Le cancer de la prostate touche chaque année près de 60 000 hommes en France, principalement après 50 ans. Cette maladie se développe dans une petite glande située sous la vessie et évolue souvent lentement, parfois sans provoquer le moindre symptôme. Mais lorsque le cancer se propage à d’autres organes, les chances de survie chutent considérablement.
Selon les données américaines, elles passent de plus de 99 % à environ 37 % à cinq ans. Une réalité préoccupante face à laquelle une étude internationale, présentée cette semaine, apporte de nouveaux espoirs pour les patients atteints des formes avancées de ce cancer.
Cancer de la prostate : près de deux ans de survie supplémentaires
Grâce à l’association de trois traitements, les patients atteints d’un cancer de la prostate avec métastases vivent plus longtemps. Dans l’étude, la moitié des hommes ayant reçu cette combinaison étaient encore en vie après 6,2 ans, contre 4,4 ans avec seulement deux traitements. Soit près de deux années supplémentaires !
Et ce n’est pas tout : le risque de décès diminue de 32 % au cours du suivi. Huit ans après le début de l’étude, 40 % des patients ayant reçu les trois traitements étaient toujours en vie, contre 27 % chez ceux qui n’en avaient reçu que deux.
Mais comment fonctionne ce nouveau traitement ?
Pas de molécule miracle sortie d’un laboratoire ! Cette avancée repose sur l’association de trois traitements déjà connus, qui agissent chacun à leur manière contre le cancer :
- L’hormonothérapie réduit la production de testostérone, une hormone qui favorise la croissance du cancer.
- Le docétaxel, une chimiothérapie, s’attaque directement aux cellules cancéreuses.
- L’abiratérone renforce l’action de l’hormonothérapie en bloquant davantage la production de testostérone.
Cette combinaison s’adresse aux hommes dont le cancer s’est déjà propagé à d’autres organes, mais reste sensible aux traitements hormonaux.
Un traitement efficace, mais pas sans risques
Si les résultats donnent de l’espoir, cette combinaison de médicaments n’est pas sans risques. En associant trois traitements, les effets secondaires peuvent aussi être plus importants. Une forte hausse de la tension artérielle a notamment été observée chez 21 % des patients, contre 14 % chez ceux qui ne recevaient que deux traitements.
Un suivi médical régulier reste donc indispensable pour surveiller ces effets indésirables et adapter les soins si nécessaire. L’enjeu est aussi de proposer cette association suffisamment tôt, tant que le cancer répond encore aux traitements hormonaux.
À SAVOIR
Des difficultés à uriner ne sont pas forcément le signe d’un cancer de la prostate. Elles sont souvent liées à une augmentation bénigne du volume de cette glande. À l’inverse, un cancer peut se développer sans provoquer le moindre symptôme. En cas de troubles persistants, mieux vaut consulter un médecin.



