Douleur thoracique, essoufflement… comment reconnaître un pneumothorax ?

le 19 juillet 2026 à 10h31
Un homme qui se plaint d'une douleur intense au thorax, symptôme éventuelle d'un pneumothorax.
Le pneumothorax provoque une douleur thoracique intense, qui survient généralement sans traumatisme préalable. © Magnific
Une douleur brutale dans la poitrine, un essoufflement qui survient sans prévenir… Ces symptômes peuvent être le signe d'un pneumothorax, une affection qui se produit lorsque de l'air s'accumule entre le poumon et la paroi thoracique. Le plus souvent sans gravité lorsqu'il est pris en charge rapidement, il peut toutefois devenir une véritable urgence médicale. Quels sont les signes qui doivent alerter et quand faut-il consulter ? Le point. 
Sommaire

Une vive douleur dans la poitrine qui apparaît sans prévenir, suivie d’une sensation de manque d’air. Pour beaucoup, ces symptômes évoquent spontanément un problème cardiaque. Pourtant, ils peuvent aussi révéler un pneumothorax, une affection pulmonaire qui touche chaque année plusieurs milliers de personnes en France. Si certains cas restent limités et guérissent spontanément, d’autres nécessitent une prise en charge médicale urgente, voire une hospitalisation. 

Qu’est-ce qu’un pneumothorax ?

Le pneumothorax correspond à la présence anormale d’air dans l’espace situé entre le poumon et la paroi interne du thorax, appelé cavité pleurale. Normalement, cet espace est quasiment vide et permet au poumon de rester « collé » contre la cage thoracique afin de se gonfler correctement à chaque inspiration.

Lorsque de l’air pénètre dans cette cavité, cet équilibre est rompu. Le poumon perd progressivement son adhérence à la paroi thoracique et se rétracte partiellement ou totalement sous l’effet de son élasticité naturelle et ne peut donc plus assurer pleinement son rôle dans la respiration. Selon l’Assurance Maladie, l’importance du pneumothorax dépend de la quantité d’air présente dans la cavité pleurale. Plus cette quantité est importante, plus le poumon se rétracte et plus les difficultés respiratoires risquent d’être marquées.

Comment savoir s’il s’agit vraiment d’un pneumothorax ?

Quels sont les symptômes qui doivent alerter ?

Le pneumothorax survient généralement de manière brutale. Les symptômes apparaissent en quelques secondes ou quelques minutes. Le signe le plus fréquent est une douleur thoracique soudaine, souvent localisée d’un seul côté du thorax. Cette douleur est décrite comme vive, en coup de poignard. Elle peut augmenter lorsque la personne inspire profondément ou tousse. À cette douleur s’ajoute souvent un essoufflement, dont l’intensité varie selon l’importance du décollement du poumon. Certaines personnes ressentent simplement une gêne respiratoire, tandis que d’autres éprouvent une véritable difficulté à respirer. Selon l’Assurance Maladie, d’autres symptômes peuvent également apparaître :

  • une respiration plus rapide que d’habitude, avec la sensation de devoir reprendre son souffle fréquemment ;
  • une sensation d’oppression ou d’étau dans la poitrine ;
  • une toux sèche, sans crachats ;
  • une fatigue inhabituelle, liée à la diminution de l’oxygénation ;
  • des palpitations ou une accélération du rythme cardiaque, le cœur battant plus vite pour compenser les difficultés respiratoires.

Dans les formes les plus sévères, la personne peut avoir beaucoup de mal à respirer, présenter une coloration bleutée des lèvres ou des doigts (cyanose) ou se sentir très faible. Ces symptômes constituent une urgence médicale et nécessitent d’appeler immédiatement les secours. 

Quand faut-il appeler les secours ?

Toutes les douleurs thoraciques ne correspondent pas à un pneumothorax. En revanche, une douleur intense et brutale associée à un essoufflement doit toujours conduire à consulter rapidement. L’Assurance Maladie recommande d’appeler immédiatement les services d’urgence (15 ou 112) en cas de :

  • difficultés respiratoires importantes ;
  • douleur thoracique intense ;
  • aggravation rapide des symptômes ;
  • malaise ou perte de connaissance.

En effet, derrière ces symptômes peuvent également se cacher d’autres urgences vitales, comme un infarctus du myocarde ou une embolie pulmonaire. Il est donc indispensable de ne pas tenter d’établir soi-même un diagnostic.

Quelles sont les causes d’un pneumothorax ? 

Le pneumothorax peut avoir plusieurs origines

Le pneumothorax spontané primaire survient chez une personne qui ne présente aucune maladie pulmonaire connue. Il touche surtout les adolescents et les jeunes adultes, en particulier les hommes grands, minces et fumeurs. Dans la majorité des cas, il est provoqué par la rupture de petites poches d’air, appelées blebs ou bulles sous-pleurales, qui se forment à la surface du poumon. Lorsque l’une de ces bulles éclate, de l’air s’échappe dans la cavité pleurale et le poumon commence à se rétracter. Cet épisode survient souvent sans raison apparente, parfois au repos, mais peut être favorisé par un effort physique, une quinte de toux ou un changement de pression atmosphérique.

Le pneumothorax spontané secondaire apparaît chez des personnes atteintes d’une maladie pulmonaire préexistante. Il peut notamment compliquer une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), un emphysème, une mucoviscidose, un asthme sévère, une fibrose pulmonaire ou certaines infections pulmonaires. Les poumons étant déjà fragilisés, une simple fuite d’air peut suffire à provoquer un essoufflement important. Cette forme est généralement plus grave que le pneumothorax spontané primaire et nécessite plus souvent une hospitalisation.

Enfin, le pneumothorax traumatique est provoqué par une blessure du thorax. Il peut survenir après un accident de la route, une chute, un coup violent sur la poitrine, une fracture de côte perforant le poumon ou une plaie par arme blanche ou arme à feu. Plus rarement, il peut être iatrogène, c’est-à-dire consécutif à un geste médical, par exemple la pose d’un cathéter veineux central, une biopsie pulmonaire, une ponction de la plèvre ou, plus exceptionnellement, une ventilation mécanique.

Le tabac augmente nettement le risque

Le tabagisme est l’un des principaux facteurs de risque du pneumothorax spontané. Selon la Fondation du Souffle, la fumée de cigarette fragilise progressivement les poumons et favorise la formation de petites bulles d’air à leur surface. Si l’une d’elles se rompt, de l’air peut s’échapper dans la cavité pleurale et provoquer un pneumothorax.

Le risque augmente avec la consommation de tabac et reste nettement plus élevé chez les fumeurs que chez les non-fumeurs. À l’inverse, arrêter de fumer ne réduit pas seulement le risque de développer de nombreuses maladies respiratoires, cardiovasculaires ou certains cancers, mais contribue aussi à diminuer le risque de faire un nouveau pneumothorax après un premier épisode.

Pneumothorax : comment le diagnostic est-il confirmé ?

Devant une suspicion de pneumothorax, le médecin commence par interroger le patient sur ses symptômes, puis procède à un examen clinique. Il écoute notamment les deux poumons au stéthoscope : du côté atteint, les bruits respiratoires peuvent être diminués, voire absents.

Pour confirmer le diagnostic, une radiographie du thorax est généralement réalisée. Elle permet de visualiser l’air présent entre le poumon et la paroi thoracique, ainsi que d’évaluer l’importance du décollement du poumon. Dans certaines situations, notamment après un traumatisme ou lorsque le diagnostic reste incertain, un scanner thoracique peut être nécessaire. Plus précis, il permet de détecter de petits pneumothorax qui peuvent passer inaperçus sur une simple radiographie et d’en rechercher la cause. Ces examens sont indispensables pour confirmer le diagnostic, apprécier la gravité de la situation et choisir la prise en charge la plus adaptée.

Comment traiter un pneumothorax ? 

La prise en charge dépend de plusieurs facteurs : la taille du pneumothorax, l’intensité des symptômes, l’état de santé du patient et la présence ou non d’une maladie pulmonaire sous-jacente. L’objectif est toujours le même : permettre au poumon de se regonfler et éviter les complications. Selon les recommandations de l’Assurance Maladie, plusieurs situations sont possibles :

  • Le pneumothorax est de petite taille et peu symptomatique : une simple surveillance médicale peut suffire. L’air emprisonné entre le poumon et la paroi thoracique est progressivement réabsorbé par l’organisme, en quelques jours à quelques semaines. Des consultations de contrôle et des radiographies permettent de vérifier que le poumon reprend bien sa place.
  • Le pneumothorax est important ou provoque un essoufflement marqué : il est alors nécessaire d’évacuer rapidement l’air accumulé dans la cavité pleurale. Cette évacuation peut être réalisée à l’aide d’une aiguille ou, plus fréquemment, d’un drain thoracique, un petit tube introduit entre deux côtes et relié à un système d’aspiration. Celui-ci permet au poumon de se regonfler progressivement.
  • Le pneumothorax récidive ou persiste malgré le traitement : une intervention chirurgicale peut être proposée. Elle consiste généralement à retirer les petites bulles d’air responsables de la fuite et à réaliser un geste destiné à accoler durablement le poumon à la paroi thoracique afin de réduire le risque de récidive.

Après un pneumothorax, un suivi médical est indispensable. Le médecin peut recommander d’éviter temporairement certaines activités, comme les voyages en avion ou la plongée sous-marine, tant que le poumon n’est pas complètement cicatrisé.

Le pneumothorax sous tension : une urgence absolue

Dans de rares cas, le pneumothorax peut évoluer vers une forme particulièrement grave appelée pneumothorax compressif, ou pneumothorax sous tension. Il s’agit d’une véritable urgence médicale. Dans cette situation, l’air s’accumule progressivement dans la cavité pleurale sans pouvoir s’échapper. La pression augmente alors rapidement, comprimant le poumon atteint, mais aussi le cœur et les principaux vaisseaux sanguins. Cette compression empêche le cœur de fonctionner normalement et compromet la circulation du sang dans l’organisme.

Sans prise en charge immédiate, cette complication peut entraîner une chute importante de la tension artérielle, un état de choc, voire un arrêt cardiaque. Heureusement, cette forme reste exceptionnelle, mais elle nécessite un traitement en urgence afin de décomprimer rapidement le thorax.

Peut-on faire un nouveau pneumothorax ?

Oui. Après un premier épisode, le risque de récidive existe, en particulier chez les fumeurs. La Fondation du Souffle recommande notamment d’arrêter le tabac et de respecter les consignes données par le pneumologue avant de reprendre certaines activités, comme la plongée sous-marine ou les voyages en avion. Ces situations peuvent exposer les poumons à des variations de pression susceptibles de favoriser une récidive si le pneumothorax n’est pas complètement guéri.

Même après une guérison complète, toute réapparition d’une douleur thoracique brutale ou d’un essoufflement doit conduire à consulter rapidement afin d’écarter un nouvel épisode.

À SAVOIR 

Il existe une forme rare appelée pneumothorax cataménial, qui touche certaines femmes dans les 72 heures suivant le début des règles. Ce phénomène est généralement lié à une endométriose thoracique : du tissu semblable à celui de la muqueuse utérine se développe au niveau du diaphragme ou de la plèvre, favorisant le passage d’air dans la cavité pleurale. 

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partagez sur