Le cancer du nasopharynx reste rare en France, mais certaines formes sont particulièrement difficiles à traiter. Lorsque la maladie revient ou se propage à d’autres organes, les possibilités de traitement se réduisent. C’est dans ce contexte qu’un nouveau médicament est actuellement testé. Son objectif est de cibler plus précisément les cellules cancéreuses pour mieux détruire les tumeurs.
Cancer du nasopharynx : quels sont les symptômes et les causes ?
Le cancer du nasopharynx touche une petite zone située derrière le nez, tout en haut de la gorge. Il est souvent difficile à repérer au début, car ses symptômes peuvent ressembler à ceux d’un simple rhume. Plusieurs signes peuvent alerter :
- Un nez bouché d’un seul côté ou des saignements de nez répétés.
- Une baisse de l’audition ou des douleurs aux oreilles.
- Une grosseur dans le cou.
- Des maux de tête persistants.
Ce cancer est souvent lié au virus d’Epstein-Barr, responsable de la mononucléose, même si la plupart des personnes infectées ne développeront jamais la maladie. Des facteurs génétiques et la consommation régulière de certains aliments conservés dans le sel peuvent aussi augmenter le risque. Le traitement repose surtout sur la radiothérapie, parfois associée à une chimiothérapie. Lorsque le cancer revient ou se propage, une immunothérapie peut également être proposée.
Comment fonctionne ce nouveau traitement contre le cancer ?
Ce nouveau traitement, baptisé YL201, fonctionne un peu comme un médicament guidé vers les cellules cancéreuses. Il associe un anticorps, chargé de reconnaître une cible présente sur ces cellules, à une substance destinée à les détruire. L’objectif est de mieux atteindre les tumeurs tout en limitant les dégâts sur les cellules saines. Les résultats présentés au congrès européen d’oncologie sont encourageants. L’étude a suivi 431 patients atteints d’un cancer du nasopharynx avancé, après l’échec de plusieurs traitements.
- 50,8 % des patients ont vu leur tumeur diminuer avec le YL201, contre 25,8 % avec les traitements comparateurs.
- 93,7 % des patients ont vu leur maladie se stabiliser ou régresser, contre 75,8 % dans l’autre groupe.
- La réponse au traitement a duré 7,9 mois en moyenne, contre 6,4 mois avec les autres médicaments.
Ces résultats montrent que le YL201 pourrait offrir une nouvelle possibilité aux patients dont le cancer résiste aux traitements habituels. Le médicament présente néanmoins des effets secondaires importants. Près d’un patient sur deux a développé des complications sévères liées au traitement, notamment une baisse des globules blancs, qui peut augmenter le risque d’infection.
Quand ce médicament sera-t-il disponible en France ?
Pour le moment, le YL201 n’est pas disponible comme traitement courant. Il est encore testé dans plusieurs pays, dont la France. Des essais sont en cours pour vérifier son efficacité, trouver les bonnes doses et mieux connaître ses effets secondaires.
En Chine, une demande d’autorisation a déjà été déposée pour traiter certains patients atteints d’un cancer du nasopharynx avancé. Les médecins doivent encore vérifier si ce médicament permet de prolonger leur vie.
À SAVOIR
Avant de commencer une radiothérapie contre le cancer du nasopharynx, les patients doivent généralement faire contrôler leurs dents. Les rayons peuvent abîmer les glandes qui produisent la salive, ce qui augmente le risque de caries et d’infections, parfois plusieurs années après le traitement.



