Fortes chaleurs : encore une canicule à prévoir en septembre ?

le 1 septembre 2026 à 17h39
Le ciel de septembre, dominé par un soleil de plomb qui promet de nouvelles vagues de fortes chaleurs.
Décidément, 2026 n’en finit plus de faire grimper le thermomètre ! © Magnific
La rentrée est là, mais l’été n’a visiblement pas reçu le mémo. Après un été 2026 exceptionnellement chaud, marqué par plusieurs épisodes caniculaires, la France pourrait connaître une nouvelle poussée de fièvre dès les premiers jours de septembre, avec plus de 35 °C attendus dans le Sud et localement des valeurs proches de 40 °C.
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Certes, septembre vient de pointer. Mais pas de panique. Laissez les pulls encore quelques semaines dans les placards… et prenez la télécommande de la climatisation ! En effet, après une courte accalmie, une nouvelle hausse des températures se dessine en France dans les prochains jours.

Dès vendredi 4 septembre, les 30 °C devraient être dépassés dans une large moitié sud, avant une nouvelle hausse durant le week-end des 5 et 6 septembre. Le thermomètre pourrait alors atteindre 32 à 35 °C dans de nombreuses régions du Sud, dépasser localement 35 °C et grimper jusqu’à 38 °C, voire approcher les 40 °C dans les secteurs les plus chauds.

Cette remontée intervient après trois vagues de chaleur nationales enregistrées depuis le mois de juin : du 17 au 30 juin, du 4 au 19 juillet, puis du 28 juillet au 19 août. Cette dernière a duré 23 jours, égalant le record de durée de juillet 1983, avec toutefois une intensité supérieure. Et l’été avait même commencé avant l’heure ! Dès le mois de mai, un épisode caniculaire particulièrement précoce avait déjà touché une partie du pays. Alors, septembre peut-il nous réserver une nouvelle canicule ? 

Canicule en septembre : un phénomène pas si inédit 

Sur le papier, l’été météorologique s’étend du 1er juin au 31 août. Dans la réalité, évidemment, l’atmosphère ne regarde pas le calendrier. Une vague de chaleur peut parfaitement se produire en septembre. Et la France en a déjà fait l’expérience en 2023. Du 3 au 11 septembre 2023, de fortes chaleurs avaient concerné la quasi-totalité du pays.

Selon Météo-France, l’indicateur thermique national avait dépassé 25 °C pendant huit jours consécutifs, du 4 au 11 septembre. Une situation jamais observée aussi tardivement depuis le début des mesures en 1947. Le 4 septembre, cet indicateur avait même atteint 25,1 °C. Soit la journée la plus chaude jamais enregistrée en France au mois de septembre à cette date.

Localement, le thermomètre s’était véritablement emballé. 35,1 °C avaient été relevés à Poitiers, 35,4 °C à Bourges et 35,8 °C à Montmorillon le 9 septembre. Certaines régions, notamment la Bretagne et l’Île-de-France, avaient même connu durant cet épisode des températures plus élevées que pendant l’été météorologique qui venait de s’achever. À Paris, la chaleur s’était également installée dans la durée. La station de Paris-Montsouris avait enregistré neuf journées consécutives à 30 °C ou plus, du 2 au 10 septembre, avec un maximum de 35,5 °C le 9 septembre.

Et septembre 2023 n’était pas un cas isolé. Du 14 au 18 septembre 2020, la France avait déjà connu une vague de chaleur nationale particulièrement tardive. Le 14 septembre, plusieurs records mensuels avaient été battus, avec notamment 35,1 °C à Paris-Montsouris, tandis que des températures proches ou supérieures à 35 °C avaient été observées dans plusieurs régions.

Canicule : septembre n’est plus à l’abri des vagues de chaleur

Avec le réchauffement climatique, les vagues de chaleur débordent sur septembre

D’une année à l’autre, la météo continuera évidemment de varier. Mais sur plusieurs décennies, la période pendant laquelle ces épisodes de chaleur peuvent se produire est en train de s’allonger. Selon Météo-France, le changement climatique favorise des vagues de chaleur plus fréquentes, plus longues et plus intenses. Mais des épisodes caniculaires aussi susceptibles de survenir plus tôt au printemps et plus tard après l’été. Les projections réalisées pour différents niveaux de réchauffement en France permettent de mesurer concrètement ce décalage.

Avec une France métropolitaine réchauffée de 2,7 °C par rapport à l’ère préindustrielle, niveau auquel le pays doit se préparer à l’horizon 2050 selon la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC), les vagues de chaleur pourraient survenir dès le début du mois de juin et jusqu’à la mi-septembre.

Et plus le climat se réchauffe, plus cette période s’étend. Dans une France à +4 °C, niveau de référence retenu pour préparer le pays aux conditions climatiques possibles à l’horizon 2100, Météo-France estime que les vagues de chaleur pourraient se produire dès la mi-mai et jusqu’à la fin du mois de septembre.

Jusqu’à dix fois plus de jours de vague de chaleur

L’allongement de la saison des fortes chaleurs n’est qu’une partie du phénomène. Ces épisodes devraient également occuper beaucoup plus de jours dans l’année. Selon les projections de Météo-France, par rapport au climat de référence 1976-2005, le nombre annuel de jours appartenant à une vague de chaleur pourrait être multiplié par cinq dans une France réchauffée de 2,7 °C.

Concrètement, cela ne signifie pas qu’il fera cinq fois plus souvent 35 ou 40 °C. Météo-France comptabilise ici les journées comprises dans une vague de chaleur. C’est-à-dire un épisode durant lequel les températures restent anormalement élevées à l’échelle du pays pendant plusieurs jours consécutifs.

Avec un réchauffement de +4 °C en France métropolitaine, à l’horizon 2100 selon la trajectoire de référence retenue pour l’adaptation, le changement serait encore plus marqué. Le nombre de jours en vague de chaleur pourrait être multiplié par dix par rapport à la période 1976-2005. Toutes les régions seraient concernées, mais pas de la même manière. Météo-France prévoit notamment une augmentation particulièrement importante de la fréquence des vagues de chaleur dans le sud de la France.

À quoi faut-il s’attendre pour le reste du mois de septembre ?

Pour les prochains jours, la tendance se précise et la chaleur va progressivement gagner du terrain jusqu’à concerner une grande partie de la France en fin de semaine. Elle devrait être particulièrement marquée dans le Sud, où le thermomètre dépassera régulièrement les 30 °C. Dès ce mardi 1er septembre, Météo-France prévoit par exemple 

  • 31 °C à Toulouse et Perpignan, 
  • 32 °C à Marseille,
  • 30 °C à Lyon et Ajaccio. 

La hausse devrait ensuite s’accentuer. 34 à 36 °C sont attendus localement dans le Sud-Est dès mercredi 2 septembre, avant des températures encore plus élevées en fin de semaine. À Lyon, le thermomètre pourrait notamment grimper jusqu’à 36 °C vendredi 4 septembre. Dans les secteurs les plus exposés du Sud, des pointes supérieures à 35 °C sont attendues et les scénarios les plus chauds envisagent localement des valeurs pouvant se rapprocher des 40 °C.

Pour la suite du mois, en revanche, il est encore beaucoup trop tôt pour annoncer une canicule ou une chaleur continue jusqu’à la fin septembre. Les tendances climatiques à trois mois publiées par Météo-France privilégient un scénario plus chaud que la normale en France sur la période août-septembre-octobre 2026. Cela signifie que les températures moyennes ont davantage de chances d’être supérieures aux normales sur l’ensemble du trimestre. Mais des périodes plus fraîches, pluvieuses ou perturbées peuvent parfaitement s’intercaler.

Fortes chaleurs en septembre : quels sont les risques pour la santé ? 

Septembre ou pas, notre organisme réagit à la chaleur de la même manière qu’en plein mois de juillet. Lorsque les températures restent élevées, et surtout lorsqu’elles redescendent peu pendant la nuit, le corps peine davantage à évacuer la chaleur et à maintenir sa température autour de 37 °C. Selon Santé publique France, cette exposition peut entraîner plusieurs problèmes de santé :

  • la déshydratation, lorsque l’organisme perd davantage d’eau qu’il n’en reçoit, avec notamment soif intense, fatigue, maux de tête ou vertiges ;
  • l’épuisement lié à la chaleur, qui peut se manifester par une forte transpiration, une faiblesse inhabituelle, des nausées ou des étourdissements ;
  • le coup de chaleur, beaucoup plus grave, lorsque le corps ne parvient plus à contrôler sa température. Une température corporelle très élevée, une confusion, des troubles du comportement, une perte de connaissance ou des convulsions doivent alerter et nécessitent une prise en charge urgente ;
  • l’aggravation de certaines maladies existantes, notamment cardiovasculaires, respiratoires, rénales ou liées au diabète.

Tout le monde peut souffrir de la chaleur, mais certaines personnes sont davantage exposées. C’est notamment le cas des personnes âgées, nourrissons, femmes enceintes, personnes atteintes de maladies chroniques. A surveiller aussi, les personnes prenant certains médicaments, en situation de handicap, travailleurs en extérieur et personnes isolées.

Les réflexes restent donc les mêmes qu’en juillet ou en août. En l’occurence, boire régulièrement de l’eau sans attendre d’avoir soif, garder son logement aussi frais que possible, se rafraîchir plusieurs fois par jour et éviter les efforts physiques aux heures les plus chaudes. Une vigilance particulière est également recommandée auprès des personnes fragiles ou isolées.

À SAVOIR 

Un petit tour aux toilettes peut vous alerter sur votre hydratation. Des urines très foncées ou le fait de ne pas uriner pendant environ cinq heures peuvent être des signes de déshydratation liés à la chaleur. Santé publique France recommande de ne pas attendre l’apparition de ces signaux pour boire régulièrement de l’eau.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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