Rougeurs dans les plis de la peau : comment reconnaître un intertrigo ?

Personne présentant une irritation et des rougeurs au niveau du pli de l’aisselle, suspectant un intertrigo.
sensation de brûlure dans les plis cutanés peuvent être les signes d’un intertrigo, favorisé notamment par la chaleur, l’humidité et les frottements. ©maxskyohmphotos / Canva
L'intertrigo apparait au niveau des plis cutanés lorsque l'humidité, la chaleur et les frottements affaiblissent progressivement la peau․ Cette inflammation peut demeurer simplement irritative, mais elle peut également se compliquer par une infection fongique ou bactérienne, ce qui modifie son traitement․ Quels sont les symptômes permettant d'identifier un intertrigo ? Comment le distinguer d'une mycose ? Et quels soins sont recommandés pour traiter les lésions tout en limitant les récidives ? Explications․
Sommaire

Sous la poitrine, dans l’aine ou au creux des aisselles, la peau peut devenir rouge, humide et douloureuse. Des démangeaisons, une sensation de brûlure ou l’impression d’avoir la peau « à vif » peuvent également apparaître. La chaleur et la transpiration accentuent souvent l’inconfort, tandis que de petites fissures peuvent se former au fond du pli.

Ces symptômes peuvent évoquer un intertrigo. Une inflammation qui se développe dans les zones où deux surfaces de peau restent en contact et frottent l’une contre l’autre. La chaleur, l’humidité et la macération favorisent alors l’irritation.

L’intertrigo n’est pas toujours provoqué par une mycose. En effet, une infection due à un champignon ou à une bactérie peut se développer secondairement sur la peau fragilisée.

Quels sont les symptômes d’un intertrigo ?

L’intertrigo débute généralement par une rougeur au fond d’un pli cutané. La zone devient sensible et inconfortable, avec parfois des démangeaisons, des picotements ou une sensation de brûlure.

Lorsque l’irritation s’aggrave, la peau peut devenir humide, ramollie et douloureuse au moindre frottement. Elle peut également peler, se fissurer ou présenter un suintement et de petites plaies dans les formes les plus marquées.

L’apparence de l’intertrigo varie toutefois selon son origine. Une irritation provoquée par les frottements ne présente pas nécessairement le même aspect qu’une candidose, un psoriasis des plis ou une autre affection cutanée.

Quelles parties du corps sont les plus souvent touchées ?

L’intertrigo peut apparaître partout où deux surfaces cutanées se touchent régulièrement. Les aisselles, l’aine, le dessous des seins, les plis du ventre et l’espace entre les fesses font partie des localisations classiques.

Il peut aussi se développer entre les orteils ou les doigts et, chez les nourrissons, dans la zone recouverte par la couche. 

La transpiration excessive, les vêtements serrés et un environnement chaud et humide favorisent son apparition. Le risque augmente également lorsque les plis sont plus marqués, notamment en cas de surpoids. Le diabète et certaines situations diminuant les défenses immunitaires peuvent favoriser les formes infectieuses ou récidivantes. 

Pourquoi les plis deviennent-ils rouges et douloureux ?

Imaginez deux surfaces de peau légèrement humides qui frottent l’une contre l’autre plusieurs centaines de fois au cours d’une journée. La transpiration s’évapore difficilement au fond du pli. L’humidité fait adhérer les surfaces entre elles et chaque mouvement augmente le frottement.

Progressivement, la barrière cutanée se fragilise. Une inflammation apparaît, entraînant rougeur, brûlure et irritation. La chaleur accentue le phénomène, raison pour laquelle les poussées sont plus fréquentes pendant les périodes chaudes ou après une transpiration importante. 

Cette peau fragilisée offre également un environnement idéal à certains germes naturellement présents à sa surface.

Quelle différence entre un intertrigo et une mycose ?

L’intertrigo désigne avant tout une inflammation située dans un pli cutané. Une mycose peut s’y ajouter secondairement, mais ces deux termes ne sont pas synonymes.

La levure Candida, notamment Candida albicans, est fréquemment responsable d’une surinfection. La peau devient alors souvent rouge vif, humide et irritée. De petites papules ou pustules peuvent également apparaître autour de la plaque principale, formant des lésions dites « satellites ».

D’autres champignons peuvent atteindre les plis, mais un eczéma, une dermatite de contact, un psoriasis ou certaines infections bactériennes peuvent provoquer des symptômes similaires. L’application systématique d’une crème antifongique sur chaque rougeur n’est donc pas toujours adaptée.

Comment savoir si l’intertrigo est infecté ?

Une modification de l’aspect habituel doit attirer l’attention. Une douleur qui augmente, un suintement, du pus, des boutons sensibles ou une mauvaise odeur inhabituelle peuvent accompagner une infection secondaire. 

Une infection bactérienne peut également entraîner une inflammation plus importante autour de la lésion.

Lorsque le diagnostic est incertain, le médecin ou le dermatologue peut prélever un peu de peau ou réaliser un écouvillonnage afin d’identifier un champignon ou une bactérie. 

Comment traiter un intertrigo ?

Le premier traitement consiste à casser le cercle humidité-frottement-irritation. Après la douche, le pli doit être soigneusement séché en tamponnant plutôt qu’en frottant. Un sèche-cheveux réglé sur air froid peut être utile dans les zones difficiles à sécher. Des vêtements amples et respirants permettent également de limiter la transpiration et les frottements. 

Une crème barrière peut parfois protéger la peau et limiter le contact entre les deux surfaces.

Lorsque Candida est responsable, le traitement repose généralement sur une crème antifongique, par exemple à base de clotrimazole selon l’avis du professionnel de santé. Les formes bactériennes nécessitent au contraire un traitement adapté à la bactérie, parfois avec des antibiotiques. 

Les corticoïdes ne doivent pas être utilisés au hasard dans les plis. Lorsqu’ils sont nécessaires pour une affection inflammatoire, des produits peu puissants sont généralement privilégiés car la peau de ces zones est particulièrement sensible aux effets indésirables. 

Comment éviter que les rougeurs reviennent ?

Prévenir les récidives consiste principalement à maintenir les plis propres, secs et aussi peu soumis aux frottements que possible. Se changer après une activité provoquant une forte transpiration, privilégier des vêtements respirants et sécher soigneusement les zones concernées peuvent faire une réelle différence. 

Lorsqu’un intertrigo revient régulièrement au même endroit, mieux vaut rechercher ce qui entretient l’humidité ou l’irritation plutôt que multiplier les crèmes.

Quand faut-il consulter ?

Un avis médical est recommandé lorsque la rougeur persiste malgré les soins locaux, réapparaît régulièrement ou devient particulièrement douloureuse. La présence de pus, d’une odeur inhabituelle, d’un suintement important ou l’extension rapide de l’inflammation peut évoquer une infection nécessitant un traitement adapté.

Une plaque rouge, humide et irritée, localisée au fond d’un pli et aggravée par la chaleur, la transpiration ou les frottements, doit donc faire penser à un intertrigo. Il reste toutefois essentiel d’identifier s’il s’agit d’une simple irritation ou d’une mycose associée afin de choisir le traitement approprié.

À SAVOIR

Dans la Rome antique, les irritations causées par le frottement de deux surfaces cutanées étaient déjà désignées par le terme latin “intertrigo”, dérivé de l’idée de friction․ Ces lésions touchaient notamment les soldats confrontés à de longues marches, à la chaleur et à la transpiration․

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Pier Paolo Walack
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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