Une jeune femme qui utilise un Airfryer pour cuisiner plus sainement.
Environ un tiers des foyers français sont aujourd'hui équipés d’un Airfryer. © DepositPhotos

Moins d’huile, cuisson rapide, frites croustillantes sans bain de graisse… L’Airfryer s’est imposé dans les cuisines françaises à vitesse grand V.  Mais cet appareil est-il réellement meilleur pour la santé que le four, la poêle ou la friture classique ? 

Difficile de lui échapper. L’Airfryer, ou friteuse à air chaud, a quitté les rayons gadgets pour s’installer durablement sur les plans de travail. Son principe est simple : faire circuler de l’air très chaud autour des aliments pour les cuire rapidement et les dorer, avec peu ou pas d’huile.

Techniquement, il ne s’agit d’un mini four à chaleur pulsée. Plus compact qu’un four traditionnel, il chauffe vite, consomme souvent moins sur les petites portions et donne ce fameux effet croustillant recherché.

Le succès commercial repose sur trois promesses redoutablement efficaces : manger “comme frit” sans friture, gagner du temps, et cuisiner plus léger. Reste une question, est-ce réellement meilleur pour la santé ?

Moins de matière grasse ajoutée

Contrairement à la friture classique, l’Airfryer ne nécessite pas de plonger les aliments dans un bain d’huile. On utilise généralement une petite quantité d’huile, parfois aucune selon les aliments.

Les préparations absorbent donc souvent moins de matière grasse ajoutée qu’en friture profonde, notamment les pommes de terre fraîches, les légumes ou certaines recettes maison.

Par ailleurs, Santé publique France rappelle, dans ses repères nutritionnels, l’intérêt de limiter les aliments trop gras, trop salés et trop sucrés dans la prévention du surpoids et de certaines maladies chroniques. Réduire les matières grasses ajoutées peut donc aller dans le bon sens, notamment si cela remplace des fritures fréquentes.

Mais attention à ne pas confondre “moins gras” et “sain”. Une portion de nuggets ultra-transformés reste un produit ultra-transformé, même cuite à l’air chaud.

L’Airfryer ne transforme pas les aliments en superaliments

C’est sans doute le principal malentendu. L’appareil modifie la cuisson, pas la qualité nutritionnelle de départ.

Une pomme de terre fraîche coupée maison n’a pas le même profil qu’une frite industrielle préfrite, salée et enrichie en additifs. Un filet de saumon n’a rien à voir avec des beignets surgelés.

Selon plusieurs travaux relayés par l’Inserm sur l’alimentation moderne, une forte consommation d’aliments ultra-transformés est associée à une moins bonne qualité nutritionnelle globale et à différents risques pour la santé, notamment une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires. Et l’outil de cuisson, à lui seul, ne corrige pas cela.

Attention aux cuissons trop poussées !

Quand on chauffe certains aliments riches en amidon (pommes de terre, pain, biscuits) à haute température et en milieu sec, des composés peuvent se former. Le plus connu : l’acrylamide.

Cette substance apparaît naturellement lors de la réaction de Maillard, un phénomène chimique entre sucres et acides aminés responsable du goût grillé, des arômes toastés et de la couleur dorée des aliments. Le revers de la médaille, c’est qu’une cuisson trop intense augmente sa présence.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a conclu en 2015 que l’acrylamide dans les aliments pouvait augmenter le risque de cancer pour les consommateurs de tous âges. Elle recommande donc de réduire l’exposition autant que possible.

Cela ne vise pas spécialement l’Airfryer. La substance se forme aussi au four, au grille-pain, à la poêle ou en friture classique. Ce qui compte surtout, c’est :

  • la température,
  • la durée,
  • le type d’aliment,
  • le niveau de brunissement final.

Une frite brun foncé, presque caramel brûlé, n’est pas une victoire culinaire. C’est plutôt un signal de cuisson excessive.

Sur le plan logique, l’Airfryer limite l’huile, donc évite certains inconvénients des fritures répétées : 

  • surcharge lipidique, 
  • huiles trop chauffées, 
  • réutilisation domestique parfois hasardeuse.

Mais sur les composés liés au brunissement, la réponse est plus nuancée. Une étude publiée en 2024 dans Food Chemistry a comparé plusieurs modes de cuisson des pommes de terre, dont la friture, le four et l’air fryer. Les chercheurs ont observé des variations de teneur en acrylamide selon les méthodes et les conditions, sans conclure à une supériorité absolue et universelle d’un système sur tous les autres.

Ce n’est donc pas l’appareil seul qui décide, c’est la façon de s’en servir. Un Airfryer à 200°C pendant 25 minutes jusqu’à brun foncé peut être moins intéressant qu’un four bien réglé avec cuisson modérée. Et inversement.

Pour les pommes de terre et produits similaires, les autorités sanitaires européennes conseillent de viser une cuisson dorée claire plutôt que brune.

Quelques réflexes utiles :

  • ne pas surcuire “pour que ce soit bien croustillant” ;
  • remuer régulièrement pour homogénéiser ;
  • éviter les températures maximales systématiques ;
  • préférer des pommes de terre fraîches à des produits préfrits industriels ;
  • varier les modes de cuisson au fil de la semaine.

Les paniers antiadhésifs sont parfois associés dans le débat public aux PFAS, une famille de substances chimiques utilisées dans certains revêtements.

Il faut distinguer plusieurs choses. Les PFAS constituent une large famille de composés, très surveillés en raison de leur persistance dans l’environnement. Mais tous les revêtements antiadhésifs ne se valent pas, et tous les Airfryers ne sont pas identiques.

À ce jour, il n’existe pas de signal sanitaire spécifique montrant que l’Airfryer exposerait davantage qu’une poêle antiadhésive ou qu’un autre appareil domestique utilisé normalement. En revanche, comme pour tout ustensile revêtu, mieux vaut éviter les surfaces rayées, usées ou surchauffées au-delà des usages prévus.

Dans de nombreux foyers, il facilite la préparation rapide de légumes, poissons, volailles, tofu ou pommes de terre maison. Pour certaines personnes, il remplace aussi plus facilement un plat livré à la dernière minute ou des fritures répétées.

Or, en nutrition, la meilleure méthode n’est pas toujours celle qui semble parfaite en théorie. C’est souvent celle que l’on adopte durablement, sans effort excessif.

Si un appareil donne envie de cuisiner davantage, de consommer plus de produits bruts et de dépendre un peu moins des plats industriels, alors son impact peut être concrètement positif. Le vrai bénéfice n’est donc pas seulement dans le panier de cuisson, mais dans ce qu’il remet dans les assiettes.

À SAVOIR 

L’Airfryer peut aussi favoriser une meilleure maîtrise des portions. Avec son panier souvent plus petit qu’un four traditionnel ou qu’une poêle familiale, il incite naturellement à cuisiner des quantités plus modestes.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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