Mouvements involontaires : et si c’était le symptôme d’une dyskinésie tardive ?

Hоmme épuisé tenant sоn visage, illustrant les signes de la dyskinésie tardive ainsi que les mоuvements invоlоntaires pоuvant affecter le visage et le cоrps․
Les premiers signes de la dyskinésie tardive apparaissent généralement au niveau du visage, avec des mоuvements invоlоntaires des lèvres, de la langue, de la mâchоire оu des paupières․ ©pixelshot / Canva
Les mоuvements invоlоntaires du visage оu du cоrps peuvent avоir diverses causes et ne signifient pas tоujоurs la présence d'une maladie neurоlоgique dégénérative․ Lоrsqu'ils surviennent de manière prоgressive, après plusieurs mоis оu années de traitement, ils peuvent néanmоins cоrrespоndre à une dyskinésie tardive, un effet secоndaire encоre peu cоnnu de certains médicaments․ Cоmment identifier cette affectiоn ? Quels traitements peuvent la déclencher ? Et quelles sоnt les sоlutiоns actuelles pоur réduire ces mоuvements invоlоntaires ? Explications.
Sommaire

Le terme « dyskinésie » désigne des mouvements involontaires anormaux, tandis que « tardive » indique qu’ils apparaissent après plusieurs mois ou années d’exposition à certains médicaments.

Les premiers signes touchent souvent le visage et la bouche : pincements des lèvres, mouvements de succion ou de mastication, déplacements répétés de la langue ou de la mâchoire, clignements rapides et grimaces involontaires. Certaines personnes peuvent les retenir brièvement, mais ils réapparaissent rapidement.

Avec le temps, les mouvements peuvent s’étendre au tronc, aux doigts ou aux pieds. Ils ont tendance à s’accentuer avec le stress ou la fatigue et à diminuer au repos. Dans les formes sévères, ils peuvent gêner la parole, l’alimentation, la marche, l’estime de soi et les activités quotidiennes.

Quels sont les médicaments provoquant cette maladie ?

La dyskinésie tardive est liée à certains médicaments qui bloquent durablement les récepteurs de la dopamine, un neurotransmetteur essentiel au contrôle des mouvements. Elle peut toucher les hommes comme les femmes, mais le risque augmente avec l’âge et semble plus élevé chez les femmes.

Les principaux médicaments concernés sont les antipsychotiques, utilisés notamment contre la schizophrénie, les troubles bipolaires ou certains troubles sévères du comportement. Les molécules de première génération présentent le risque le plus important, même si les antipsychotiques plus récents ne l’éliminent pas totalement. Certains médicaments contre les nausées, comme le métoclopramide, peuvent également être en cause lorsqu’ils sont pris de manière prolongée.

La dopamine intervient dans les ganglions de la base, des régions cérébrales qui régulent les mouvements. Lorsque ses récepteurs restent bloqués pendant longtemps, le cerveau peut devenir plus sensible à son action, ce qui perturbe le contrôle moteur et favorise l’apparition de mouvements involontaires.

Ne pas confondre avec d’autres troubles neurologiques

Tous les mouvements involontaires du visage ne correspondent pas à une dyskinésie tardive. De petites contractions de la paupière ou de la joue peuvent simplement être liées à la fatigue, au stress ou à une consommation excessive de caféine. Un spasme hémifacial touche généralement un seul côté du visage et résulte souvent d’une irritation du nerf facial.

La maladie de Parkinson peut également provoquer des dyskinésies, mais celles-ci sont liées à la maladie et aux traitements dopaminergiques, notamment la lévodopa. À l’inverse, un AVC entraîne souvent une faiblesse ou une paralysie brutale d’un côté du visage, parfois accompagnée d’une bouche affaissée ou d’une difficulté à fermer un œil.

L’apparition soudaine de ces signes impose d’appeler immédiatement le 15 ou le 112. Des mouvements persistants ou inhabituels doivent également conduire à consulter, notamment chez une personne prenant un médicament agissant sur la dopamine.

Diagnostic et traitements : comment arrêter ces mouvements ?

Le diagnostic repose notamment sur l’examen clinique et l’analyse du traitement médicamenteux du patient. L’échelle AIMS permet de mesurer la fréquence et l’intensité des mouvements involontaires, puis de suivre leur évolution.

En cas de suspicion de dyskinésie tardive, le traitement ne doit jamais être interrompu sans avis médical. Un arrêt brutal peut provoquer une rechute de la maladie psychiatrique ou aggraver temporairement les mouvements. Le médecin peut réduire progressivement la dose, remplacer la molécule ou prescrire un inhibiteur de VMAT2, comme la deutétrabénazine, autorisée dans l’Union européenne depuis le 8 janvier 2026. Des injections de toxine botulique peuvent aussi soulager certaines contractions musculaires localisées.

Une consultation est recommandée lorsque les mouvements persistent, se répètent ou apparaissent après l’introduction, la modification ou l’arrêt d’un antipsychotique ou de certains médicaments contre les nausées. Un diagnostic précoce permet d’adapter plus rapidement la prise en charge.

À SAVOIR

En 1952, la chlorpromazine devient le premier antipsychotique utilisé contre la schizophrénie et transforme profondément la psychiatrie. Elle offre une alternative aux contentions physiques et aux lobotomies. Des mouvements involontaires du visage, de la bouche et de la langue apparaissent toutefois chez certains patients traités sur une longue durée. D’abord considérés comme un signe d’efficacité, ces symptômes sont finalement reconnus à la fin des années 1970 comme une complication potentiellement irréversible : la dyskinésie tardive.

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Pier Paolo Walack
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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