Arrêts maladie, téléphone au lycée, médicaments… Tout ce qui change au 1er septembre 2026

le 31 août 2026 à 11h05
Une foule de personnes qui se prépare aux nouvelles restrictions de la rentrée 2026.
Pour vérifier qu’une nouvelle règle vous concerne réellement, le site officiel Service-Public.fr permet de retrouver les droits et démarches à jour selon votre situation. © Magnific
À partir du mardi 1er septembre 2026, plusieurs nouvelles règles entrent en vigueur en France et vont toucher directement le quotidien des Français. Arrêts maladie désormais plafonnés, téléphone interdit au lycée, nouvelles règles à la pharmacie, retraites… voici ce qu’il faut retenir.
Sommaire

Le mois de septembre ne signe pas seulement le retour sur les bancs de l’école. Dès demain, plusieurs nouvelles règles entrent en vigueur en France et certaines pourraient bien changer nos habitudes. Santé, école, travail, consommation… Difficile d’y échapper. Parmi les principales nouveautés, les arrêts maladie sont désormais davantage encadrés, avec une durée maximale fixée pour chaque prescription. Rassurez-vous : cela ne signifie pas qu’il faudra miraculeusement être guéri au bout d’un mois ! 

La rentrée marque aussi un changement de taille dans les lycées, où l’utilisation du téléphone portable devient interdite. À la pharmacie, refuser certains médicaments de substitution pourra désormais obliger à avancer les frais. Et même notre garde-robe est concernée. La mode dite « ultra-éphémère » est désormais visée par un malus environnemental ! 

Santé : de grands changements à partir du 1er septembre 2026 

Arrêts maladie : 31 jours maximum pour une première prescription

Premier grand changement, à compter de demain, une première prescription d’arrêt de travail ne peut en principe pas dépasser 31 jours. Une prolongation est, elle, plafonnée à 62 jours. Cette mesure intervient alors que les arrêts maladie et les dépenses d’indemnités journalières ont fortement augmenté ces dernières années en France. Ces durées sont prévues par le décret n° 2026-498 du 12 juin 2026. Elles concernent les prescriptions établies par les professionnels habilités, notamment les médecins, chirurgiens-dentistes et sages-femmes. Pas de panique pour autant, cela ne signifie absolument pas qu’un patient souffrant d’un cancer, d’une maladie chronique ou d’une affection nécessitant plusieurs mois de repos devra reprendre son travail au bout de 31 ou 62 jours. 

Le Code de la Sécurité sociale permet au professionnel de santé de dépasser le plafond lorsque l’état du patient justifie un arrêt plus long. Le prescripteur doit alors expliquer sur la prescription pourquoi cette durée est médicalement nécessaire. En tenant compte, lorsqu’elles existent, des recommandations de la Haute Autorité de santé. Autrement dit, c’est la durée d’une prescription qui est plafonnée, pas nécessairement la durée totale de l’arrêt de travail. Autre nouveauté, lorsqu’un renouvellement dépasse trois mois, le prescripteur peut solliciter l’avis du service du contrôle médical de l’Assurance Maladie.

Les arrêts maladie prescrits par téléconsultation sont encore plus limités. Ils ne peuvent généralement pas dépasser trois jours. Sauf notamment lorsqu’ils sont prescrits ou renouvelés par le médecin traitant (ou la sage-femme référente). Ou encore, lorsque le patient peut justifier l’impossibilité de consulter un professionnel en présentiel pour une prolongation. 

Téléphone portable : l’interdiction s’étend aux lycées

Pour les lycéens, la rentrée se fera aussi avec un peu moins de smartphone dans les couloirs. Jusqu’à présent, la loi interdisait déjà son utilisation dans les écoles maternelles, élémentaires et les collèges. Au lycée, c’était essentiellement le règlement intérieur de chaque établissement qui pouvait décider de l’interdire. À compter du 1er septembre 2026, la règle change. La loi du 24 août 2026 étend explicitement l’interdiction d’utiliser un téléphone mobile ou un autre équipement de communication électronique aux lycées. Elle s’applique également aux activités liées à l’enseignement organisées à l’extérieur de l’établissement.

Cela ne signifie pas pour autant que tous les smartphones devront obligatoirement rester à la maison. Les modalités concrètes d’application et les exceptions sont déterminées par le règlement intérieur de l’établissement. Des dérogations sont notamment prévues pour les élèves présentant un handicap ou un trouble de santé invalidant lorsqu’ils ont besoin d’un équipement électronique dans le cadre de leur prise en charge.

À la pharmacie, refuser certains médicaments pourra coûter plus cher

Depuis plusieurs années, le principe du « tiers payant contre génériques » incite les patients à accepter le médicament générique proposé par leur pharmacien. À compter du 1er septembre 2026, ce mécanisme est étendu à certains médicaments biosimilaires et hybrides substituables, précise l’Assurance Maladie. Un médicament biosimilaire est un médicament biologique très proche d’un médicament biologique de référence déjà autorisé. Un médicament hybride, lui, présente certaines différences par rapport au médicament de référence. Par exemple dans son dosage, sa forme pharmaceutique ou son mode d’administration. Concrètement, lorsqu’une substitution est autorisée et proposée par le pharmacien, un patient qui la refuse sans justification médicale devra avancer le prix du médicament délivré. Il perdra donc le bénéfice du tiers payant pour celui-ci.

Et ce n’est pas tout. Selon l’Assurance Maladie, le remboursement pourra, dans certaines situations, être calculé sur la base du prix du médicament biosimilaire ou hybride le plus cher du groupe de substitution. Si le médicament d’origine choisi coûte davantage, la différence pourra donc rester à la charge du patient. Il existe toutefois des exceptions, notamment lorsque le médecin a inscrit sur l’ordonnance une mention « non substituable » médicalement justifiée.

Retraites : la suspension de la réforme commence à produire ses effets

La suspension de la montée en charge de la réforme des retraites de 2023 modifie l’âge légal de départ de plusieurs générations pour les pensions prenant effet à partir de cette date. Selon l’Assurance retraite, une personne née en 1968 pourra ainsi partir à l’âge légal à 63 ans et 9 mois, au lieu de 64 ans selon le calendrier précédent. Pour les personnes nées à partir de 1969, l’âge légal reste fixé à 64 ans. Le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir une retraite au taux maximum est également revu pour certaines générations.

Les carrières longues sont elles aussi concernées. Pour certains assurés ayant commencé à travailler jeunes, le départ pourra intervenir quelques mois plus tôt que ce qui était prévu avant la suspension.

Santé environnementale : l’ultra fast-fashion bientot surtaxée

À compter du 1er septembre, certains vêtements issus de la mode dite « ultra-éphémère », ou ultra fast-fashion, seront frappés d’un malus environnemental. Selon le ministère de l’Économie, celui-ci pourra atteindre 50 % du prix du produit, dans la limite de 12 euros en 2026, avant de grimper progressivement jusqu’à 19,50 euros en 2030. L’objectif est de pénaliser les modèles reposant sur la commercialisation massive et très rapide de vêtements à bas prix. Mai aussi inciter les entreprises concernées à réduire leur empreinte environnementale.

L’industrie textile mobilise de grandes quantités d’eau, d’énergie et de matières premières et utilise de nombreuses substances chimiques, notamment lors de la teinture et des traitements des tissus. Les vêtements en fibres synthétiques peuvent également libérer des microplastiques au cours de leur cycle de vie. Autant de pollutions susceptibles de contaminer l’air, l’eau ou les sols.

Les autres changements de la rentrée

La santé n’est évidemment pas le seul domaine concerné par les nouveautés du 1er septembre. Cette rentrée apporte aussi son lot de changements pour le travail et le quotidien des Français. Les règles de l’assurance chômage évoluent notamment pour les salariés quittant leur entreprise après une rupture conventionnelle, avec une durée maximale d’indemnisation revue à la baisse.

Les entreprises ne sont pas en reste. Toutes celles établies en France et assujetties à la TVA devront désormais être en mesure de recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire devront également commencer à en émettre, avant que cette obligation ne soit étendue aux PME et microentreprises en septembre 2027. Santé, travail, entreprises… la rentrée 2026 s’accompagne décidément de nombreux changements.

À SAVOIR 

Contrairement à l’interdiction du téléphone au lycée, celle des réseaux sociaux aux moins de 15 ans n’entre finalement pas en vigueur. Prévue dans la même loi du 24 août 2026, cette mesure a été censurée par le Conseil constitutionnel, qui a notamment estimé que l’interdiction générale prévue portait une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication des mineurs.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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