulation du virus.

Inscrivez-vous à notre newsletter
Ma Santé

Article précédentInsuline et diabète : quand le sucre reste dans le sang… que se passe-t-il ?
Article suivantSanté mentale : TikTok, miroir du mal-être de la jeunesse
Avatar photo
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici