Une douleur apparaît soudainement sous la mâchoire pendant le repas. En quelques minutes, la zone gonfle et devient tendue, comme si une petite boule se formait sous la peau. Puis, lorsque le repas est terminé, le gonflement diminue progressivement. Le lendemain, le même phénomène recommence dès les premières bouchées. Bizarre…
Ce scénario est caractéristique d’une sialolithiase, autrement dit la présence d’un calcul dans une glande salivaire ou dans son canal. Cette petite masse minérale bloque partiellement ou complètement l’écoulement de la salive vers la bouche.
La glande continue pourtant à en produire, particulièrement pendant les repas : la pression augmente alors derrière l’obstacle, provoquant douleur et gonflement.
Quels sont les symptômes typiques d’un calcul salivaire ?
Le signe le plus évocateur est une douleur accompagnée d’un gonflement pendant les repas. Elle apparaît lorsque la mastication, l’odeur ou le goût des aliments stimulent la sécrétion de salive. Comme le canal excréteur est obstrué, celle-ci s’accumule dans la glande au lieu d’arriver normalement dans la cavité buccale.
La douleur peut être légère au début, puis devenir suffisamment forte pour gêner la mastication ou la déglutition. Le gonflement s’atténue parfois quelques minutes ou quelques heures après le repas avant de réapparaître lors de la prise alimentaire suivante.
Lorsque la glande sous-mandibulaire est concernée, la gêne se situe surtout sous la mâchoire ou sous la langue. Si le calcul touche la parotide, le gonflement apparaît davantage au niveau de la joue, devant ou sous l’oreille.
Certains calculs très petits restent cependant silencieux et sont découverts sans avoir provoqué de véritable douleur.
Pourquoi les symptômes s’aggravent-ils pendant le repas ?
La salive participe à l’humidification de la bouche, à la mastication, à la déglutition et au début de la digestion. Sa production augmente naturellement lorsqu’on mange.
Un calcul agit un peu comme un bouchon dans un tuyau. Plus la glande produit de salive, plus la pression augmente derrière l’obstruction. Voilà pourquoi la douleur peut commencer dès les premières bouchées, voire lorsque la personne pense à un aliment qui stimule fortement la salivation.
Lorsque le canal n’est que partiellement bloqué, un peu de salive continue de passer et les symptômes peuvent rester intermittents. Une obstruction complète provoque généralement une tuméfaction plus nette et douloureuse.
Comment se forme une sialolithiase ?
Les calculs salivaires sont constitués notamment de dépôts minéraux qui s’accumulent progressivement dans un canal salivaire. Leur cause exacte n’est pas toujours identifiable.
Une diminution du flux de salive peut favoriser leur apparition. La déshydratation, certains médicaments responsables d’une sécheresse buccale ou certaines maladies diminuant la production salivaire peuvent contribuer à créer un environnement propice à l’obstruction.
Le syndrome de Sjögren, maladie auto-immune provoquant notamment une sécheresse de la bouche et des yeux, peut ainsi favoriser les calculs des glandes salivaires. Le stress, en revanche, n’est pas considéré comme une cause directe démontrée de sialolithiase.
Comment reconnaître une infection de la glande salivaire ?
Lorsque la salive reste bloquée derrière le calcul, des bactéries peuvent se multiplier et provoquer une sialadénite, c’est-à-dire une infection de la glande salivaire.
La douleur devient alors souvent plus persistante et le gonflement ne se limite plus nécessairement aux repas. La région peut devenir rouge, chaude et très sensible. Une fièvre peut apparaître.
Du pus peut également s’écouler dans la bouche par l’orifice du canal salivaire, parfois accompagné d’un goût désagréable. Une telle situation nécessite une consultation médicale, car une infection non traitée peut évoluer vers un abcès.
Les antibiotiques ne sont donc pas systématiquement nécessaires pour un simple calcul. Ils sont prescrits lorsqu’une infection bactérienne est présente ou fortement suspectée.
Comment diagnostique-t-on un calcul salivaire ?
Le médecin ou le spécialiste ORL examine la bouche et palpe la glande ainsi que le trajet de son canal. Certains calculs situés sous la langue peuvent être directement visibles ou ressentis sous le doigt.
Lorsque le calcul est plus profond, une échographie peut permettre de le localiser. Un scanner est parfois utilisé lorsque l’examen clinique ne suffit pas ou pour préciser l’emplacement de l’obstruction.
L’imagerie permet également d’écarter d’autres causes de gonflement d’une glande salivaire.
Un calcul salivaire peut-il être confondu avec une tumeur ?
Un gonflement qui apparaît surtout pendant les repas puis diminue évoque fortement une obstruction salivaire. Une masse persistante, notamment lorsqu’elle est indolore et ne varie pas avec les repas, nécessite en revanche un examen médical pour rechercher une autre cause.
Une faiblesse ou une paralysie d’un côté du visage, un nodule qui grossit ou des ganglions persistants doivent également conduire à consulter.
Ces symptômes ne sont pas caractéristiques d’un simple calcul salivaire et nécessitent un examen médical afin d’en rechercher la cause et d’écarter notamment la présence d’une tumeur des glandes salivaires.
La sialolithiase reste le plus souvent une affection bénigne. Le signe à retenir est surtout cette douleur sous la langue, sous la mâchoire ou près de l’oreille qui apparaît ou augmente au moment de manger, accompagnée d’un gonflement de la glande salivaire.
Lorsque la fièvre, une rougeur ou du pus s’y ajoutent, il faut consulter plus rapidement afin de traiter une éventuelle infection.
Comment faire partir un calcul salivaire ?
Lorsqu’il est petit et proche de la sortie du canal, le calcul peut parfois être évacué spontanément. Boire suffisamment, masser doucement la glande vers l’orifice du canal et stimuler la production de salive avec un chewing-gum ou une pastille sans sucre peuvent favoriser son déplacement.
Attention toutefois : il ne faut jamais tenter d’extraire soi-même le calcul avec une aiguille, une pince ou un autre objet pointu. Cela pourrait blesser la muqueuse, provoquer un saignement et favoriser une infection.
Si les symptômes persistent, un ORL ou un chirurgien maxillo-facial peut retirer le calcul. Les techniques dépendent de sa taille et de sa localisation.
Une opération est-elle toujours nécessaire ?
Aujourd’hui, il est souvent possible de préserver la glande salivaire. La sialendoscopie consiste à introduire un endoscope extrêmement fin par l’orifice naturel du canal salivaire. Le spécialiste peut alors visualiser l’obstruction et retirer certains petits calculs à l’aide de minuscules instruments, sans incision importante.
Selon la position du calcul, une petite incision dans la bouche peut être nécessaire. Une chirurgie plus importante avec ablation de la glande est réservée à certaines situations, notamment lorsque le calcul est inaccessible, volumineux ou associé à des problèmes répétés.
À SAVOIR
Aux XVIe et XVIIe siècles, les calculs salivaires étaient déjà identifiés et parfois extraits lorsqu’ils se situaient sous la langue, rendant leur accès possible․ Ces petites concrétions minérales suscitaient diverses croyances et interprétations fantaisistes concernant les affections buccales․ Certaines d’entre elles furent également intégrées aux cabinets de curiosités, où l’on conservait et exposait alors différentes anomalies ainsi que des productions du corps humain․




