Une femme désоrientée présentant des trоubles cоgnitifs, évоquant une démence vasculaire suite à des lésiоns cérébrales cоnsécutives à un AVC․
On estime que la démence vasculaire touche environ 1,2 % à 1,5 % des femmes de plus de 65 ans selon les données de prévalence du consortium européen EURODEM et de l'étude de Rotterdam ©gettyimages / Canva

Lоngtemps perçue cоmme une simple cоnséquence du vieillissement, la démence vasculaire est désоrmais recоnnue cоmme une véritable maladie neurоlоgique liée à une circulatiоn sanguine déficiente dans le cerveau․ Cette pathоlоgie tоuche particulièrement les persоnnes sоuffrant d’hypertensiоn, de diabète оu de trоubles cardiоvasculaires․ Quels sоnt les signes qui dоivent alerter ? Cоmment la maladie évоlue-t-elle ? Peut-оn freiner le déclin cоgnitif ? Explicatiоns․

Lorsque des troubles de la mémoire apparaissent brutalement après un accident vasculaire cérébral (AVC), accompagnés de changements de comportement ou d’une perte progressive des repères, les médecins peuvent suspecter une démence vasculaire.

En France, la démence vasculaire représente la deuxième cause de démence après la maladie d’Alzheimer. Cette maladie cérébrale est liée à des lésions des vaisseaux sanguins du cerveau. Elle toucherait environ 200 000 personnes et représenterait entre 15 et 20 % des cas de démence.

L’accident vasculaire cérébral (AVC) reste l’une des principales causes de démence vasculaire. Selon les études, il serait impliqué dans 20 à 30 % des cas. L’hypertension artérielle, le diabète, le cholestérol ou certaines maladies cardiovasculaires augmentent également le risque de développer ces troubles cognitifs (difficultés de mémoire, d’attention ou de raisonnement).

Avec le vieillissement de la population, les neurologues observent une hausse progressive des maladies vasculaires cérébrales. Près d’un tiers des patients atteints de la maladie d’Alzheimer présentent aussi des lésions vasculaires dans le cerveau. Les médecins parlent alors de démence mixte, c’est-à-dire l’association de la maladie d’Alzheimer et d’atteintes vasculaires cérébrales.

Les médecins distinguent plusieurs formes principales de démences :

  • Maladie d’Alzheimer : elle se caractérise par l’accumulation anormale de protéines dans le cerveau et une dégénérescence progressive des neurones.
  • La démence à corps de Lewy : elle est associée à des troubles cognitifs, avec l’apparition d’hallucinations visuelles et de symptômes proches de la maladie de Parkinson.
  • La démence frontotemporale : elle touche surtout les régions frontales du cerveau et provoque souvent des changements de personnalité ou des troubles précoces du comportement.
  • Démence mixte : ces démences associent des lésions de type Alzheimer et des lésions vasculaires cérébrales.

La démence vasculaire est provoquée par une mauvaise circulation sanguine dans certaines zones du cerveau. Des petits infarctus cérébraux, des accident vasculaire cérébral, des lésions des petits vaisseaux ou une athérosclérose réduisent l’apport en oxygène et en nutriments, entraînant progressivement une ischémie et la destruction de certains neurones.

Avec le temps, cette atteinte provoque des troubles cognitifs touchant la mémoire, l’attention, le langage, le raisonnement ou le comportement. Contrairement à la maladie d’Alzheimer, les premiers signes concernent souvent un ralentissement de la pensée, des difficultés d’organisation ou des troubles précoces de l’équilibre et de la marche plutôt que la mémoire seule.

Les premiers signes d’une démence vasculaire peuvent rester discrets pendant longtemps. Chez certains patients, les troubles apparaissent après un accident vasculaire cérébral ischémique ou une hémorragie cérébrale, tandis que chez d’autres les lésions vasculaires évoluent silencieusement durant des années.

Le comportement change parfois avant la mémoire : ralentissement mental, désorientation, difficultés d’attention ou fatigue cognitive inhabituelle. Les neurologues observent souvent des troubles exécutifs, avec des difficultés à planifier, anticiper ou gérer plusieurs tâches du quotidien.

Des troubles du langage, des difficultés à marcher, des problèmes d’équilibre ou un ralentissement des mouvements peuvent également apparaître lorsque certaines régions du cerveau impliquées dans la motricité sont touchées. Des modifications de l’humeur sont aussi fréquentes, se manifestant par de l’anxiété, de l’irritabilité, de l’agitation, une perte d’intérêt pour les activités habituelles ou un repli progressif sur soi.

La confusion entre Alzheimer et démence vasculaire est fréquente. Pourtant, les mécanismes sont différents.

Dans la maladie d’Alzheimer, les neurones se détériorent progressivement à cause d’une accumulation de protéines anormales comme la bêta-amyloïde. La mémoire récente est souvent atteinte très tôt.

Dans la démence vasculaire, le problème vient principalement de la circulation sanguine cérébrale. Les lésions apparaissent après des AVC, des infarctus cérébraux ou une atteinte chronique des petites artères du cerveau. Les troubles de l’attention, du raisonnement, de la marche ou de l’organisation sont souvent plus visibles au début que les pertes de mémoire.

L’évolution diffère aussi. Alzheimer progresse généralement lentement et régulièrement. La démence vasculaire évolue souvent “par paliers”, avec des aggravations soudaines après un nouvel événement vasculaire.

Le diagnostic d’une démence vasculaire repose sur plusieurs examens complémentaires. Le neurologue commence généralement par un entretien clinique et des tests neuropsychologiques afin d’évaluer la mémoire, l’attention, le langage ainsi que les fonctions exécutives.

L’IRM cérébrale est souvent utilisée pour visualiser les lésions vasculaires du cerveau, les infarctus cérébraux, les hémorragies ou encore les atteintes des petites artères cérébrales. Un scanner cérébral peut également être réalisé dans certains cas.

Les médecins recherchent aussi les principaux facteurs de risque cardiovasculaires grâce à des prises de sang, un contrôle de la tension artérielle ou différents examens cardiaques.

Il n’existe pas aujourd’hui de traitement capable de réparer complètement les lésions cérébrales déjà installées. En revanche, les médecins peuvent ralentir l’évolution de la maladie en contrôlant les facteurs de risque vasculaire.

Le traitement de l’hypertension artérielle est essentiel. Contrôler le diabète, réduire le cholestérol, arrêter le tabac et pratiquer une activité physique régulière permettent aussi de limiter les nouveaux accidents vasculaires cérébraux.

Certains patients reçoivent des anticoagulants ou des médicaments antiagrégants pour réduire le risque de caillots sanguins. Une rééducation cognitive, de la stimulation intellectuelle et un accompagnement neuropsychologique peuvent aider à maintenir certaines fonctions cognitives plus longtemps.

Les spécialistes insistent également sur l’importance du sommeil, des interactions sociales et de l’activité physique pour stimuler le cerveau. Des études récentes montrent d’ailleurs qu’une bonne santé cardiovasculaire réduit aussi le risque de démence.

Comme pour d’autres maladies neurodégénératives, le soutien des aidants et des proches joue un rôle central. Car derrière les lésions cérébrales et les termes médicaux, la démence vasculaire reste avant tout une maladie humaine, qui bouleverse la mémoire, l’identité et parfois toute une famille.

À SAVOIR

Le 21 janvier 1924, Vladimir Lénine meurt à 53 ans après plusieurs Accidents vasculaires cérébraux et d’importants troubles neurologiques. Les autorités soviétiques décident alors d’étudier son cerveau afin de comprendre l’origine supposée de son « génie révolutionnaire », en confiant les recherches au neuroanatomiste allemand Oskar Vogt. L’autopsie révèle surtout une Artériosclérose cérébrale extrêmement avancée : les artères du cerveau étaient fortement calcifiées et rigidifiées, provoquant de multiples infarctus cérébraux et une destruction progressive de certaines zones, notamment dans l’hémisphère gauche. Aujourd’hui, de nombreux historiens de la médecine considèrent le cas de Lénine comme l’un des exemples historiques les plus connus de Démence vasculaire liée à des AVC répétés.

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Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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