Perte d’audition ou agnosie auditive : c’est quoi la différence ?

Personne portant la main à son oreille pour mieux entendre.
Une perte auditive empêche la bоnne perceptiоn des sоns, tandis que l'agnоsie auditive désigne une difficulté du cerveau à identifier des sоns qui sоnt pоurtant entendus nоrmalement․ ©africa-images / Canva
Ne plus comprendre les sons qui nous entourent ne signifie pas toujours que l'on souffre d'une perte d'audition. Si certaines difficultés sont liées à une atteinte de l'oreille ou du nerf auditif, d'autres peuvent révéler un trouble neurologique dans lequel le cerveau ne parvient plus à reconnaître des sons pourtant parfaitement perçus. Cette distinction est essentielle, car les causes, les examens et les traitements sont très différents. Comment différencier une perte d'audition d'une agnosie auditive ? Quels sont les signes qui doivent alerter ? Et dans quels cas faut-il consulter rapidement ? Explications.
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Vlan !… Une porte qui claque dans la pièce voisine. La personne tourne immédiatement la tête : elle a bien perçu le bruit. Pourtant, elle est incapable de dire s’il s’agit d’une porte, d’un livre tombé au sol ou d’un objet cassé. Quelques minutes plus tard, son téléphone sonne. Elle entend parfaitement la sonnerie, mais ne comprend pas qu’elle provient de son appareil.

Cette situation ne correspond pas à une perte d’audition classique. Elle peut évoquer une agnosie auditive, un trouble neurologique rare dans lequel les sons sont correctement perçus, mais ne sont plus reconnus par le cerveau.

La différence essentielle peut se résumer ainsi : lors d’une perte d’audition, le message sonore parvient difficilement jusqu’au cerveau. Dans l’agnosie auditive, le son arrive correctement, mais le cerveau ne réussit plus à lui attribuer une signification.

Une différence entre perception et reconnaissance des sons

En fait, la perte d’audition et l’agnosie auditive peuvent toutes deux donner l’impression que la personne ne comprend plus ce qu’elle entend, mais leur origine diffère. Dans la perte d’audition, l’oreille ou le nerf auditif transmet mal le message sonore : les sons paraissent faibles, étouffés ou lointains. Dans l’agnosie auditive, les sons sont correctement perçus, mais le cerveau ne parvient plus à les reconnaître ou à les interpréter.

Parler plus fort peut aider une personne malentendante, mais reste généralement inutile en cas d’agnosie. En revanche, voir l’origine du bruit peut faciliter sa reconnaissance : un aboiement peut, par exemple, devenir compréhensible lorsque la personne voit le chien.

Une perte d’audition liée à une défaillance du système auditif

Concrètement, la perte d’audition, ou hypoacousie, correspond à une diminution partielle ou totale de la perception des sons. La personne peut avoir l’impression que son entourage parle trop bas, augmenter le volume de la télévision, demander souvent de répéter ou éprouver des difficultés à suivre une conversation dans le bruit. Les sons aigus et certaines consonnes, comme « s », « f » ou « ch », deviennent parfois moins distincts.

La surdité de transmission survient lorsque le son est bloqué dans l’oreille externe ou moyenne, par exemple à cause d’un bouchon de cérumen, d’une otite, d’une perforation du tympan ou d’une atteinte des osselets. La surdité de perception touche l’oreille interne, notamment la cochlée, ou le nerf auditif. Elle peut être liée au vieillissement, au bruit, à certains médicaments ou à des facteurs génétiques.

La prise en charge dépend de la cause. Elle peut reposer sur un traitement médical, une intervention chirurgicale, des appareils auditifs ou, dans certaines surdités sévères, un implant cochléaire.

La perte d’audition, également appelée hypoacousie, correspond à une diminution partielle ou totale de la capacité à percevoir les sons.

La personne a souvent l’impression que son entourage parle trop bas ou articule mal. Elle augmente le volume de la télévision, demande régulièrement de répéter et éprouve davantage de difficultés à suivre une conversation dans un environnement bruyant.

Les sons aigus et certaines consonnes, comme « s », « f » ou « ch », peuvent devenir plus difficiles à distinguer.

Une agnosie auditive provoquée par un trouble du décodage cérébral

Pour sa part, l’agnosie désigne l’incapacité à reconnaître une information pourtant correctement perçue par les sens. Dans l’agnosie auditive, l’oreille capte normalement les sons, mais le cerveau ne parvient plus à les identifier ou à leur donner un sens.

La forme non verbale empêche de reconnaître certains bruits du quotidien, comme une sirène, une sonnette ou du verre brisé, alors que la parole reste comprise. Dans la surdité verbale pure, les mots prononcés deviennent incompréhensibles, comme s’ils étaient exprimés dans une langue étrangère, tandis que la lecture et l’écriture peuvent rester préservées. Une forme généralisée peut également perturber la reconnaissance des mots, des voix et des sons environnants.

Chez l’adulte, l’agnosie auditive apparaît généralement après une lésion cérébrale provoquée par un accident vasculaire cérébral, un traumatisme crânien ou une tumeur. Certaines maladies neurodégénératives, comme la maladie d’Alzheimer, les démences frontotemporales ou la maladie à corps de Lewy, peuvent aussi altérer progressivement la reconnaissance des sons. Chez l’enfant, une perte soudaine de la compréhension du langage peut plus rarement évoquer un syndrome de Landau-Kleffner.véler un syndrome de Landau-Kleffner, une forme rare d’épilepsie infantile.

Une prise en charge centrée sur la cause neurologique

Soyons clairs, le traitement de l’agnosie auditive dépend de sa cause. La priorité consiste à prendre en charge la maladie ou la lésion responsable, comme un AVC, une tumeur ou une épilepsie.

La rééducation orthophonique et neuropsychologique aide ensuite à reconstruire les liens entre les sons, les mots et leur signification, tout en travaillant l’attention et la mémoire. La lecture labiale, les gestes, les pictogrammes et les supports écrits peuvent également faciliter la communication.

Un appareil auditif classique reste toutefois inefficace : amplifier le son ne permet pas au cerveau de mieux le reconnaître.

Des examens différents selon l’origine suspectée

Un test réalisé à domicile ne permet pas de distinguer avec certitude une perte d’audition d’une agnosie auditive. Le diagnostic commence généralement par un bilan ORL comprenant l’examen du conduit auditif, du tympan et un audiogramme afin d’évaluer l’audition.

Lorsque l’oreille fonctionne normalement mais que les sons restent incompréhensibles, un bilan neurologique peut être nécessaire. Une IRM ou un scanner peut rechercher une lésion cérébrale, tandis que des tests orthophoniques et neuropsychologiques évaluent la reconnaissance des mots, des voix, de la musique et des bruits du quotidien.

Deux situations qui nécessitent une prise en charge urgente

Attention, certaines manifestations nécessitent une consultation urgente. Une baisse brutale de l’audition, avec une sensation d’oreille bouchée, des acouphènes ou des vertiges, constitue une urgence ORL : une prise en charge rapide peut améliorer les chances de récupération.

Une perte soudaine de la compréhension des mots ou des sons peut également révéler un accident vasculaire cérébral, surtout si elle s’accompagne d’un visage asymétrique, d’une faiblesse d’un côté du corps, de troubles de l’équilibre ou de difficultés à parler. Dans ce cas, il faut appeler immédiatement le 15 ou le 112.

À SAVOIR

En 1985, le neurologue britannique Oliver Sacks aurait publié L’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau, un ouvrage inspiré de cas cliniques réels qui aurait durablement marqué la neurologie. Il y aurait notamment raconté l’histoire du « Dr P. », un musicien atteint d’agnosie visuelle, incapable de reconnaître les visages et certains objets malgré une vision préservée. Pour compenser ce trouble, celui-ci aurait appris à identifier les personnes grâce à leur voix, leurs gestes ou leur posture, tandis que son environnement aurait été organisé avec rigueur afin de préserver son autonomie. Ce témoignage illustrerait la capacité du cerveau à développer des stratégies de compensation face à certaines lésions neurologiques et resterait l’un des exemples les plus connus d’agnosie visuelle.

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Pier Paolo Walack
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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