Au moment de vous coucher, lorsque qu’il n’y a plus de bruit dans le logement, vous percevez un battement régulier dans l’oreille : « boum, boum… boum, boum… ». Ce son accélère pendant l’effort et ralentit au repos, au même rythme que le cœur.
Contrairement aux sifflements ou aux bourdonnements habituellement associés aux acouphènes, il peut correspondre au passage du sang dans les vaisseaux proches de l’oreille.
Il s’agit d’un acouphène pulsatile. Un bouchon de cérumen, une hypertension artérielle ou une accélération de la circulation sanguine peuvent l’expliquer. Toutefois, ce symptôme peut aussi être lié à une anomalie vasculaire plus sérieuse.
Un bilan médical est donc recommandé lorsque les pulsations persistent, concernent une seule oreille ou s’accompagnent d’autres symptômes.
Un bruit synchronisé avec les battements du cœur
Un acouphène classique se manifeste généralement par un sifflement ou un bourdonnement sans rythme précis. À l’inverse, l’acouphène pulsatile revient à intervalles réguliers, le plus souvent au même tempo que le cœur.
Pour vérifier cette synchronisation, il suffit de prendre son pouls au poignet, sans appuyer sur le cou, et d’observer si chaque bruit correspond à un battement. Les pulsations peuvent être entendues dans une seule oreille, des deux côtés ou dans la tête. Elles sont souvent plus perceptibles la nuit, lorsque les bruits environnants diminuent.
Quand la circulation du sang devient audible
Les principaux vaisseaux du cou et du crâne passent à proximité de l’oreille. Une circulation plus rapide, un rétrécissement ou une anomalie vasculaire peuvent provoquer des turbulences perçues sous forme de battements.
L’hypertension artérielle et certaines atteintes des artères, notamment de la carotide, font partie des causes recherchées. Une anémie ou un trouble de la thyroïde peuvent également accélérer le flux sanguin. L’origine n’est toutefois pas toujours vasculaire. Un bouchon de cérumen, une otite ou une anomalie de l’oreille moyenne peuvent modifier la perception des sons produits à l’intérieur du corps.
Plus rarement, le bilan révèle une tumeur très vascularisée, une communication anormale entre une artère et une veine ou une hypertension intracrânienne. Cette dernière peut aussi provoquer des maux de tête et des troubles visuels.
Un symptôme à contrôler sans conclure à un AVC
Un acouphène pulsatile isolé ne signifie pas qu’un accident vasculaire cérébral est en cours. Il ne traduit pas non plus systématiquement un trouble du rythme cardiaque : la personne perçoit généralement la circulation du sang, et non un dysfonctionnement du cœur. Sa synchronisation avec le pouls nécessite néanmoins d’en rechercher la cause.
Une évaluation urgente s’impose si ce bruit apparaît avec un mal de tête brutal et inhabituel, une faiblesse d’un côté du corps, une paralysie du visage, des difficultés à parler, une confusion, une baisse soudaine de l’audition, des vertiges intenses ou des troubles visuels. Une imagerie ciblée peut alors être nécessaire en urgence.
Le bilan ORL recherche l’origine des pulsations
Même sans signe d’urgence, un bruit synchronisé avec le pouls justifie une consultation rapide auprès d’un médecin ou d’un ORL, surtout s’il persiste ou concerne une seule oreille. Le praticien précise sa date d’apparition, son rythme et les symptômes associés.
Il mesure ensuite la tension artérielle, examine le conduit auditif et le tympan, puis vérifie l’audition par une audiométrie.Selon les résultats, une prise de sang, un écho-Doppler du cou, un scanner ou une IRM peuvent compléter le bilan.
Un traitement adapté à la cause
Il n’existe pas de solution unique pour arrêter un acouphène pulsatile. Le bruit peut diminuer après le retrait d’un bouchon, le traitement d’une otite ou d’une anémie, ou encore le contrôle de la tension artérielle. Une anomalie vasculaire peut nécessiter des médicaments, une opération ou un traitement endovasculaire.
Lorsqu’aucune cause curable n’est retrouvée, un bruit de fond, une thérapie sonore ou des exercices de relaxation peuvent atténuer la gêne et améliorer le sommeil.
Ces approches facilitent l’habituation, mais ne remplacent pas le bilan médical initial. Enfin, il ne faut jamais tenter d’arrêter les pulsations en comprimant la carotide.
À SAVOIR
En 1843, Edgar Allan Poe publie Le Cœur révélateur. Dans cette nouvelle, un meurtrier dissimule le corps de sa victime sous le plancher, puis entend un battement régulier qui devient de plus en plus obsédant. Convaincu qu’il s’agit du cœur du défunt, il finit par avouer son crime à la police. Ce bruit a parfois été comparé à un acouphène pulsatile, dont Poe aurait pu s’inspirer. Dans son récit, ce battement traduit surtout la culpabilité grandissante du narrateur.





