Des médecins qui accueillent des patients aux urgences à cause la canicule.
C’est le 24 août que les urgences ont connu le taux de passages le plus haut. © Freepik

Chaleur accablante, diagnostics en série et urgences en surchauffe : l’été 2023 n’a pas ménagé les Français. Le rapport de Santé publique France le confirme avec plus de 16 000 passages aux urgences pour des troubles directement liés à la chaleur. On fait le point, à l’aube d’un nouvel été qui devrait également connaître de nouveaux épisodes de canicule.

On savait que l’été 2023 serait chaud… mais pas à ce point. Alors que les terrasses affichaient complet et que les climatisations tournaient à plein régime, les services d’urgences, eux, se retrouvaient littéralement pris d’assaut. Entre le 1er juin et le 15 septembre, 16 361 passages aux urgences ont été recensés en France pour des pathologies liées aux fortes chaleurs.

Un chiffre impressionnant, communiqué par Santé publique France via l’’indicateur de suivi, baptisé “iCanicule” mis en place à la suite de la canicule meurtrière 20 ans plus tôt. Le point, à l’aube d’un été qui pourrait réserver son lot désormais coutumier d’épisodes caniculaires… et de passages forcés aux urgences.

Qui sont les patients les plus concernés ?

La chaleur ne choisit pas ses cibles au hasard. En 2023, deux catégories de la population ont particulièrement souffert :

  • Les personnes âgées : au-delà de 80 ans, les passages aux urgences grimpent en flèche, avec un taux de 135 admissions pour 100 000 habitants.
  • Les enfants de moins de 5 ans : ces tout-petits, très sensibles à la déshydratation, représentent une part importante des consultations estivales.

Autre fait marquant : les femmes ont davantage consulté que les hommes, notamment à partir de 70 ans. Une tendance déjà observée lors des canicules précédentes, et qui reste à mieux comprendre.

Quelles pathologies amènent aux urgences pendant une canicule ?

Derrière les chiffres, des diagnostics bien réels. Et en 2023, trois pathologies ont été la cause des salles d’attente bien remplies.

  1. Hyponatrémie : 44,8 % des cas. Ce trouble de l’équilibre en sel dans le corps touche surtout les seniors. Il peut être aggravé par certains traitements ou une hydratation excessive mais mal adaptée.
  2. Déshydratation : 38,9 % des cas. Classique chez les enfants, mais aussi chez les personnes âgées qui ne ressentent pas toujours la soif.
  3. Hyperthermie (ou coup de chaleur) : 17,3 % des cas. Elle frappe notamment les adultes exposés à la chaleur sans protection.

Certains diagnostics “secondaires” cachent aussi des pathologies graves comme des infections digestives, urinaires, respiratoires ou encore des malaises.

L’impact des vagues de chaleur sur le système hospitalier

Le pic des passages aux urgences a été observé en dehors des périodes de vigilance canicule. Le premier pic d’admission a eu lieu fin juin, sans alerte officielle. Cela montre que l’impact des fortes chaleurs dépasse les seules périodes “rouge canicule” bien connues en juillet-août.

Plus préoccupant encore : 62% des patients ont été hospitalisés après leur passage aux urgences. Et ce chiffre monte à plus de 80% chez les personnes âgées de 90 ans et plus. 

Une géographie de la chaleur : toutes les régions touchées

Sans surprise, les régions du Sud de la France (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Corse, Auvergne-Rhône-Alpes…) ont connu les taux de passages les plus élevés, avec des pointes à plus de 40 passages pour 100 000 habitants en Corse.

Mais pas si vite, même les régions habituellement plus tempérées, comme la Bourgogne-Franche-Comté ou les Hauts-de-France, ont été touchées. La chaleur ne s’arrête plus aux frontières climatiques.

Plus préoccupant encore : 62% des patients ont été hospitalisés après leur passage aux urgences. Et ce chiffre monte à plus de 80% chez les personnes âgées de 90 ans et plus. 

Face à ces chiffres, Santé publique France insiste sur la nécessité d’anticiper les risques dès les premières hausses de température. Faut-il vraiment attendre l’alerte rouge pour fermer ses volets et boire un verre d’eau ? Clairement, non.

Pour aider chacun à mieux gérer les chaleurs extrêmes, un site a été lancé : vivre-avec-la-chaleur.fr. On y trouve des conseils pratiques, des fiches pour les professionnels de santé, et surtout, des réflexes à adopter bien avant les pics de température.

Et parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir (et éviter les urgences) :

  • Boire régulièrement, même sans soif
  • Rafraîchir son logement (volets fermés, ventilation douce)
  • Éviter les efforts physiques pendant les heures chaudes
  • Surveiller les personnes vulnérables (enfants, seniors, malades)

Anticiper, informer, s’adapter : ce triptyque doit désormais guider notre comportement estival. 

À SAVOIR

En période de canicule, l’hyperthermie est le premier diagnostic des personnes âgées de 6 à 49 ans.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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