Comme l’épaule, la hanche peut également être touchée par une bursite. La douleur apparaît alors sur le côté de la hanche, gêne la marche, s’intensifie dans les escaliers et peut descendre légèrement vers la cuisse. Mais c’est parfois au moment de se coucher que le problème devient évident : impossible de dormir sur le côté douloureux sans ressentir une pression désagréable, voire une brûlure. Aïe…
Ces symptômes sont caractéristiques de ce que l’on appelle couramment une bursite trochantérienne. Aujourd’hui, les médecins parlent plus largement de syndrome douloureux du grand trochanter, car l’inflammation d’une petite poche appelée bourse n’est pas toujours seule responsable. Les tendons des muscles fessiers, notamment le moyen fessier, sont très souvent impliqués.
Où se situe la douleur d’une bursite trochantérienne ?
Concrètement, la douleur apparaît principalement sur la face externe de la hanche, au niveau d’une partie saillante du fémur appelée grand trochanter. Il suffit parfois d’appuyer avec les doigts sur cette zone pour reproduire instantanément la douleur. Cette sensibilité à la palpation constitue l’un des signes les plus caractéristiques.
La gêne peut rester concentrée sur la hanche ou descendre sur le côté de la cuisse. Elle ne suit toutefois pas habituellement le trajet d’un nerf jusqu’au pied, comme peut le faire une sciatique.
La marche prolongée, la course à pied, la montée des escaliers ou le fait de se tenir longtemps sur une seule jambe peuvent accentuer les symptômes. Une boiterie peut même apparaître lorsque la douleur devient importante.
Pourquoi la hanche fait-elle davantage mal la nuit ?
C’est l’un des symptômes les plus évocateurs. Une personne peut supporter sa douleur pendant la journée, puis être réveillée dès qu’elle se tourne sur le côté atteint.
En position couchée, le poids du corps comprime directement les tendons fessiers et les bourses situées autour du grand trochanter. Cette pression supplémentaire explique pourquoi dormir sur la hanche douloureuse peut devenir difficile.
Même dormir sur l’autre côté peut parfois provoquer une gêne lorsque la jambe supérieure tombe vers l’intérieur. Placer un oreiller entre les genoux permet de maintenir les hanches dans une position plus neutre et de diminuer cette compression.
Qu’est-ce qui provoque une bursite trochantérienne ?
Le terme « bursite » peut laisser penser que seule une inflammation de la bourse est responsable. En réalité, les examens d’imagerie montrent fréquemment une tendinopathie des muscles moyen et petit fessiers, parfois associée à une bursite. Les spécialistes regroupent donc aujourd’hui ces atteintes sous le terme de syndrome douloureux du grand trochanter.
Les mouvements répétés, une augmentation trop rapide de l’activité physique ou la course peuvent surcharger les tendons. Certaines particularités de la biomécanique de la hanche, une faiblesse des muscles fessiers ou des contraintes répétées exercées par la bandelette du fascia lata peuvent également favoriser l’apparition des douleurs.
Un traumatisme direct, par exemple une chute sur le côté de la hanche, peut aussi déclencher les symptômes. Une arthrose de la hanche ou des douleurs lombaires peuvent par ailleurs coexister avec ce syndrome et compliquer le diagnostic.
Quelle différence avec une arthrose de la hanche ?
La localisation de la douleur fournit un premier indice. Dans la bursite trochantérienne, elle est principalement ressentie sur le côté de la hanche, directement autour du grand trochanter.
L’arthrose de la hanche, ou coxarthrose, provoque plus volontiers une douleur profonde située dans l’aine ou à l’avant de la cuisse. Elle s’accompagne souvent d’une raideur de l’articulation et d’une diminution progressive de certains mouvements.
Attention toutefois, la distinction n’est pas toujours aussi nette. Les deux problèmes peuvent coexister. Lorsque l’examen clinique ne suffit pas, une radiographie peut notamment rechercher une arthrose ou une atteinte osseuse. Une échographie ou une IRM peuvent être proposées dans certaines situations pour étudier les tendons et les bourses autour de la hanche.
Comment soulager une bursite trochantérienne ?
Le premier objectif consiste à diminuer les contraintes qui entretiennent la douleur sans pour autant immobiliser complètement la hanche.
Pendant une poussée, il peut être utile de réduire temporairement les activités qui aggravent les symptômes, d’éviter de dormir directement sur la hanche douloureuse et d’appliquer du froid sur la zone sensible. Des antalgiques ou des anti-inflammatoires peuvent également être utilisés lorsqu’ils sont adaptés à la situation médicale de la personne.
La kinésithérapie joue surtout un rôle important à plus long terme. La rééducation vise notamment à renforcer progressivement les muscles fessiers. Elle va aussi améliorer le contrôle de la hanche afin de diminuer les forces de compression exercées sur les tendons. L’activité physique est ensuite reprise progressivement.
Attention aux étirements pratiqués au hasard. Certains mouvements plaçant fortement la hanche vers l’intérieur peuvent au contraire comprimer davantage les tendons contre le grand trochanter.
Les infiltrations sont-elles nécessaires ?
Pas systématiquement. Lorsque la douleur persiste malgré l’adaptation des activités et la rééducation, une infiltration de corticoïdes peut parfois être proposée. Elle peut apporter un soulagement à court terme. Mais elle ne remplace pas le travail de renforcement et de gestion des contraintes sur la hanche.
La chirurgie reste exceptionnelle. Elle est principalement réservée aux formes persistantes qui résistent aux traitements conservateurs ou à certaines lésions importantes des tendons fessiers.
Quand faut-il consulter pour une douleur à la hanche ?
Une consultation est recommandée lorsque la douleur empêche de dormir, limite les activités habituelles, s’aggrave ou persiste malgré quelques semaines de mesures simples.
En revanche, une douleur brutale accompagnée d’une hanche chaude et gonflée, de fièvre ou d’un mauvais état général nécessite un avis médical rapide car elle peut évoquer une autre pathologie, notamment une infection. Après une chute, une douleur intense associée à l’impossibilité de marcher ou de prendre appui sur la jambe doit également faire rechercher une fracture.
Ainsi, une douleur très localisée sur le côté de la hanche, sensible à la pression, aggravée par la marche, les escaliers et surtout la position couchée sur le côté constitue le tableau typique d’une bursite trochantérienne ou, plus précisément, d’un syndrome douloureux du grand trochanter.
À SAVOIR
Au XIXe siècle, les conventions sociales imposaient aux femmes de la bourgeoisie et de l’aristocratie européennes de monter à cheval en amazone, les deux jambes placées du même côté. Cette position asymétrique pouvait provoquer des tensions et des douleurs à la hanche qui provoquerait l’apparition d’une bursites trochantériennes. À la fin du siècle, l’évolution des pratiques sportives et l’apparition de vêtements plus adaptés, comme la jupe-culotte, ont progressivement permis aux femmes de monter à califourchon.



