Un nourrisson en train de se faire vacciner contre la varicelle.
En France, où plus de 90 % des enfants ont contracté la varicelle avant l’âge de 10 ans, la vaccination ne fait l'objet que d'une simple recommandation. © Freepik

Longtemps considérée comme un passage obligé de l’enfance, la varicelle pourrait bientôt changer de statut en France. La Haute Autorité de Santé réfléchit à une généralisation de la vaccination contre la varicelle dès 12 mois. Mais pourquoi maintenant ? Pour qui ? Avec quels bénéfices… et quelles réserves ? Le point. 

La varicelle, causée par le virus varicelle-zona, est l’une des maladies infantiles les plus contagieuses. En France, près de 700 000 cas sont recensés chaque année, essentiellement chez les enfants de moins de 10 ans, selon Santé publique France.

Dans l’immense majorité des cas, l’évolution est bénigne. Mais pas toujours. Chaque année, environ 3 000 hospitalisations sont liées à des complications de la varicelle : surinfections cutanées, pneumonies, atteintes neurologiques. Et une vingtaine de décès surviennent encore, touchant surtout les nourrissons, les adultes non immunisés et les personnes immunodéprimées.

C’est pourquoi la HAS est aujourd’hui en réflexion sur une potentielle généralisation de la vaccination. 

Pourquoi reparle-t-on aujourd’hui de vaccination généralisée ?

Fin 2025, la Haute Autorité de Santé a publié une note de cadrage officielle, annonçant l’ouverture d’une évaluation en vue d’une possible recommandation vaccinale contre la varicelle chez tous les nourrissons à partir de 12 mois.

Après plusieurs hivers marqués par la pandémie de Covid-19, les virus respiratoires et infantiles ont repris une circulation intense. Et la varicelle “fait son retour” avec des épidémies parfois plus marquées que les années précédentes.

Au-delà de l’aspect épidémique et infectieux, le France souhaiterait potentiellement suivre l’exemple d’autres pays. Les États-Unis, l’Allemagne ou l’Australie ont introduit la vaccination universelle contre la varicelle il y a plus de quinze ans. Résultat, une chute spectaculaire des cas (–80 à –90 %), des hospitalisations et des formes graves, selon plusieurs études publiées notamment dans The New England Journal of Medicine et The Lancet Infectious Diseases.

Où en est-on aujourd’hui en France ?

La vaccination contre la varicelle n’est pas généralisée chez les nourrissons en France. Elle est actuellement recommandée uniquement pour certains publics bien identifiés :

  • les adolescents de 12 à 18 ans n’ayant jamais eu la varicelle,
  • les femmes en âge de procréer sans antécédent,
  • les personnes en contact étroit avec des sujets immunodéprimés,
  • certains professionnels de santé.

Chez les jeunes enfants, la France a longtemps fait le choix de laisser circuler le virus, afin que l’immunité se fasse tôt et naturellement. Un choix assumé, mais aujourd’hui réinterrogé à la lumière de nouvelles données scientifiques.

Généralisation de la vaccination : que va évaluer la HAS ? 

La mission confiée à la Haute Autorité de Santé n’est pas une formalité. D’ici novembre 2026, ses experts vont passer au crible plusieurs dimensions essentielles :

  • le rapport bénéfice-risque du vaccin chez le nourrisson,
  • l’impact épidémiologique, notamment sur le risque de déplacement des infections vers l’âge adulte,
  • les conséquences économiques pour le système de santé,
  • l’acceptabilité par les parents et les professionnels,
  • et la cohérence avec le calendrier vaccinal déjà très chargé à 12 mois.

Le vaccin contre la varicelle est un vaccin vivant atténué, utilisé depuis plus de 25 ans dans le monde. Les études internationales montrent une excellente efficacité après deux doses et un profil de tolérance jugé très satisfaisant. Les effets indésirables sont le plus souvent bénins : fièvre modérée, réaction locale, parfois une éruption légère.

C’est l’un des points les plus débattus. Certains chercheurs ont longtemps craint qu’en réduisant la circulation du virus sauvage, la vaccination augmente à long terme le risque de zona chez l’adulte.

Or, les données les plus récentes tendent à rassurer. Les pays ayant généralisé la vaccination n’ont pas observé d’explosion durable du zona, surtout depuis l’arrivée des vaccins spécifiques contre le zona chez les seniors. Un équilibre subtil, mais surveillé de près par les autorités sanitaires.

C’est la question que beaucoup de parents se posent. Pour l’instant, aucune vaccination généralisée contre la varicelle n’est recommandée chez les nourrissons en France. En l’absence de consigne universelle, la décision reste donc au cas par cas, à prendre après discussion avec son médecin traitant ou son pédiatre. Plusieurs éléments peuvent entrer en ligne de compte, notamment :

  • l’âge de l’enfant et son état de santé,
  • le mode de garde (crèche, assistante maternelle, fratrie scolarisée), qui peut favoriser l’exposition au virus,
  • la présence dans l’entourage de personnes fragiles, comme un nourrisson, une femme enceinte non immunisée ou une personne immunodéprimée,
  • le contexte familial, notamment en cas de maladie chronique ou de traitements affaiblissant l’immunité.

Du côté des autorités sanitaires, la prudence reste de mise. Si la vaccination contre la varicelle chez les nourrissons devait être généralisée, cela ne se ferait pas avant fin 2026 ou 2027, après avis officiel et décision des pouvoirs publics. D’ici là, le débat se poursuit, entre tradition française, expériences étrangères et attentes des parents. 

À SAVOIR 

En France, plus de 90 % des personnes ont contracté la maladie avant l’âge de 10 ans, avec un pic de contamination situé entre 2 et 8 ans, notamment en collectivité (crèche, école, fratrie). C’est l’une des raisons pour lesquelles la varicelle a longtemps été considérée comme une maladie infantile quasi inévitable, généralement bénigne à cet âge, mais potentiellement plus grave lorsqu’elle survient plus tard, à l’adolescence ou à l’âge adulte.

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Ma Santé

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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